Avec trois programmes majeurs cette saison, Fred Makowiecki ne risque pas de s’ennuyer. En quatre jours, le Parisien a roulé sur quatre circuits différents avec quatre autos différentes. Il a d’abord découvert la Ford GT Marc VDS Racing Team à Portimao, auto avec laquelle il prendra part au Championnat du Monde GT1 avec Maxime Martin. Place ensuite à des essais avec l’Aston Martin DBRS9 HEXIS AMR sur le tracé gersois de Nogaro où Mako sera engagé en Blancpain Endurance Series avec Gilles Vannelet et Henri Moser. Le lendemain, direction Dijon-Prenois pour une journée sur une Volvo Silhouette Solution F avec des essais pneumatiques. C’est ensuite en Italie, à Adria, que Fred a fait connaissance avec la Ferrari F458. Notre globe trotter s’y est rendu pour le shakedown de la Ferrari Luxury Racing, qu’il partagera avec ses compères Stéphane Ortelli et Jean-Denis Deletraz. Nous avons donc fait un bilan de ces différentes séances d’essais avec notre pilote à l’emploi du temps chargé.
Laurent Mercier : Tu as fait connaissance avec le Marc VDS Racing Team et la Ford GT. Quelles sont tes premières impressions ?
Fred Mako : « La voiture est facile à prendre en mains. Toute l’équipe a travaillé d’arrache pied pour poursuivre le développement de l’auto. La Ford GT est une voiture bien aboutie avec un châssis efficace. Le moteur est peut-être un peu juste, compte tenu de la Balance de Performance. L’équilibre est bon et c’est vraiment un bel outil. Malheureusement, les conditions météorologiques n’ont guère été favorables avec pas mal de pluie. Mon premier sentiment sur l’équipe est bon. Elle est bien en place avec une montée en puissance au fil de la saison dernière. Plusieurs personnes de valeur ont rejoint le team belge cet hiver, ce qui préfigure une saison encore plus belle. Je pense très sincèrement qu’avec Maxime, nous pouvons tirer notre épingle du jeu. Les deux équipages sont de haut vol, avec Bas (Leinders) et Marc (Hennerici) sur la seconde auto. »
Tu es donc confiant sur cette saison GT1 après un hiver quelque peu chaotique ?
« Oui et il faut remercier SRO pour tout le travail accompli. Les équipes ont aussi jouer le jeu, à l’instar de Marc VDS Racing Team et de Sumo Power GT qui jouent à fond le jeu du championnat. Il aurait été fort dommage que la série disparaisse après une belle année 2010. J’espère juste que les retombées seront meilleures et dignes de ce nom. Je ne me fais pas de souci sur le niveau qui je pense sera le même que l’an passé. Il est clair qu’il faudra aller à la bagarre et que les courses s’annoncent disputées. »
Tu es plutôt favorable à la nouvelle règle de l’utilisation des pneumatiques ?
« Cette nouvelle donne sera certainement plus favorable aux Aston Martin DBR9 compte tenu d’une dégradation des pneumatiques plus rapide. La Ford est plus économe en gommes. Une chose est sûre, cela fera des économies car les équipes rouleront plus sur les meetings et moins en essais privés. Vu les sommes engagées pour faire rouler des GT1, cette modification du règlement va dans le bon sens. Il est clair que nous verrons plus d’autos en piste durant les séances d’essais libres. »
Tu as ensuite retrouvé l’Aston Martin DBRS9 et le team HEXIS AMR. Là aussi il y a un bon coup à jouer au championnat ?
« On peut voir que cette nouvelle série intéresse beaucoup de teams et pas des moindres. C’est la même chose pour les pilotes avec la possibilité de rouler avec un équipage sans catégorisation. Avec HEXIS AMR, nous y allons avec humilité car le team n’a pas d’expérience des courses d’endurance. Je sais que nous avons un équipage pour bien figurer. J’ai fait plus ample connaissance avec mes coéquipiers lors des essais de Nogaro et le courant passe très bien entre nous. C’est important quand on roule en endurance. »
La DBRS9 a évolué durant l’hiver ?
« Oui car c’est une auto qui a plusieurs années derrière elle. Nous avons un nouveau pack aéro qui je l’espère nous permettra d’être devant. Le poids a été aussi revu à la baisse avec diverses modifications. En revanche, il était prévu que nous ayons l’ABS mais ce ne sera finalement pas le cas. Aston Martin sortira une nouvelle GT3 d’ici l’année prochaine et mettre l’ABS sur les DBRS9 auraient coûté trop cher pour une seule saison. C’est bien d’avoir ce système de freinage mais il faut aussi tout ce qui va autour. La prochaine fois que je roulerai avec l’auto, ce sera à Monza pour le coup d’envoi de la saison. »
Tu as ensuite rouler à Dijon pour les essais VdeV. Quel en était le but ?
« J’ai apporté mon aide à Solution F qui fait rouler une Volvo Silhouette. Nous devions faire des essais pneumatiques mais une météo peu clémente a mis à mal les tests. Il n’est pas prévu actuellement que je roule à nouveau avec la Volvo. »
Place ensuite à la découverte de la Ferrari F458… Comment se sont passés tes premiers tours de roues avec l’auto ?
« La Ferrari F458 est une superbe auto. Je n’avais pas encore eu la chance de rouler pour Michelotto car la seule Ferrari que je connaissais était la F430 GT3 développée par le Kessel Racing. Dans l’auto, tout est pensé pour le pilote, ce qui permet de garder une concentration maximale. L’habitacle est très bien conçu. Pour nous, il s’agissait de découvrir la voiture car Adria n’est pas le circuit le plus complet pour mener des essais. C’était l’occasion de faire un shakedown et que les trois pilotes se familiarisent avec l’auto. Le moteur a une grosse plage d’utilisation. Il faudra au moins ça avec une concurrence qui s’annonce féroce dans la catégorie GT2. »
Il n’est donc pas prévu d’essais avant les 12 Heures de Sebring ?
« Non car le timing était trop serré. D’ailleurs Luxury Racing ne fera courir qu’une seule auto en Floride, l’autre devant débuter en compétition aux 6 Heures de Spa. Nous prenons Sebring comme une grosse séance d’essais, sachant que ce n’est pas la course la plus facile pour découvrir en profondeur une auto. Il nous faut monter en puissance lors des deux premières courses et arriver fin prêt aux 24 Heures du Mans. Je ne me fais pas de souci quant au potentiel de la voiture avec une F458 bien équilibrée et qui se place facilement dans les courbes. Nous verrons bien dans les enchaînements plus rapides. De toute façon, nous en saurons plus après Sebring sur notre préparation mais nous avons tout pour faire de belles choses en course. Il faudra aussi apprendre tout les petits trucs qui font la spécificité des courses américaines. J’ai de gros espoirs avec cette F458. »
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Propos recueillis par Laurent Mercier