FIA GT Series

Fred Makowiecki : "Trouver les ressources pour 2011!"

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Grand animateur du Championnat du Monde GT1, Frédéric Makowiecki fait partie des meilleurs pilotes de la série. Au volant de l’Aston Martin DB9 HEXIS Racing AMR, Mako a terminé second du dernier meeting de Navarra, en compagnie de Yann Clairay. Comme nous vous l’avons déjà dit dans ces colonnes, nous le verrions tout à fait dans une équipe d’usine, tant sa faculté d’adaptation aux différents autos est rapide. Champion de Porsche Matmut Carrera Cup en titre, on l’a aussi vu cette année en International GT Open sur une Ferrari F430 Scuderia Luxury Racing, avec là encore de belles performances à la clé. Avant de partir en Amérique de Sud pour les deux derniers rounds du World Championship GT1, Fred revient avec nous sur le meeting de Navarra, mais également sur sa saison.

 

Laurent Mercier : Fred, la course de Navarra t’a permis avec Yann de monter à nouveau sur le podium. Quel regard portes-tu sur ce week-end ibérique ?

Frédéric Makowiecki : « Pour nous le week-end avait mal débuté avec une boîte de vitesses cassée dès les essais libres. Sur un meeting de deux jours, le temps était compté et ce n’était pas la meilleure chose qui puisse nous arriver. L’équipe a rapidement procédé au changement et nous avons revu le set up. En Q1, je fais le sixième temps en passant un seul train de pneus neufs. Yann a fait tout ce qu’il a pu pour passer en Q3, mais en vain. J’en étais désolé pour lui car la pointe de vitesse était là. Il nous fallait donc rectifier le tir en course. Si la Course Qualificative ne nous a pas permis de terminer dans le tiercé de tête, la course de Championnat s’est quant à elle bien mieux déroulée avec une belle seconde place. Je savais que le départ était très important et qu’il ne fallait pas se louper. Le tracé de Navarra n’est pas spécialement adapté aux GT et sur un format d’une heure, le départ est primordial. Il faut aussi prendre toutes les précautions nécessaires pour passer sans encombre le premier virage car les chocs sont assez fréquents et avec des autos qui partaient dans la foulée en Amérique du Sud, il ne fallait pas prendre le moindre risque. »


Quel bilan tires-tu de ta saison avant les deux dernières manches sud-américaines ?

« Pour moi, c’est très positif car à chaque course tout le monde emmagasine de l’expérience et toute l’équipe fait un super travail lors des ravitaillements. Nous comprenons l’auto de mieux en mieux, sachant que nous n’avons pas fait de vraies séances d’essais, comme peuvent le faire d’autres teams. Il reste deux meetings pour monter sur la plus haute marche du podium et gagner serait la cerise sur le gâteau. A Silverstone, la victoire était proche, tout comme Spa-Francorchamps et le Nürburgring où la performance était bien là. Avec 24 autos en piste, il n’est pas évident de se faire une place et les courses sont rudes. Je connais le tracé de San Luis où j’ai roulé avec la Saleen Larbre Compétition il y a deux ans. J’étais parti de la première ligne mais nous n’avions pu concrétiser en course. C’est un circuit que j’apprécie mais où il n’y a qu’une seule trajectoire. »

 

« Il nous faut maintenant terminer notre apprentissage 2010 et trouver les ressources pour 2011. Pour ma part, je souhaite poursuivre l’aventure avec HEXIS Racing AMR. C’est une belle aventure humaine et il sera intéressant de jouer le titre. Pour nous, la seule référence est Young Driver AMR et nous n’avons pas à rougir. Nos liens sont étroits avec Aston Martin AMR et je suis content de montrer de quoi je suis capable. Des gens croient en moi et je fais tout mon possible pour les récompenser. Bien entendu, être pilote officiel d’une marque est l’objectif. »

 

A deux manches de la fin de cette première saison du World GT1, la série est bien lancée selon toi ?

« On peut toujours trouver des choses à redire, notamment au niveau de la médiatisation. Le produit est top, les courses sont disputées, le format est bon, mais on nous voit jamais dans les médias. Maintenant, la Balance de Performance est équitable, sachant que ces autos ne sont pas conçues pour des courses d’une heure. Il faudrait aussi certainement revoir l’utilisation des pneus avec ce nombre de trains limités. Il serait peut-être plus judicieux de limiter les essais privés et de rouler plus en essais libres sur les meetings. Nous savons tous que ce championnat n’est pas de l’endurance et les équipes travaillent différemment. Il faut féliciter les douze teams inscrits. Tout le monde fait des efforts et mouille la chemise. »


Le bilan est plus négatif en Championnat d’Europe GT3 sur l’Aston Martin DBRS9 ?

« Pour nous l’objectif était clairement le titre mais la Balance de Performance ne nous a pas aidé. L’auto était compliquée à piloter pour un gentleman, et Manu (Rodrigues) a parfaitement rempli son rôle. L’auto était bonne mais inférieure aux autres. En fait, le seul équipage respectant pro/am devant nous était Marco Holzer et Paul van Splunteren. Je pense que si tout le monde avait respecté cette donne pro/am, nous aurions été champions en 2009. Pour en revenir avec la Balance de Performance, je sais bien que ce n’est pas évident de faire une bonne équivalence et pourquoi un pilote amateur ne serait pas impliqué dans ces essais pour équilibrer les autos… Il est bien de tenir compte de l’avis du pilote professionnel, mais réunir l’avis des deux serait peut-être une idée à creuser. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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