Le Mans

Jacques Nicolet : « Une nouvelle vie pour OAK… »

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Jeudi, nous avons eu l’occasion de vous parler longuement du OAK Racing à travers un double-entretien avec François Sicard (ici et ici). Mais nous vous proposons aujourd’hui d’évoquer à nouveau les projets des Roses, avec Jacques Nicolet cette fois. Patron ou pilote, ce dernier aborde avec ambition une année qui sera synonyme de nouveau départ pour cette équipe désormais basée au Mans.

 

Jacques, lors de la soirée de remise des prix des Le Mans Series, vous et OAK Racing avez été récompensés à de nombreuses reprises, que ce soit aux classements Pilotes, Teams, Constructeurs et Michelin Green X Challenge. Toutes ces coupes rendent-elles la saison 2010 encore plus belle ?

« Je pense surtout qu’elles marquent la fin d’un cycle, et qu’elles le marquent d’une très belle façon. Je suis très heureux du résultat. Nous ne les avons pas forcément acquis dans la performance pure, mais nous montrons par la diversité des récompenses, par la solidité et l’esprit d’équipe, un rapport qualité/performance/fiabilité qui est à l’image de l’endurance et qui est très intéressant. Je trouve d’ailleurs qu’il est complètement à l’image de ce qui doit être fait. »

 

Nous avons souvent parlé ensemble, mais j’ai rarement posé une question pourtant inévitable : pourquoi ce choix de passer en LMP1 ?

« Objectivement, obtenir des résultats aussi globaux qu’en 2010 en LMP1, nous savons que ce sera très difficile. Mais d’un autre côté, faire mieux en LMP2, cela n’aurait pas été évident non plus. Je pense que c’était le moment de passer à autre chose. Ces résultats représentent une belle récompense de notre engagement, notamment humain, sur les trois dernières années. Nous entrons dans un nouveau cycle, où nous devons refaire nos preuves. Je ne sais pas ce que nous réserve l’avenir, mais OAK Racing s’engage sur une voie et nous y resterons plusieurs années. On se redéploie complètement…

« Nous avons énormément recruté et il y a un gros travail à effectuer. Il y a eu ce déménagement et nous avons aujourd’hui 35 personnes au sein du team. L’intégration des nouveaux se passent très bien et, en parallèle, nous avons beaucoup de challenges à relever. Mais c’est bien de se challenger. Je crois que nous avions un peu fait le tour du LMP2 et si une entreprise n’évolue pas, il est difficile de conserver une véritable motivation. Une entreprise sportive doit aborder des défis différents. Par ailleurs, la nouvelle réglementation LMP1 étant proche du LMP2-2010, c’était une évidence de tenter le coup. »

 

Si je vous dis que Sebring est dans tout juste deux mois, vous vous sentez comment ?
« Je ne vais pas être original : à la bourre (rire) ! Les 12 Heures de Sebring arrivent très tôt pour tout le monde. Encore plus tôt pour les Européens qui ont le transport à gérer. C’est chaud ! Quand on me dit que certains grands constructeurs sont encore moins en avance que nous, je me dis que l’on voit peut être un peu grand. D’un autre côté, cela fait partie des défis que l’on se doit de relever. Nous devons en être capables. Nous devons rester sur une dynamique de progression. Afficher une ambition raisonnée, mais progresser ! »

 

A propos des voitures, le travail en soufflerie est certainement terminé…
« Oui, évidemment. Les travaux entrepris depuis l’été avancent. L’outillage est aujourd’hui en cours de fabrication et les évolutions pour 2011 sont en cours de mise en forme. Nous devrions effectuer le shakedown lors d’essais Dunlop programmés à Vallelunga début février. Le concept est finalisé et je suis très content du travail qui a été fourni. »

 

Compte tenu de la base de la Pescarolo, vous avez le choix d’adopter ou non l’aileron de requin. Quel est votre choix ?
« Nous ne l’aurons pas. Cet aileron a été imaginé à l’époque des LMP1 en configuration 2009/2010. Des autos qui étaient propulsées par des moteurs de 750cv. De ce que nous avons vu, il n’y a pas l’obligation de le mettre et il n’apporte rien en performance pure. La sécurité de notre voiture, nous l’avons déjà testé en 2010. Le LMP1-2011 ne sera pas à des années lumières du LMP2-2010. »

 

Mon collègue Claude Foubert a déjà posé la question à François Sicard, mais je vous la pose à mon tour : qui épaulera Guillaume Moreau et Pierre Ragues sur la première LMP1 ?
« Nous accueillons avec plaisir le retour de Pierre Ragues, qui formera un beau duo avec Guillaume Moreau. Pour le troisième pilote rien n’est encore confirmé, mais l’idée est d’avoir un équipage de jeunes. »

 

Et sur l’autre auto ? Vous êtes confirmés…
« Officiellement non (rire) ! Plus sérieusement, je pense que nous allons miser sur un équipage de « jeunes » pilotes chevronnés. A côté d’un trio de jeunes aux dents longues, il y aura un trio plus typé gentleman driver. »

 

Aux côtés des deux LMP1 en ILMC, il y aura aussi une petite soeur…
« Effectivement, une LMP2 participera à l’Intercontinental Le Mans Cup. Conformément au règlement, il y aura une mixité jeune pilote/gentleman driver au niveau de l’équipage. Ce trio est finalisé mais nous l’avons pas encore annoncé. »

 

On sait que vous êtes un partisan de l’ILMC. Cela n’a donc pas changé au cours des derniers mois ?
« Non, je reste convaincu que la pérennité de l’Endurance passe par l’internationalisation. Il faut  développer ce type de compétition. Il faut accompagner ce démarrage et adopter un raisonnement global, certes dans la mesure du possible. On ne peut pas faire de l’Endurance dans son coin. Il faut développer des courses avec un véritable impact. En restant uniquement européen, nous avons du mal. »

 

Parallèlement aux trois Pescarolo alignées par OAK Racing, verra-t-on des LMP2 engagées par des clients ?
« Nous y travaillons. C’est une possibilité mais je ne peux pas en dire plus… (sourire) »

 

Un dernier mot à ajouter avant cette saison pour le moins chargée ?
« Comme je l’ai dit, 2011 marque une nouvelle étape. OAK Racing s’installe au Mans, dans de nouveaux locaux. Nous avons intégré de nouveaux membres, tels que Christophe Chapelain, comme directeur technique. Nous allons disputer une nouvelle compétition, dans une nouvelle catégorie. Il y a de nouveaux enjeux. C’est une nouvelle vie pour OAK Racing. »

 

Une nouvelle vie que l’on souhaite assurément rose à Jacques Nicolet et ses hommes. En ces temps de conjoncture économique difficile, il est rassurant pour l’Endurance de voir une équipe privée venir se frotter aux grands constructeurs. Car il ne faut pas oublier que la discipline ne peut pas se limiter à un duel d’usines. Rendez-vous donc en mars, sous un soleil floridien qui verra trois Pescarolo aux couleurs du OAK Racing prendre la piste. Une image inédite qui méritera d’être vue.

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

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