Invité de dernière minute à prendre part aux 24 Heures du Mans, Pierre Thiriet a tout découvert : l’épreuve, le team et l’auto. Si lors de la Journée Test, le jeune Vosgien a pris ses marques au volant de la ORECA 03 alignée par TDS Racing, c’est au volant d’une Ferrari F458 Italia du Luxury Racing qu’on le retrouvait en juin. A cette occasion il partageait son baquet avec Anthony Beltoise et François Jakubowski. Pierre revient sur cette découverte : « Pendant cette semaine du Mans, il y a beaucoup de choses à faire, mais aussi pas mal de temps disponible, ce qui m’a permis de bien découvrir l’équipe et m’y intégrer. Ça m’a beaucoup changé de ce que je connaissais jusqu’à maintenant. La première personne que j’ai rencontrée en arrivant au Mans est Christopher Campbell, le team manager. J’ai pu faire connaissance avec tous les mécaniciens et Nicolas, l’ingénieur de notre Ferrari n°58. Luxury Racing est une équipe très performante, et l’originalité de cette édition était les américains délégués par Risi Competizione, attachés plus spécialement à la n°59. » Les essais pour le jeune pilote ont quelque peu été écourtés le mercredi : « Les qualifications se sont bien passés, hormis une petite sortie de piste d’Anthony, peut-être causée par une trace d’huile, et qui a vu notre séance écourtée. Pour ma part, j’avais pu boucler tous les tours réglementaires. »
Le début de course de la n°58 a été chaotique, Anthony Beltoise étant impliqué bien malgré lui dans l’accident de l’Audi de McNish. « J’étais sur le point d’aller me reposer quand j’ai appris l’accident par le speaker officiel » témoigne Pierre. « Je me suis précipité devant une télé, et dans un premier temps, ça m’a quand même assez choqué. J’ai vite été rassuré en voyant que les deux pilotes allaient bien. La deuxième bonne nouvelle : notre 458 n’avait pas l’air trop touché et j’ai pensé que nous allions pouvoir repartir. Ensuite j’ai appris qu’elle était réparable. Ça m’a vraiment soulagé, pour toute l’équipe. Les mécanos ont fait un super boulot. Après un tel crash, c’était déjà exceptionnel de pouvoir repartir et dans notre malheur, on avait un peu de chance. Je pense qu’Anthony n’y est pour rien. Par la suite, des soucis techniques se sont enchaînés, et je ne suis pas capable de dire s’ils étaient des conséquences ou non de l’accident. Nous avons connu des problèmes avec les crabots de la boîte de vitesses, dont les rétrogradages étaient perturbés, puis des ennuis d’embrayage. Cela nous a fait perdre pas mal de temps, et le seul objectif que l’on s’est fixé était de tenter de finir la course. On a quand même tenu jusqu’à 6 heures du matin (la n°58 a abandonné suite à une sortie de piste de François Jakubowski), ce qui est plus que positif par rapport à ce que l’on a vécu avant. »
C’est au début de la nuit que Pierre a pris le volant pour la première fois : « Je l’ai entamé à la minute où Rockenfeller a eu son accident. Je suis entré en piste et on m’a dit à la radio que la course était neutralisée. Au début, j’ai croisé les doigts pour que Rockenfeller n’ait rien, car en passant la première fois à côté de l’épave, ce n’était pas rassurant. J’ai vu la cellule de survie d’une voiture, mais j’étais incapable de savoir de celle dont il s’agissait. J’ai mis trois tours à me rendre compte que c’était une Audi. J’ai passé plus de deux heures sous safety car, ce qui est un peu pénible. Mais j’avais en tête de me comporter comme si on voulait gagner la course. Je me suis efforcé d’économiser de l’essence et j’en ai profité pour me relaxer, tout en restant très concentré. Au total, j’ai fait trois ravitaillements en essence, dont un sous safety car, et passé au total environ trois heures au volant. Puis, au petit matin, j’étais casqué et prêt à prendre le relais vers 6h lorsque j’ai appris notre abandon (l’équipage occupait à ce moment-là la 38e position). Pour ma première participation, si cela n’a pas trop bien marché sur le plan sportif, j’ai pris énormément de plaisir et j’ai appris beaucoup de choses de cette épreuve mythique. »
Pierre va maintenant retrouver le volant de la ORECA 03 du TDS Racing en Le Mans Series, avec l’objectif de poursuivre sur la belle victoire décrochée à Spa.
Citations issues du communiqué du pilote
Laurent Mercier