Cette saison, Andrea Barlesi découvre la catégorie LMP2, après un titre en Formula Le Mans l’an passé. Comme ses deux coéquipiers Frédéric da Rocha et Patrice Lafargue, Andrea fait ses premiers pas à Sebring. Le jeune pilote a fait connaissance avec la piste floridienne hier, lors des Tests, avec à la clé le troisième chrono de la catégorie pour la OAK-Pescarolo n°35. Chaque jour, Andrea vous fera part de son expérience américaine, en et en dehors de la piste.
« Bonjour à tous ! Je suis ravi de faire profiter de mon expérience américaine à tous les lecteurs d’Endurance-Info. Enfin nous y sommes ! Tous les pilotes sont arrivés le samedi soir. L’équipe OAK Racing était déjà sur place en fin de semaine dernière afin de réceptionner tous le matériel et de préparer les autos. Les Etats-Unis, c’est comme dans les films ! Les gros 4×4, les jantes surdimensionnées, et j’en passe… »
« Déjà lorsqu’on rentre sur le circuit, on se rend compte que cela n’a rien avoir avec un circuit européen. Un bon nombre de camping cars sont déjà installés à l’entrée alors que nous sommes encore à une semaine de la course, ce qui promet donc pas mal de spectateurs. Pour notre première journée, nous n’avons pas chômé avec beaucoup de travail en perspective. En effet c’était l’occasion de pouvoir vérifier une dernière fois nos positions de conduite et de les affiner, afin de trouver le meilleur compromis entre nous trois. Mine de rien cela prend du temps. Puis il a bien fallu que l’on aille voir ce fameux tracé que l’on allait devoir dompter le lundi pour les premiers tests. »
« Le seul mot que je puisse trouver c’est : INDESCRIPTIBLE. Je pense qu’en Europe un circuit comme ça n’existe pas. Dès la ligne droite des stands on comprend pourquoi ce circuit est éprouvant. Mon premier regard sur le bitume est attiré par les changements de niveaux. Ils sont cassants pour la mécanique et pour les hommes, sans oublier les trous sur la piste et dans les virages en appui. A pied on se rend bien compte de l’étroitesse et de la difficulté pour dépasser sur une piste comme celle-là. Si tu es derrière une GT, il faut prendre son mal en patience pour ne pas risquer quoi que ce soit et éviter toute manœuvre dangereuse. On voit de tout sur ce tracé : de l’asphalte, des plaques de bitume datant de l’ancien aéroport, etc… L’expression qui revient régulièrement en discutant avec tous les pilotes est: « Cela va être sportif ! » Sébastien Philippe, notre Team Manager, qui a une grande expérience dans le sport auto, nous l’a d’ailleurs confirmé. Lorsqu’on regarde les vidéos embarquées, on a du mal à se projeter sur la piste et dire que certains virages rentrent a fond. C’est inconcevable, mais pourtant il va bien falloir s’y habituer (rires). »
« La nuit est tombée sur Sebring et nous sommes tous assez fatigués avec ce long voyage. Nous sommes donc allés nous coucher pour une nuit bien salvatrice. On ne pensait tous qu’à une chose, prendre la piste le lundi pour le premier roulage. Lundi matin, le réveil a sonné très tôt. En effet il fallait être au circuit vers 6h30, car les essais débutaient à 8 heures, avec auparavant et un briefing par le staff du circuit à 7h30. De quoi bien débuter la journée ! Avec les yeux à peine en face des trous j’ai débuté les essais. Je me suis installé dans l’auto qui a été amenée dans le stand. En effet aux Etats-Unis, on n’a pas de box mais une structure avec des camions et des bâches dans le parc. Il faut donc amener l’auto dans la pitlane, rôle de Jérémy le chef mécanicien de ma voiture
. »
« Le soleil se levait a peine lorsque que j’ai découvert le tracé si mythique de Sebring. Et franchement lorsqu’on sort pour la première fois de la voie des stands on n’en mène pas large… Dès les 200 premiers mètres j’ai commencé à être secoué. Je me suis dit que c’était juste incroyable et que nous allions être bousculés comme cela durant 12 heures dans le baquet. Mais j’ai vite tout oublié pour me concentrer pleinement sur les repérages effectués la veille. »
« Le mot d’ordre de la journée était de faire un maximum de kilomètres avec notre nouvelle auto. En effet cette voiture étant toute neuve, mis à part 300 km fait sur le petit circuit de Maison Blanche, nous n’avions encore jamais roulé sur une séance grandeur nature, qui plus est sur un circuit aussi exigeant. Et le verdict est plutôt positif, sans problèmes majeurs rencontrés. Nous avons donc pu commencer à travailler et essayer de comprendre au mieux l’auto. Le chrono n’était en aucun cas le mot d’ordre de la journée. Il fallait apprendre avant tout. Nous ne sommes que lundi, ce qui fait qu’il y a du temps avant la course. Avec Mes équipiers Fred (da Rocha) et Patrice (Lafargue), nous avons rapporté un maximum de datas aux ingénieurs afin qu’ils puissent avoir un maximum de données. De l’autre côté, les deux LMP1 de l’équipe ont fait la même chose. Le circuit, inconnu de tous les pilotes OAK Racing, a vite été apprivoisé. La n°15 et la n°24 ont beaucoup travaillé sur le set-up. La journée est dans sa globalité assez positive. Maintenant au travail et rendez-vous sous peu !!!! »
Andrea