Victorieux des treize dernières manches du VLN, l’ogre Porsche a enfin trouvé son maître en la personne de… Mercedes ! Alors qu’elles n’en étaient qu’à leur deuxième apparition dans la série, les flèches d’argent n’ont pas fait dans la dentelle. Pole position pour le binôme Mamerow-Schneider, meilleur tour en course et victoire pour le tandem Jäger-Haase. N’en rajoutez plus la coupe est pleine. Seconde, la Porsche 911 GT3 R/Manthey Racing de Bernahrd-Klasen-Luhr n’a pas démérité pour autant et devance la BMW Z4 GT3 de Adorf-J.Müller, laquelle complète un podium de bien belle facture. Les résultats sont ici.
Disputée dans des conditions très typées Nürburgring (pluie et brouillard), la séance qualificative a été dominée par l’étonnante Porsche 911 GT3 R de Manuel Lauck. Ce dernier a trôné durant de longues minutes en haut de la feuille des temps, précédant un excellent Dirk Adorf de seulement six dixièmes de secondes. Cependant, ce diable de Chris Mamerow allait mettre tout le monde d’accord en toute fin de séance, offrant à la Mercedes SLS GT3, alignée conjointement par la structure familiale et AMG, une pole retentissante. Dans un ultime coup de rein, Frank Stippler (Audi R8 LMS/Phoenix) tentait bien de renverser la situation mais il ne parvenait qu’à s’intercaler entre Lauck et Adorf. La seconde Mercedes de Jäger-Haase, alignée par l’écurie Black Falcon avec également le concours de AMG, réalisait le 7e chrono tandis que les Porsche Manthey étaient à la peine. La « Haribo » de Arnold-Westbrook-Menzel devait se contenter d’un modeste 11e chrono juste devant la voiture soeur de Bernhard-Klasen-Luhr.
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Cette dernière n’aillait toutefois pas tarder à retrouver des couleurs. En effet, le départ était à peine donné que Lucas Luhr effectuait une terrible percée au sein du peloton des favoris. C’est cependant Chris Mamerow qui prenait le meilleur envol, précédant un Frank Stippler très incisif et un Manuel Lauck, décidément très à son affaire. Stippler trouvait assez rapidement l’ouverture sur Mamerow et s’emparait du commandement. A l’issue du 4e tour, le pilote Phoenix ne comptait toutefois que 1,5 seconde d’avance sur la Mercedes du Mamerow Racing. Lauck, 3e, pointait à seulement 4 secondes, précédant Jäger, Adorf et Luhr, auteur d’une fantastique remontée. Malgré les conditions climatiques dantesques, les pilotes ne ménageaient pas leur peine et nous proposaient, comme de coutume, un spectacle de toute beauté. Peu avant l’heure de course, Mamerow était malencontreusement impliqué dans un carambolage et devait malheureusement quitter la scène, la suspension de sa Mercedes étant fortement endommagée.
Lucas Luhr n’en avait cure et poursuivait sa marche en avant, s’emparant carrément du leadership avant de céder le relais à Timo Bernhard. Si tous les ténors ravitaillaient quasi simultanément, Stippler restait deux boucles supplémentaires au volant. L’Audi R8 LMS/Phoenix, désormais pilotée par Marc Basseng, ne sortait cependant des stands qu’en…quatrième position, 3 dixièmes de seconde derrière la Porsche/Manthey de Bernhard, laquelle était précédée de 8 secondes par la…Mercedes de Haase-Jäger et la Porsche 911 GT3 R/Haribo de Arnold-Westbrook-Menzel, revenue du diable vauvert ! Le duo Illbruck-Lauck se postait au 6e rang, précédant la BMW Z4 officielle de Jörg Müller, en délicatesse sur une piste ayant tendance à s’assécher.
Richard Westbrook, déchaîné, prenait la tête au 11e tour avant de rentrer au box pour chausser des pneus slicks. Basseng et Bernhard faisaient de même ! Un choix peu judicieux, la pluie redoublant d’intensité ! Marc Basseng se faisait d’ailleurs surprendre et sortait pour le compte. La Mercedes SLS GT3 de Jäger-Haase ne demandait pas son reste et se ménageait un avantage non négligeable de 1’40 sur la BMW Z4 GT3 de Jörg Müller, grande bénéficiaire de tous ces évènements. S’en suivait une superbe passe d’arme entre ce même Müller et Richard Westbrook. Bien que mal chaussé, le Britannique mettait une grosse pression sur l’officiel BMW. Las, la mécanique faisait des siennes mettant fin prématurément au « Westy show ».
De nouveau chaussée de pneus pluie, la Porsche 911 GT3 R/Manthey dynamitait la fin d’épreuve. Après avoir pris le meilleur sur la BMW Z4 GT3 officielle, Timo Bernhard se lançait à la poursuite de la Mercedes/Black Falcon. A raison de 10 secondes par tour, le dernier vainqueur des 24h du Mans fondait sur sa proie. Si bien qu’à l’issue du 21e tour, l’écart entre les deux leaders n’était plus que de 9 secondes !
Hélas de fortes giboulées s’abattant du côté de Hocheiden contraignaient la direction de course à interrompre l’épreuve avant son terme, nous privant d’un final à couper le souffle. Quoiqu’il en soit la Mercedes SLS GT3 de Thomas Jäger et Christopher Haase remportait une première victoire loin d’être usurpée, tant la démonstration des flèches d’argent fût impressionnante. Nul doute que le carnet de commande de Norbert Haug va de nouveau gonfler ! D’autant que Mercedes ne s’était plus imposé en VLN depuis…1998 ! Brillante seconde la Porsche 911 GT3 R/Manthey de Bernhard-Klasen-Luhr aura une fois de plus copieusement animé les débats. Plus à l’aise sous la forte pluie que sur le gras mouillé, la BMW Z4 GT3 de Dirk Adorf et Jörg Müller n’en décroche pas moins son premier podium en VLN. De bon augure pour la suite !
Quatrième, la Porsche 911 GT3 R/Wochenspiegel de Kainz-Weiss-Jacobs a réalisé l’une de ses plus belles prestations de la saison, devançant de peu la Porsche 911 GT3 Cup des excellents Dennis et Marc Busch et l’Audi R8 LMS/Black Falcon de Heyer-Breslin-Breslin, lesquelles sauvent quelque peu l’honneur d’une marque aux anneaux décidément maudite en cette année 2010. Notons enfin la belle remontée de la Porsche 911 GT3 R/Manthey de Hahne-Krumbach-Gindorf qui, après des débuts pour le moins délicats, sont parvenus à obtenir une méritoire 7e position. Très en verve durant la première heure, la Porsche 911 GT3 R de Illbruck-Lauck a, en revanche, perdu pied et doit se contenter d’un 12e rang peu en rapport avec son potentiel.
Dixième et dernière manche à ne manquer sous aucun prétexte le samedi 30 octobre.
Fabrice Bergenhuizen

