La Nissan GT-R est une auto qui fait rêver. Si quatre modèles sont engagés en Championnat du Monde GT1, la marque nipponne est également partenaire de la série, en tant que voiture de sécurité. Sitôt les essais qualificatifs terminés, Henri Moser a gardé son casque et sa combinaison pour nous emmener faire un tour du tracé de Navarra, long de près de quatre kilomètres. Avec près de 500 chevaux sous le capot, le V6 biturbo devrait respirer, malgré un tracé sinueux. Champion d’Europe GT3 en 2007, le Suisse a ensuite poursuivi dans la catégorie supérieure au volant d’une Ferrari F430, que ce soit en FIA-GT ou en International GT Open. Changement de cap cette saison avec un baquet en Championnat du Monde GT1 sur une des deux Nissan GT-R Swiss Racing Team en compagnie de Karl Wendlinger.
Une fois le casque vissé sur la tête, nous prenons place à côté de notre pilote d’un jour, sorti peu de temps avant de sa version de course. Nous quittons le box 28, au moment où Seiji Ara s’installe au volant d’une autre GT-R. En empruntant la pitlane, Henri nous précise bien que l’auto est entièrement de série, le tout en respectant scrupuleusement la limitation à 60 km/h. Le premier virage est tellement proche que l’on se dit que l’accélération n’aura pas le temps d’être brutal. Erreur, grave erreur même, tant les vitesses sont montées rapidement jusqu’au premier droit. La Nissan s’inscrit dans la courbe avec une légère dérive, contrôlée à la perfection par Henri. Il en devient même difficile de voir où nous sommes sur le circuit, tant les virages sont nombreux. Une chose est sûre, une Nissan GT-R, ça accélère très fort mais ça freine aussi très fort. Quant au couple, il est carrément digne des meilleures grosses GT. Malgré toute la bonne volonté de son pilote, la Nissan tient le cap et la boîte de vitesses réagit à merveille. Il le faut vu le nombre de changement de vitesses. On peut voir que les dépassements en course ne seront pas évidents, avec des épingles qui se suivent. L’auto s’inscrit toujours à la perfection à quelques millimètres des vibreurs, avec un pilotage toujours coulé. On sent bien que le pilote et l’auto font corps et que Henri est très loin d’être un débutant au volant d’une GT-R.
Malheureusement, un tour c’est court et il faut emprunter la voie des stands. Une dernière grosse accélération avant le panneau « 60 ». D’où ma question à Henri : « On arrête juste pour le carburant et les pneus. On repart hein ? » Aïe, ce n’est pas prévu… Je me suis dit qu’il devait être fatigué après trois séances d’essais et que je pouvais donc le remplacer derrière le volant. Hein ça aussi, ce n’était pas prévu. Bien dommage ! Après avoir testé l’Ascari KZR-1, la Porsche 911 GT3 Cup S, la Ferrari F430 et la Corvette Z06, la Nissan GT-R est certainement celle qui nous a procuré le plus de sensations, et pour un prix bien inférieur à une Porsche ou une Ferrari. Nissan sort d’ailleurs une nouvelle version de plus de 500 chevaux, dont l’une était exposée dans le paddock. Cette auto n’a pas un look, elle a une gueule…
Merci à Henri Moser pour cette belle expérience ainsi qu’à Nissan et Lindsay Morle.
Laurent Mercier