FIA GT Series

Yann Clairay : "Un vrai championnat de fighters !"

thumbnail
0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Titré en 2009 en Le Mans Series dans la catégorie GT1, Yann Clairay pouvait sans conteste espérer trouver un volant cette saison dans la catégorie reine. Malheureusement, des budgets trop élevés ne lui ont pas permis de poursuivre sur circuit en début d’année, le Lavallois trouvant refuge en rallye au volant d’une Renault Clio (Trophée Clio R3). C’est d’ailleurs par un podium qu’il débute sa saison, au 51ème Rallye de Grasse Fleurs et Parfums. S’il pensait terminer l’année sur l’asphalte routier, il n’en a finalement été tout autre, avec un appel de Philippe Dumas qui lui demande d’épauler Frédéric Makowiecki à partir de la manche du Nürburgring. Bien lui en a pris car le duo Mako/Clairay a terminé sur une nette victoire en Championnat du Monde GT1 à San Luis, permettant à HEXIS Racing AMR de terminer second au championnat Equipes.

 

Laurent Mercier : Quel bilan dresses-tu de tes deux dernières manches sud-américaines ?

Yann Clairay : « A Sao Paulo, c’était un peu compliqué, compte tenu du lest embarqué après notre seconde place de Navarra. Dès les premiers essais, je me suis demandé si la voiture n’avait pas un problème. L’Aston Martin DB9 n’a pas été développée pour rouler avec un tel poids, et le pilotage s’en ressent forcément. Il y a moins de grip au niveau des pneus. La qualification n’était pas optimale, mais au bout de deux tours, j’étais remonté 8ème, en étant parti 14ème. En Course de Championnat, Fred a fait un beau relais et j’ai ensuite dû batailler comme un fou pour garder le rythme. Le circuit d’Interlagos est sympa, avec de belles sensations côté pilotage. »

 

«  En arrivant à San Luis, j’avais un peu d’appréhension car je ne savais pas comment l’auto allait réagir. En revanche, Fred connaissait le tracé, pour y avoir roulé deux ans auparavant. Mes inquiétudes se sont vite estompées car nous avons été dans le coup dès les essais. J’ai réussi à mettre l’auto en Q3 et Fred a ensuite fait parler son talent. J’ai à plusieurs reprises buté en Q2 car les écarts sont très serrés. Il faut savoir qu’il y a un gros step entre la Corvette avec laquelle je roulais l’an passé et l’Aston Martin. Avec la DB9, il faut y aller tout en finesse et lors de mes débuts avec l’auto, je me suis fait quelques frayeurs. C’est une voiture qui ne demande pas trop d’attaque et il faut bien anticiper le freinage. Au moment du départ, je savais que Mücke était plus rapide que moi, mais je me suis dit que c’était maintenant ou jamais. Tout a bien fonctionné, notamment au niveau du pit stop, et Mako a ensuite terminé le travail. Dans la Course de Championnat, Fred s’est vite mis à l’abri et je n’ai eu qu’à conclure. Terminer la saison par deux belles victoires, c’est vraiment bien ! »

 

Comment s’est passé l’acclimatation avec le team et ton coéquipier ?

« En arrivant au Nürburgring, je ne connaissais pas Fred. Le contact est de suite bien passé et c’est quelqu’un qui m’a tiré vers le haut. C’est un pilote ultra rapide et je suis sûr que tu lui donnes une caisse à savon, il te claque la pole (rires). J’ai réellement adoré travailler avec lui et je vais tout faire pour que cela continue. Quant à l’équipe, elle est l’image de Mako. C’est très important de sentir bien dans un team. Quand on voit le travail effectué lors des ravitaillements, on comprend que tout est rôdé au centième de seconde près. L’équipe a toujours été parmi les plus rapides du peloton et c’est aussi comme cela que l’on gagne des courses. Les mécanos sont de vrais guerriers et ils n’ont rien à envier aux grandes équipes qui sont présentes depuis longtemps. Ils donnent tout ce qu’ils ont et en tant que pilote, on ne peut que tout faire en piste pour les récompenser. En seulement cinq courses, je termine dans le top ten du championnat et l’équipe y est pour beaucoup. A San Luis, nous avons fait le meeting parfait, si ce n’est la pole qui nous a échappé de peu. »


Tu regrettes de ne pas avoir participé à l’intégralité du championnat ?

« Après le titre 2009, j’avais deux objectifs : rouler en GT1 ou en Le Mans Series dans un bon prototype. Malheureusement, les budgets demandés étaient trop importants. J’étais déjà en contact avec HEXIS, mais cela n’avait pas pu se concrétiser. Quand Philippe m’a appelé pour rouler et terminer la saison, j’ai sauté sur l’occasion. Pour en venir en rallye, c’est un domaine que j’affectionne et c’est une nouvelle expérience sur mon CV. Les résultats sont vite arrivés, mais ce que je voulais faire avant tout, c’était les 24 Heures du Mans. Je n’ai pas eu d’opportunité et j’ai donc poursuivi en rallye, avant cette opportunité en GT1. »

 

Quel est ton sentiment sur le World GT1 ?

« Le niveau est d’un haut calibre. Les écarts sont serrés et il faut se cracher dans les mains à chaque tour, aussi bien pour gagner des places, que pour ne pas en perdre. C’est un vrai championnat de fighters et c’est de l’endurance sans en être. Tu es tellement à la limite durant ton relais que c’est réellement intense. Pour imager la chose, c’est un peu comme si on disputait des courses de kart avec des autos de plus de 500 000 euros. Il est vrai que j’aimerais bien que les courses soient un peu plus longues, même s’il ne faut pas que ce soit trop compliqué pour les spectateurs. Il faut que le public se repère. Des courses de 1h30 ou 2h seraient une idée. »


As-tu déjà des pistes pour 2011 ?

« Je donne la priorité au circuit, mais une fois de plus, tout dépendra des budgets. J’espère que mes résultats vont m’ouvrir des portes. J’espère en tout cas rouler de nouveau avec Fred et poursuivre en GT1 est un souhait. J’ai prouvé que je me suis vite adapté et il serait dommage de s’arrêter là. Je regarde aussi du côté des Le Mans Series, en catégorie GT2, car là aussi le niveau est relevé. »


Propos recueillis par Laurent Mercier

 

Publicité

0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Publicité

Sur le même sujet