American Le Mans Series

Giuseppe Risi : "Gagner le Mans pour la dernière année de la F430 !"

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Féru de sport automobile, Giuseppe Risi, concessionnaire Ferrari et Maserati à Houston (Texas), a créé son écurie en 1998 pour faire courir les Ferrari 333SP. L’équipe a ensuite migré vers le GT2 lorsque la Ferrari 360 est apparue sur le marché et ne l’a plus quitté. Deux titres, en 2006 et 2007, et une victoire au Mans, en 2008, plus tard, Giuseppe Risi est reparti pour une nouvelle saison avec la passion et l’enthousiasme intacts.

 

Giuseppe Risi, vous avez remporté les titres Pilotes et Equipes en 2007. En revanche, 2008 a ressemblé à un cauchemar. Comment avez-vous réussi à gérer cette situation ?

 

« Nous devons nous souvenir que 2008 n’a pas été qu’un cauchemar puisque nous avons gagné les 24 Heures du Mans en catégorie GT2 ainsi que l’une des autres grandes courses, Petit Le Mans, ce qui compense les ennuis rencontrés. Toutefois, je dois avouer ça n’a pas été facile d’accepter la situation telle qu’elle était, particulièrement après la réussite de 2007. Nous avons décortiqué chaque course et analysé les raisons de notre manque de résultat. Nous les avons comprises ces raisons, ce qui est le plus important. Une bonne écurie doit être capable de se regarder de l’intérieur et d’essayer de comprendre ce qui pose problème : une fois que l’on s’y est attaqué, c’est beaucoup plus facile de composer avec la situation. Les problèmes et les résultats ont simplement été le fruit d’une pure malchance ! »

 

Votre victoire au Mans, était-elle une sorte de revanche sur 2007 ?

 

« La victoire au Mans ressemblait fort à une revanche, bien que, au fond de moi-même, je pense que nous aurions dû gagner la course en 2007. Néanmoins, une fois que l’on a dit ça, la course n’est jamais finie tant que le drapeau à damiers n’est pas abaissé ! »

 

Quant au Petit Le Mans, ce succès a-t-il été un soulagement pour vous ?

 

« Tout à fait, ce fut un soulagement après notre unique autre victoire en American Le Mans Series à Mosport. Le plus important est d’avoir montré à nos sponsors que Ferrari et le team lui-même n’avaient pas perdu la capacité de gagner ou de préparer une bonne voiture de course. »

 

Risi CompetizioneOn dit que l’American Le Mans Series est le championnat GT2 le plus relevé. Qu’en pensez-vous ?

 

« Je suis parfaitement d’accord pour dire que l’American Le Mans Series a la meilleure catégorie GT2. Je crois que la concurrence est plus forte dans cette catégorie que dans n’importe quelle autre pendant toute une saison, à l’exception d’une ou deux courses très intéressantes en LMP. Je pense aussi que c’est la catégorie la plus passionnante. »

 

Vous avez déjà engagé un prototype avec la Ferrari 333SP. Aimeriez-vous développer un prototype à moteur Ferrari ?

 

« J’adorerais avoir l’opportunité de le faire. Nous avons l’expertise pour engager et exploiter un tel véhicule et j’aimerais amener l’écurie à ce niveau. Cependant, ce sujet dépend plutôt de Ferrari et la situation économique mondiale sera un facteur déterminant des futurs programmes pour tout le monde. »

 

Vous êtes concessionnaire Ferrari et Maserati. Pouvez-vous imaginer engager une voiture autre qu’une Ferrari, à l’image de Dave Maraj, concessionnaire Porsche, qui faisait rouler les Audi ?

 

« Ce serait difficile d’aligner une autre voiture qu’une Ferrari ou une Maserati, tout simplement à cause de ma longue histoire avec Ferrari. Toutefois, je dois penser à l’écurie, une entité très unie qui s’est construite au cours des dix dernières années et qui a maintenant une expertise spécifique entre les mains. Je souhaite rester dans la sphère de la compétition pour pouvoir utiliser au mieux l’équipe, mais aussi, en tant que propriétaire de l’écurie, assurer la pérennité aux gens qui ont cru en moi. »

 

Comme depuis plusieurs saisons, votre écurie engage deux voitures au look très différent, que ce soit au niveau des couleurs ou des sponsors. Quel est l’accord que vous possédez avec Tracy Krohn ?

 

« Le contrat est clair : Tracy s’occupe de son propre sponsoring et choisit les pilotes de sa voiture. Nous fournissons les compétences pour l’exploitation et la gestion en course de l’auto, c’est la raison pour laquelle la voiture est engagée sous la bannière Risi Competizione. Je voudrais ajouter que Tracy a obtenu ses meilleurs résultats en compétition automobile, une deuxième place au Mans en 2007 et une troisième place à Sebring l’an dernier, suite à notre association. »

 

Est-ce que Ferrari continue à améliorer la voiture ?

 

« Le développement ne s’arrête jamais chez Ferrari et Michelotto (préparateur Ferrari, ndlr), même si c’est la dernière saison de la Ferrari F430. »

 

Quel soutien recevez-vous de la part de Ferrari ?

 

« Ferrari nous aide beaucoup, pas tant financièrement qu’au travers des pilotes et de la reconnaissance officielle en étant le représentant de Ferrari en American Le Mans Series, donc dans les courses américaines. »

 

Quels sont vos objectifs pour 2009, que ce soit au Mans ou en American Le Mans Series ?

 

« Je voudrais remporter Le Mans une fois de plus et bien sûr remporter autant de courses que possible en American Le Mans Series, particulièrement pour la dernière année de la F430. »

 

Comment voyez-vous le futur du GT avec le nouveau règlement qui se profile ?

 

« Je pense que la catégorie GT survivra toujours pour des raisons commerciales, elle est nécessaire pour vendre des GT, quelles que soient les règles. Il n’y a rien de plus positif que de voir que des voitures sont vendues pour courir, notamment en endurance, avec des clients désireux d’avoir un bon produit, mais aussi pour la plupart, un produit qui a déjà fait ses preuves en course. Les courses de GT sont au cœur de l’histoire automobile depuis toujours et je ne vois pas cette situation évoluer. Les règlements peuvent changer d’année en année, mais le GT sera toujours présent. »

 

Propos recueillis par Cécile Bonardel

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