Disputées dans des conditions apocalyptiques, les 10 heures de Zolder n’en ont pas moins tenu leurs promesses. L’affrontement tant attendu entre Prospeed et WRT a bel et bien eu lieu et nous a tenu en haleine 600 minutes durant. Au bout du compte, WRT, avec ses Audi, réalise le carton plein avec la victoire de François Verbist et Bert Longin tandis que la paire Kumpen-Franchi décroche le titre pour un demi-point ! Le classement de l’épreuve est ici.
C’est sous une pluie diluvienne que s’était déroulée l’unique séance qualificative. Toujours brillant dans ces conditions extrêmes, Marcel Fässler faisait parler sa science du pilotage pour offrir la pole position à l’Audi R8 LMS/WRT qu’il partageait avec Anthony Kumpen et Greg Franchi. Le Suisse devançait de plus de 5 dixièmes la Porsche 911 GT3 R/Prospeed de Goossens-Soulet-Westbrook et de près d’une seconde la voiture sœur de Ide-Maes-Lieb. Quant à la seconde Audi/WRT de Verbist-Longin-Bailly elle réalisait le 4e chrono, précédant la Kia Pro Ceed Silhouette du Chad Racing et la Viper/KRK. Moins de réussite en revanche pour Ulli Pakeisen, l’un des showmen du VLN, et son complice Van Schjindel (BMW M3 V8 E92) qui, comme beaucoup, partaient à la faute. Les dégâts étant assez conséquents, la jolie bavaroise devait déjà jeter l’éponge. La pluie redoublait d’intensité et d’immenses flaques d’eau voire même des ruisseaux se formaient ci et là sur le circuit, contraignant la direction de course à postposer le départ d’une demi-heure.
Cette longue attente était fatale à… Marc Goossens dont la Porsche 911 GT3 R peinait à démarrer ! Si bien, qu’après quatre tours passés sous voiture de sécurité, c’est en dernière position que le leader du championnat s’élançait. Tout profit pour Marcel Fässler et Marc Lieb qui pouvaient donner libre cours à leur immense talent. Le Suisse et l’Allemand se battaient comme des chiffonniers, s’échangeant le commandement au gré des tours. Seul l’étonnant Jeffrey Van Hooydonk parvenait à suivre la cadence infernale imprimée par les deux meneurs. Le grand rouquin en faisait toutefois un peu de trop et tirait tout droit en tentant de piquer Fässler au freinage du Jacky Ickx, de quoi l’obliger à repasser par la pitlane.
La météo était toujours aussi détestable et de nombreuses sorties nécessitaient une double intervention de la safety car. Ce dont profitait pleinement la Porsche 911 GT3 R de Goossens-Soulet-Westbrook pour recoller au peloton de tête. Mieux, en pointant au second rang (derrière l’Audi R8 LMS de Verbist-Longin) après 2h30 de course, la paire Gossens-Soulet profitait de la première attribution de points pour augmenter son avance au championnat sur le duo Kumpen-Franchi, grand perdant dans l’aventure. Toutefois ceux-ci ne s’en laissaient pas compter et cravachaient ferme pour remonter. Si bien qu’au moment de la seconde distribution de points, après 5h de course, les pilotes de l’Audi/WRT n°73, magistralement épaulés par Fässler ont repris les rênes de l’épreuve, précédant d’un tour la Porsche 911 GT3 R/Prospeed de Maes-Ide-Lieb et l’Audi R8 LMS de leurs équipiers Verbist et Longin.
Quant à la Porsche de Goossens-Soulet-Westbrook, pénalisée d’un drive through pour dépassement sous régime de drapeaux jaunes, elle chutait au 4e rang. Pire, le Britannique sortait peu de temps après à la chicane Villeneuve endommageant par la même occasion le radiateur de sa monture. La réparation était assez coûteuse en temps et la Porsche/Prospeed se retrouvait reléguée à 9 tours des leaders qui n’étaient plus Kumpen-Franchi-Fässler, eux aussi partis à la faute (avec toutefois nettement moins de conséquence), mais bien Verbist-Longin ! Ces derniers, sans le concours de Benjamin Bailly qui n’aura finalement pas pris le volant en course, résistaient parfaitement au forcing exercé par le trio Maes-Ide-Lieb pour décrocher leur première victoire de la saison.
Relégués en 3e position suite à leur petite mésaventure, Kumpen et Franchi n’en étaient pas moins heureux pour autant, ce bel accessit leur offrant le titre pour un…demi-point. En effet, en dépit d’un joli baroud d’honneur, Marc Goossens et Maxime Soulet devaient se contenter de la 4e place, voyant ainsi la couronne s’envoler sur le fil. Frustrant. Excellents cinquièmes s et vainqueurs en GT Open, les Hollandais Knap et Habets (Porsche 997 GT3 Cup) auront constitué la bonne surprise de l’épreuve. Ils précèdent la Dodge Viper/KRK de Van Hooydonk-Wauters-Schreurs-Vanthoor, laquelle conclu une saison difficile par une note encourageante, ainsi que la Porsche 997 GT3 Cup/Level Racing de Mattheus-Redant-Verdonck-Van Oost.
En division tourisme, belle victoire assortie d’une bien belle 8e position au général, pour la BMW 335I Coupé de Beckers-Van Samang-Van Samang, laquelle devance la BMW 120d de Belien-Cuyvers qui confirme ainsi sa brillante prestation des 24h. Petite déception en revanche pour l’Aston Martin DBRS9/BRS AMR de Moser-Schmetz-Renard-Lémeret. Guère à son avantage dans ces conditions dantesques, elle se classe à un modeste 9e rang à 15 tours des vainqueurs. Comme de coutume, la Kia Pro Ceed/Chad Racing s’est montrée aussi rapide que peu fiable. Une litanie de problèmes la renvoyant en 32e et dernière position à …129 tours ! Quant à la Lamborgini Gallardo/Argo Racing de Lagrange-De Laet-Heyer, elle fut rapidement trahie par sa suspension, sans jamais pour autant avoir été dans le coup.
Ainsi s’achève une édition des 10h de Zolder qui restera assurément gravée dans les annales. D’autant que l’an prochain, ces mêmes 10h ne devraient plus faire partie du calendrier Belcar tandis que les 24h, à contrario, y reprendront leur place…
Fabrice Bergenhuizen