C’est donc à Ingolsdadt que Audi a dévoilé son nouveau bolide, la R18, avec laquelle la firme tentera de décrocher son dixième succès aux 24 Heures du Mans et ainsi dépasser Ferrari, dont le nombre de victoires a été égalé en 2010. Après la R8, la R10 et la R15, place à une R18 fermée. Un changement qui tranche avec le passé de la marque. (Plus de photos ici / Press Release In English)
« Dans le futur, l’efficacité aérodynamique sera encore plus importante au Mans que par le passé » explique le Docteur Ullrich. « Une voiture fermée a des avantages clairs. Nos simulations sur ordination ont été confirmées en soufflerie et durant nos premiers tests en piste. » La R18 a donc déjà roulé, fin novembre aux mains de Allan McNish, même si elle ne prendra pas part aux 12 Heures de Sebring !
Ouverte ou fermée ? La question a longtemps brûlé les lèvres. Essence ou Diesel ? Telle était l’autre interrogation. De ce point de vue, Audi a opté pour le changement dans la continuité. Ce sera toujours un moteur carburant au Disel, un TDI donc. Mais c’est désormais un V6, 3,7l, qui sera sous le capot. Un choix qui s’inscrit également dans la logique des moteurs de série : plus petit, plus économique, mais puissant. Si peu d’infos ont filtré sur le moteur, on précisera que la boîte de vitesses sera complètement nouvelle.
Dans son communiqué, Audi souligne que les ingénieurs se sont appuyés sur l’expérience acquise en 1999 avec la R8C, mais aussi en 2003 au sein de la marque sœur Bentley, vainqueur cette année là au Mans. « L’Audi A4 DTM, qui a par exemple un pare-brise chauffant, nous a aussi permis de raccourcir le cycle de développement au niveau de la ventilation de l’habitable, des portes et du chauffage du pare-brise » note pour sa part Martin Mühlmeier, responsable de l’ingénierie chez Audi Sport. Au premier regard, cette R18 n’est pas sans rappeler la R15… avec un toit bien évidemment. Audi ne le cache pas et avoue que son nouveau proto contient un savoir-faire emprunté aux R8, R10 et R15. Il y a tout de même un certain nombre de nouveautés. Pour la première fois, Audi utilisera une dimension de roue identique à l’avant et à l’arrière. Un procédé initié par Acura en 2009. On notera également le mât d’aileron, unique. On passera sur le traditionnel couplet concernant les phares avec un système de LED toujours plus optimisé et, bien sûr, tiré de la série.
Audi y va aussi d’un petit passage sur l’électrique. KERS ou pas KERS ? La R18 a été conçue pour une « électrification progressive », prévue palier après palier. « L’efficacité est toujours le facteur déterminant pour nous » confie le Docteur Ullrich. « Peu importe quelle forme de récupération d’énergie on peut choisir, la clé pour Audi, en sport automobile comme au niveau de la série, est que cela offre un vrai avantage. » On prédit un petit jeu du chat et de la souris entre Audi et Peugeot qui n’est pas prêt de s’arrêter. D’ailleurs, lors de la présentation à Ingolstadt, Ullrich Baretzky, le responsable du département moteur, a promis quelques surprises. A suivre…
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Au niveau du programme sportif, deux R15 “plus plus” seront engagées aux 12 Heures de Sebring. “Apporter la R18 sur cette course, à un point si avancé dans le temps, aurait été difficile au niveau logistique et aurait interféré avec notre programme de développement » a précisé le Docteur Ullrich. La R18 fera donc ses débuts en compétition aux 6 Heures de Spa. Elle aura toutefois été vue en public avant, lors de la Journée Test des 24 Heures du Mans. Trois châssis seront alignés dans la Sarthe pour défendre la couronne décrochée en juin dernier. Deux autos seront alignées en Intercontinental Le Mans Cup (ILMC).
Anthony Megevand