L’attraction de cette sixième édition des 24 Heures de Dubai a sans conteste été la présence de trois Mercedes AMG SLS, avec deux modèles pour Black Falcon et un pour Heico Motorsport. La première d’entre elles a rallié l’arrivée au troisième rang, avec l’équipage Black Falcon composé de Kenneth Heyer, Jan Seyffarth, Sean Paul Breslin et le pilote maison Thomas Jäger. Il est donc peu de dire que la marque allemande a transformé l’essai. Kenneth Heyer revient sur ses débuts au volant de la SLS GT3, après avoir piloté l’an passé une Audi R8 LMS en Championnat d’Europe GT3.
Laurent Mercier : Kenneth, on peut dire que le bilan est positif avec cette belle troisième place ?
Kenneth Heyer : « Oui sans aucun doute ! Nous n’avons pas connu le moindre problème, si ce n’est deux contacts en piste, sachant que l’un des deux a eu lieu avec la voiture sœur suite à une incompréhension. Black Falcon, accompagné par HWA/AMG, ont fait un super travail. L’harmonie était totale et la semaine a été formidable pour tous les pilotes. Tout le monde est satisfait des résultats, à savoir une 3ème et une 7ème place. De plus, les trois SLS GT3 ont terminé la course. »
As-tu été surpris par le potentiel de l’auto ?
« Non car j’ai découvert la voiture en essais. je savais avant d’arriver à Dubai qu’elle était performante. En revanche, j’ai été quelque peu surpris de voir que nous n’avons pas eu de problèmes sur une course de 24 heures. La voiture était réellement agréable à piloter. Pour moi, c’est gagnant car il me semble que la combinaison SLS/Kenneth Heyer est comme un jackpot. Dès le premier tour, je me suis senti à l’aise et j’ai vite compris que nous pourrions aller vite. La saison passée a été beaucoup plus difficile pour moi, notamment pour garder un niveau de vitesse élevé. Maintenant, c’est parfait ! Sur des manches d’une heure comme en Championnat d’Europe GT3 ou ADAC GT Masters, la donne sera différente car il faut tenir compte de la balance de performance, l’équipage jouant un rôle plus important que celui du potentiel de l’auto. Nous verrons bien… »
Avec autant d’autos en piste, le trafic a été compliqué à gérer ?
« Que ce soit au Nürburgring ou à Dubai, c’est difficile mais les 24 Heures de Dubai sont étranges. Au Nürburgring, on remarque moins la différence de vitesse des autos. A Dubai, tu as beaucoup d’endroits où un pilote peut faire une faute. C’est plus compliqué à gérer car tu dois être attentif aux changements de ligne des autres pilotes. »
Selon toi, la SLS GT3 sera l’arme absolue du GT3 cette saison ?
« C’est bien pour cela que je veux faire partie de ce projet. Les deux dernières saisons, je n’ai pas forcément pris les bonnes décisions, mais là je pense que c’est la bonne. Il y a 40 ans, mon père (Hans) a terminé second des 24 Heures de Spa au volant d’une Mercedes AMG et je souhaite faire au moins la même chose avec cette auto. Pour le moment, c’est un bon début. Je me sens un peu comme à la maison avec les gens de chez HWA/AMG. Je compte rouler avec eux au moins deux saisons, et même plus. Tant qu’ils feront rouler des GT, j’espère être de la partie. Les GT3 sont partout et j’espère bien qu’après 2011, on retrouvera des SLS GT3 aussi bien en Chine, au Brésil et aux Etats-Unis. Cela fait de bonnes opportunités pour remporter des courses. Même si le GT1 est agréable à regarder, je pense que le GT3 est l’avenir du GT, avec en prime des courses de 24 heures. »
Ton programme 2011 est bouclé ?
« Comme je l’ai dit je suis fixé pour 2011/2012 et espérons-le le plus longtemps possible pour gagner les courses de 24 heures les plus importantes. Je serai présent en ADAC GT Masters et je l’espère en Championnat d’Europe GT3. Le FIA-GT3 est logique car je suis considéré comme pilote « Silver » et je suis prêt à me battre pour le titre. J’espère bien aussi être au départ de manches VLN, des 24 Heures de Spa et du Nürburgring. Je vais voir cela avec mon équipe, Black Falcon. J’ai confiance en Marc Schramm et Alex Böhm. Nos débuts sont bons et nous travaillons dur pour décrocher un maximum de succès avec la SLS GT3. »
Propos recueillis par Laurent Mercier