“Bonjour à tous. Aujourd’hui (vendredi), c’est la dernière journée avant le Grand Jour. Notre dernière chance de trouver les meilleurs réglages possibles avant la course.
7h50 : J’arrive sur le circuit et rejoins les mécaniciens dans le box. Il faut savoir qu’à Daytona tous les box sont ouverts. Il n’y a pas de séparation entre les différents teams et les spectateurs peuvent observer librement les voitures. C’est très différent de ce que l’on peut voir en Europe, où tous les teams cachent leurs voitures, leurs réglages et autres pièces spécifiques. Sur ce point, nous avons vraiment des progrès à faire.
9h30 : L’équipe finit de modifier les réglages et renvoie Jeroen Bleekemolen en piste pour lui permettre de faire quelques tours dans la première séance d’essais de la journée. Il est plutôt content de l’auto, du moins bien plus que la veille. La voiture rentre au garage. S’en suit alors un débriefing dans notre semi-remorque, afin de nous permettre de poursuivre nos progrès en piste. Nous décidons d’effectuer un nouveau changement sur les ressors de la voiture. Maintenant que l’équilibre de l’auto est plutôt satisfaisant, nous choisissons d’explorer une autre voie de réglages pour tenter de mettre le doigt sur quelque chose d’intéressant.
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10h25 : J’ai rendez-vous avec mes coéquipiers de chez Porsche pour la traditionnelle photo de Daytona. Quelques poses et sourires plus tard, me voilà de retour au sein de mon équipe pour la deuxième et dernière séance d’essais. Le team me demande si cela ne me gêne pas de faire l’impasse sur cette séance, afin de permettre à mes coéquipiers de faire plus de tours. J’accepte car je sais bien qu’il en va de l’intérêt de toute l’équipe de laisser rouler les pilotes les moins rapides afin qu’ils prennent leurs repères sur le circuit avant la course. Pour ma part, je n’aurais donc fait que 5 tours chronos avant de rouler en course demain. Je vous concède que ce n’est pas beaucoup mais c’est souvent le lot des pilotes d’usines quand ils sont utilisés en renfort d’un équipage déjà établi. Comme nous n’avons besoin que de peu de tours pour être dans le rythme, nous laissons souvent les autres pilotes du team profiter de plus de roulage. Après la pose déjeuner, nous faisons une rapide liste de toutes les choses à finaliser avant la course. Et je peux vous assurer que la liste est longue : ajuster les ceintures, fixer les rétroviseurs, déplacer certains boutons du tableau de bord, régler les lumières pour la réserve d’essence etc.
Après, j’en profite pour me faire masser par les physiothérapeutes de chez Porsche. Sur les courses longues, il y a toujours deux masseuses et un médecin qui sont là juste pour nous. Sur cette course, c’est l’équipe Magnus Racing qui a mis à leur disposition une remorque équipée pour qu’ils puissent s’occuper de nous. Après mon massage, mes coéquipiers et moi nous entrainons aux changements de pilotes. Un moment décisif car il nous faut changer de pilote en moins de 40 secondes, soit le temps du remplissage du réservoir d’essence de 90 litres. Pas de problème en ce qui nous concernent Jeroen et moi-même, nous changeons de place en 20 secondes. Pour mes trois autres coéquipiers, qui mesurent tous plus d’1m90, la manœuvre s’avère, en revanche, beaucoup plus compliquée. De 50 secondes au début, ils parviennent finalement, à force d’entrainement, à descendre leur temps de changement de pilote autour des 35 secondes. Comme quoi, être petit n’est pas toujours un désavantage, particulièrement en sport auto !
Pour finir la journée, nous assistons au briefing général de TRG auquel assistent tous les équipages du team. Tout y passe : des règles pour les pit stop en passant par la procédure de safety car et même les anecdotes des années passées.
17h45 : Je rentre à l’hôtel pour une longue nuit de sommeil. Je vais essayer de prendre un peu de sommeil d’avance car demain je risque de ne pas dormir plus de 2 ou 3 heures pendant la course.
Je vous donne à tous rendez-vous sur Endurance-Info pour suivre la course et surtout, n’hésitez pas à croiser les doigts pour moi !”
Patrick Pilet
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