Absent des circuits l’an passé suite à une blessure, Jean-Philippe Belloc est de nouveau d’attaque cette saison avec une nouvelle participation au Mans sur une Porsche 911 GT3-RSR engagée par le team IMSA Performance-Matmut. Le Montalbanais partageait son baquet avec Pascal Gibon et Christophe Bourret. Aux 24 Heures du Mans, le trio était associé sur la 911 GT3-RSR, mais sous la bannière Larbre Compétition. A cette occasion, Jean-Philippe Belloc faisait office de capitaine de route pour sa 8ème participation. C’est une belle seconde place de catégorie GTE-Am qui a récompensé l’équipage de la n°70.
L’objectif est donc atteint pour le chef de file et ses deux coéquipiers : « Avant même de parler de résultat, c’est déjà un immense privilège de participer à une telle épreuve. C’est un moment unique dans la vie d’un pilote, une aventure à la fois humaine, sportive et technique qui procure des émotions intenses. Participer au Mans, c’est déjà une victoire en soi. Alors, quand vous atteignez votre objectif et que vous montez sur le podium devant 250 000 spectateurs, ces émotions sont décuplées. C’est une sensation exceptionnelle, une vague de bonheur qui vous envahi et beaucoup de pression qui retombe soudainement. Car pour atteindre cette plénitude, il a fallu rester concentré, éviter tous les pièges et tenir autant physiquement que nerveusement durant 24 heures, qui nous ont paru durer une éternité. Ce podium, c’est une belle récompense ! Nous pouvons être fiers de ce résultat et de la manière avec laquelle nous l’avons obtenu. »
Jean-Philippe a eu comme mission de faire progresser ses deux coéquipiers, débutants au Mans : « Lors de mes trois dernières participations aux 24 Heures, mes coéquipiers étaient tous des « rookies ». Et on peut dire que cela m’a toujours bien réussi. En 2002, j’ai signé une 3ème place en GT1 avec Jonathan Cochet et Benoît Treluyer et en 2005, Nicolas Prost, Laurent Groppi et moi-même avons terminé 10ème du classement général et 5ème en GT1. Alors cette année, cette 2ème place ne fait que me conforter dans l’idée que partager le baquet avec des novices du Mans est tout sauf un handicap. Néanmoins, mon rôle était de leur faire partager mon expérience de cette course afin qu’ils puissent la gérer au mieux. Et je dois dire qu’ils ont été exemplaires, concentrés et motivés du début à la fin de la semaine. Et pourtant sur le plan sportif, la course s’est avérée très compliquée. Pour preuve, seules 28 voitures ont franchi la ligne d’arrivée. »
Pour se préparer au mieux, l’équipe est allée s’entraîner dans un stage en altitude : « Nous avons peaufiné notre préparation quelques jours seulement avant d’arriver dans la Sarthe en participant aux 6h d’Aragon VdeV ainsi qu’à un stage de « Team Building » en compagnie de tout le staff de Larbre Compétition. Au sortir de ces semaines de travail, nous avons abordé l’épreuve avec beaucoup d’humilité et une grande concentration, tout en étant conscient de notre potentiel. Notre travail, nos efforts et notre minutie ont payé.Notre première course tous les trois remonte à août 2010, à l’occasion des 24 heures de Spa. Et je dois dire que la mayonnaise a très rapidement pris. Dans une aventure comme celle du Mans, la dimension humaine est primordiale car c’est un véritable partage. C’est sur cette base essentielle et dans une confiance et un respect réciproque que nous avons commencé à travailler ensemble. Puis nous avons mis les bouchées doubles pour préparer la Journée Test en avril dernier. »
Le trio de la Porsche Larbre a su déjouer les embûches, ce qui n’était pas gagné d’avance : « Effectivement, cela n’a pas été un long fleuve tranquille. Nous connaissions notre point faible (ndr : l’embrayage et la boîte de vitesse) et nous avons beaucoup travaillé en amont pour tenter de compenser cette faiblesse. Mais cela n’a pas suffit. Et dès la mi-course, nous avons commencé à rencontrer des problèmes au niveau de l’embrayage. Nous avons donc roulé la moitié de la course avec une épée de Damoclès au dessus de la tête. Nous n’avons plus jamais été sereins à partir de ce moment là. Il fallait adapter notre pilotage, rester en alerte permanente. Nous avons également dû modifier notre stratégie pour faire face à cet imprévu. Et malgré cela, mes coéquipiers s’en sont sortis avec brio. Encore une fois, je leur tire mon chapeau car c’était une source de pression supplémentaire et ils l’ont géré comme des pros. »
Il a aussi fallu se jouer du trafic, si particulier au Mans : « Le règlement 2011 a réduit les écarts de performance entre les prototypes (ndr ; Peugeot, Audi etc…) et les GT (ndr : Porsche, Ferrari, Corvette…). En GT, nous atteignons les 290 km/h en pointe contre 330 km/h pour les meilleurs prototypes. Cela rend donc les dépassements plus difficiles entre ces deux catégories. Et quand on voit que l’Audi l’emporte avec seulement 13 secondes d’avance sur la Peugeot à l’issue d’un duel de 24 heures, on comprend bien que chaque dixième perdu sur un dépassement peut avoir des conséquences énormes sur le résultat final. C’est ce qui explique que cette année les prototypes aient pris tous les risques. Voilà pourquoi le trafic est un élément clé dans ce genre de course et pourquoi il ne faut jamais relâcher sa concentration, sa vigilance. Cette situation engendre beaucoup de stress. Car dans nos voitures, la visibilité est très réduite. Il faut sans cesse surveiller ses rétros tout en restant concentré sur sa propre course. »
Le bilan de cette 79ème édition des 24 Heures du Mans est donc positif pour le Montalbanais : « Tout le monde vous le dira, cette édition 2011 a été très difficile. Nous sommes passés au travers des embûches mais néanmoins nous ne devons notre résultat ni au hasard, ni aux malheurs des autres. Nous avons signé le 2ème meilleur temps lors de la Journée Test, nous avons réalisé le 4ème chrono en qualifications et nous n’avons jamais quitté le Top 5 en course. Jusqu’à l’arrivée, nous nous sommes battus pour la victoire. Nous terminons à seulement un tour du vainqueur en GTE-AM. On peut vraiment dire que notre objectif a été atteint. Ce podium est celui d’une équipe. Merci à Larbre Compétition et à tous nos partenaires de nous avoir permis d’accéder à ce grand bonheur. Pour ma part, après une 3ème place en 2002 et une 2ème place en 2011, il ne me reste plus qu’à gravir la plus haute marche ! »
Citations issues du communiqué du pilote
Laurent Mercier