Premier lauréat de la GT Academy, Lucas Ordonez connaît une ascension fulgurante en sport automobile. En moins de deux ans, l’Espagnol est passé de son canapé en jouant à la Playstation à un engagement aux 24 Heures du Mans au volant d’un prototype LM P2. C’est tout bonnement exceptionnel ! Sa victoire en GT Academy lui a ouvert les portes du sport automobile, avec des débuts en compétition en Coupe d’Europe GT4 sur une Nissan 350Z. On l’a vu l’an passé sur une manche Le Mans Series sur un prototype. Philippe Sinault, Nissan et Playstation ont fait le pari de lui donner sa chance en Endurance, avec l’Intercontinental Le Mans Cup sur la ORECA 03 alignée par Signatech-Nissan.Quand on voit que l’auto est pilotée par Soheil Ayari et Franck Mailleux, la présence d’un vrai néophyte avait de quoi surprendre, mais les 12 Heures de Sebring ont permis de vite se rendre compte que le rookie s’est très vite adapté au pilotage d’un prototype.
« C’est un rêve de gosse que d’être ici » commence par nous dire Lucas. « Je suis très excité à l’idée de prendre part à mes premières 24 Heures du Mans. Il y a trois ans, je regardais cette course mythique à la télévision et là je vis toute cette aventure réellement. Il faut dire que je bénéficie de l’expérience de mes coéquipiers. Soheil est un habitué du Mans et Franck est un pilote qui a beaucoup d’expérience. J’ai découvert le circuit de la Sarthe sur Playstation (rires). Je sais que mon ascension est rapide et je profite de tout au maximum. Je n’ai pas pris le moindre risque en piste en haussant le rythme petit à petit. La partie au niveau d’Indianapolis est très intéressante du point de vue du pilotage, tout comme les Virages Porsche. Là il ne faut pas oublier que l’on ne peut pas faire un reset et recommencer la partie. Nous ne sommes pas dans un fauteuil à jouer à la console entre amis (rires). Une sortie de piste dans ces portions ne pardonnent rien. »
Piloter de nuit au Mans est aussi une nouvelle expérience pour l’Espagnol : « J’ai déjà roulé de nuit, mais ici c’est particulier. Certaines portions sont très noires. C’est un peu compliqué au début, mais on se met rapidement dans le rythme. Il faut aussi regarder souvent dans les rétroviseurs car les LM P1 arrivent vite derrière nous. Sebring a été une bonne expérience pour cela, même si le pilotage de nuit en Floride n’est pas vraiment comparable car nous n’avons pas roulé toute la nuit. »
« Le trafic sera une des clés de la course » souligne le pilote Signatech-Nissan. « Il ne faudra prendre aucun risque et être patient. Pour ce qui est de notre catégorie, nous n’aurons pas la tâche facile car le niveau est relevé. J’ai encore un peu en travers de la gorge les 1000 Km de Spa où j’ai eu une crevaison dans Blanchimont. C’était un moment dur pour moi. J’ai repris la piste peu de temps après avec un moral de nouveau gonflé à bloc. Une chose est sûre, je vais tout faire pour bien figurer aux 24 Heures du Mans. »
Propos recueillis par Laurent Mercier