Nous avons appris une bien triste nouvelle : Didier Bonnet, le constructeur des Debora, est décédé le 12 janvier. On avait pu voir les barquettes du constructeur bisontin au Mans à plusieurs reprises, une Debora remportant même le LMP2 en 1995 :
- en 1992 :une Debora 92 Alfa Romeo, Didier Bonnet lui-même étant un des pilotes avec Gérard Tremblay et Jacques Heuclin (abandon)
- en 1993 : une Debora SP93 Alfa Romeo, pilotée par Gérard Tremblay, Yvan Muller et Georges Tessier (abandon)
- en 1994 : une Debora LMP294 Alfa Romeo, pour Bernard Santal, Pascal Dro et Georges Tessier (abandon)
- en 1995 : une Debora LMP 295 Ford pour Bernard Santal, Edouard Sezionale et Patrice Roussel, 20ème au général et 1ère en LMP2
- en 1998 : une Debora BMW LMP 296 pour Lionel Robert, Edouard Sezionale et Pierre Bruneau (abandon)
- en 2000 : une Debora BMW Mader LMP 2000 pour Yann Goudy, Patrick Lemarié et Jean-François Yvon (abandon)
Pour être complet, une Debora LMP296 Ford 2 litres turbo s’était qualifiée au Mans pour l’édition 1996 (Edouard Sezionale/Jean-Claude Basso/Thierry Lecerf), mais la voiture ne prit pas le départ, en raison de problèmes moteur.
Debora Automobiles a participé également au Championnat proto FIA SCC, avec une quatrième place au classement teams de la catégorie SR2 en 2002.
On a également vu une Debora 834 Mader aux 1000 km du Mans 2003, pilotée par Renaud Derlot et Roland Boissy.
Plus récemment, Didier Bonnet avait entrepris la construction d’une LMP2. Malheureusement, cette voiture dont l’élaboration remonte à 2009, n’est jamais arrivée sur les circuits.
La dernière apparition d’une Debora au Mans remonte à LM Story en 2009, la Debora BMW LMP 2000 et la Debora Mader vue aux 1000 km du Mans, superbement présentées, ayant participé au meeting. La Debora LMP294 Alfa Romeo a également pris part cette même année à LM Story dans ses couleurs d’origine. Cette voiture est actuellement au Technoparc dans les ateliers de Courage Classic.
Didier Bonnet faisait partie de cette longue liste des artisans constructeurs sans qui l’endurance et les 24 Heures en particulier ne seraient pas ce qu’elles sont actuellement.
Yves Courage, autre artisan constructeur français, joint aujourd’hui, déplore également cette perte :
“J’ai connu Didier Bonnet tout d’abord en tant que pilote, quand nous faisions de la course de côte. C’était un véritable passionné du sport automobile, qui y consacrait tout son temps. C’était un personnage haut en couleurs, une figure emblématique. Il a beaucoup donné pour le sport automobile et a apporté une contribution très utile à l’époque où les plateaux n’étaient pas très denses. Je l’ai revu très brièvement l’année dernière avant les 24 Heures du Mans. Malheureusement, son état de santé était déjà très fragile et, juste après avoir retiré un pass au Parc des Expositions, il a dû rentrer précipitamment à Besançon. Sans des gens comme lui, la course ne serait pas ce qu’elle est maintenant.”
La rédaction d’Endurance-Info s’associe à la peine de la famille de Didier Bonnet.
Claude Foubert