Grand-Am

24H Daytona : Le carnet de route de Patrick Pilet, part5.

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“Bonjour à tous et ravi de vous retrouver pour vous proposer mon dernier jour dans les coulisses de mes 24 heures de Daytona.

 

10h15 (samedi) : J’arrive au circuit et tombe dans les bouchons habituels des jours de course. Heureusement, les spectateurs – voyant que je suis pilote – n’hésitent pas à me laisser passer et grâce à cela j’arrive à temps pour le traditionnel briefing d’avant course. Il se déroule toujours dans la célèbre « Victory Lane », où nous rêvons tous d’être dans quelques heures.

 

Pilet

11h15 : Mes coéquipiers et moi nous retrouvons pour l’autographe session, un moment toujours très agréable. On se rend vraiment compte que notre sport est très aimé aux US. Je signe notamment beaucoup de photos de ma saison au Flying Lizard. Les fans restent fidèles même si je ne courre plus de saison entière aux Etats-Unis depuis plusieurs années. On enchaîne avec le dernier briefing de l’équipe. Toutes les instructions pour la course sont passées au crible : ordre des pilotes pour les relais, cartographie moteur à utiliser pendant la course ou pendant le Safety Car etc. Le patron du team finit de donner ses consignes par cette phrase : « Soyez rapides mais restez sur la piste et soyez doux avec la mécanique ». Facile à dire mais plus difficile à appliquer pendant 24 heures de rang. Je prendrais le volant en deuxième, après deux heures de course environ. Jeroen et moi allons tout de suite faire des doubles relais afin de rester dans le bon wagon dès de début de la course. Puis, nous allons nous placer sur la grille qui est située dans les stands. S’en suit la photo de tous les équipages sur un camion podium, et le traditionnel hymne américain suivi du fameux « Gentlemen Start your Engine » !

 

15h30 : La tension monte dans le team et je vous assure que c’est plus stressant d’être dans le box que dans la voiture. Mon coéquipier prend un bon départ et parvient à garder un bon rythme durant ses deux relais. Il me rend finalement la voiture en 6e position. Le changement de pilote se passe très bien et je pars pour mon premier double relais. Le team m’informe que Jeroen a signalé que l’auto était très bien, le seul petit soucis étant que l’accélérateur est un peu dur. Je parviens à vite me mettre dans le rythme et remonte sur mes adversaires. Cependant, je m’inquiète de plus en plus pour mon accélérateur. Au fil des tours, il devient de plus en plus dur et reste régulièrement accéléré. J’avertis le team qui me demande de finir mon relais ou d’attendre un safety car pour ne pas avoir à s’arrêter sous drapeau vert et perdre trop de positions. Deuxième à quelques tours de la fin de mon relais, l’accélérateur se bloque à fond à l’entrée du virage n°2. J’évite le crash en sautant sur l’embrayage et en mettant la voiture en tète à queue. Un 360° et quelques secondes de perdues plus tard, je rentre au stand pour résoudre le problème et laisser le volant à un de mes coéquipiers. Plus de peur que de mal, l’équipe parvient à résoudre le problème et à ne pas perde trop de temps. Après cet incident, le reste de la course se passe plutôt bien et nous nous relayons sans soucis durant toute la nuit.

 

11h45 : Dimanche matin, nous sommes deuxièmes à une minute des leaders, la n°67 de TRG. La voiture fonctionne parfaitement contrairement aux leaders qui, eux, connaissent des problèmes d’embrayage et doivent pousser leur voiture pour redémarrer des stands. Je pars alors pour mon dernier relais. Je maintiens la pression sur le leader et suis proche de prendre un deuxième tour d’avance sur les troisièmes, la Porsche N°48. Mais sans prévenir, ma suspension avant se brise sans raison au bout de la ligne droite et m’envoie frotter le mur de l’oval à près de 280 km/h ! Je parviens à rentrer au box et l’équipe fait tout sont possible mais la voiture est trop endommagée. L’amortisseur s’est littéralement coupé en deux, certainement la conséquence d’un contact de l’un de mes coéquipiers avec un prototype au petit matin. C’est terrible : nous avions réussi à tout surmonter et nous étions si proches du but. Mais c’est la dure loi du sport « mécanique ».

 

Une fois la course terminée, je rentre à l’hôtel pour me reposer de toutes ces émotions. La course est dure physiquement mais lorsque vous êtes devant et que vous abandonnez, c’est comme si toute la fatigue accumulée vous tombait dessus d’un coup. Je me couche tôt car le lendemain je repars pour Boca Raton, au nord de Miami, pour le Training Camp Porsche.

 

Voila, ainsi s’achève mon carnet de route. J’espère que vous aurez aimé vivre avec moi ces 24 heures. De mon côté ce fut une superbe expérience.

 

En guise de bonus, je vous envoie quelques photos de mes coéquipiers de chez Porsche et moi en pose déjeuner sur la route de notre Training Camp. Bonne journée à tous et j’espère à très bientôt sur Endurance-Info.”

 

Patrick Pilet

 

Pilet
Briefing sur la victory lane…
Pilet
Mes coéquipiers pour ce double tour d’horloge.
Pilet
Le camion-podium pour la présentation des pilotes.
Pilet
Dédicaces sur la ligne d’arrivée !
Pilet
Une autre vision de la photo de groupe…
Pilet
Voilà pourquoi j’ai opté pour une grande voiture !!!

 

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