Seul concurrent européen à participer à la deuxième manche de l’Intercontinental Le Mans Cup en LMP2, OAK Racing a disputé à l’occasion du Petit Le Mans sa première course en American Le Mans Series. Une première qui s’est achevée par une troisième place en catégorie. De quoi satisfaire Jacques Nicolet, qui nous a accordé quelques minutes après l’arrivée. Tout sourire…
Jacques, le sixième podium cette saison pour OAK Racing, pour les premiers pas du team aux USA, doit te rendre particulièrement heureux ?
« Oui c’est clair. Si on avait parlé d’un tel résultat lorsque l’on s’est croisé plus tôt dans la semaine, je ne l’aurais pas cru. Je ne regrette pas ce déplacement. Cela récompense une nouvelle fois un très bon boulot d’ensemble de l’équipe, pour une grande première en ALMS. Nous avons commis une seule erreur, un dépassement de la vitesse autorisée dans les stands, ce qui nous a coûté un stop&go. Durant toute la semaine, nous n’avons pas eu un seul problème mécanique, ce qui montre le niveau de préparation de l’auto, alors que nous n’avons eu très peu de temps pour l’embarquer après Silverstone. Je suis très content et fier de l’équipe. »
Le défi était pourtant de taille avec deux pilotes qui n’avaient pas ou peu d’expérience de la Pescarolo…
« Mes coéquipiers ont été irréprochables. Tous les trois, nous sommes restés sur la piste, avec un rythme correct. Au final, nous terminons dans les dix premiers, à la troisième place du LMP2 et avec la victoire en ILMC. Je crois que nous sommes assurés du titre : nous irons donc à Zhuhai l’esprit libéré.
« C’est une nouvelle belle histoire, notamment sur le plan humain. J’ai embarqué deux amis avec moi et le fait qu’on y arrive ensemble est une vraie satisfaction. Quand je vois dans leurs yeux leurs rêves de gosse se réaliser, c’est une belle récompense. »
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As-tu douté ?
« Honnêtement, oui à un moment. Quand j’ai vu la piste, alors que le team venait avec deux nouveaux gentlemen-drivers, dont un qui n’avait jamais couru en LMP2, et le second qui n’avait fait que dix tours à Magny-Cours, j’ai eu comme une petite inquiétude. Après quelques tours, ça allait déjà mieux. Mais il y avait 45 autos sur un circuit finalement court, de nouvelles règles pour le team, les régimes sous safety car à gérer… Cela faisait beaucoup et c’est ce qui rend le résultat encore plus fantastique ! »
Tu évoques les neutralisations. Vous avez été plutôt prudents lors de ces phases…
« C’est vrai. Nous n’avons pas pris le moindre risque, ni sous safety car, ni à d’autres moments. Au départ, je n’ai pas cherché à jouer des coudes. J’ai évité tout incident et j’ai repris ma place au fur et à mesure. Nous avons géré en gardant une marge de sécurité. Ce n’était pas simple. A titre d’exemple, j’avais déjà pris un départ, mais jamais en pneus froids. Et cela change la donne… Sans compter que lors des restarts, le peloton est quand même bien plus chaud qu’en Europe ! »
Qu’as-tu pensé de l’ambiance ?
« J’ai été très séduit. J’ai découvert une nouvelle ambiancer. Il faut se mettre dans le bain, se plonger dans cette atmosphère. Et quand on y est, elle est très agréable. Indépendamment du résultat, cela donne vraiment envie de revenir ! »
Parlons tout de même des choses qui fâchent : les règles… (La Pescarolo était la seule LMP2 à évoluer au règlement ACO-2010)
« Il y a une différence au niveau des pilotes, avec des équipages 100% professionnels comme chez Highcroft. Je ne le conteste pas. Mais nous avions tout de même un temps de référence avec le chrono établi par Matthieu Mahaye en essais, après une trentaine de tours. Il y a cinq secondes d’écart. Du coup, il n’y a pas de discussions : la réponse me paraît évidente. Et comme pour les Formula Le Mans évoluaient avec des brides plus grandes… »
J’imagine que ce problème devra être réglé pour 2011 ?
« J’imagine aussi ! S’il n’est pas réglé d’une façon ou d’une autre, je ne vois pas comme l’ILMC est possible. Ou alors il faut suffisamment de concurrents pour qu’il y ait une course dans la course. Mais je ne crois pas que ce soit la but du jeu. Il faut trouver une solution pour que chacun court dans les mêmes conditions. »
Une partie de l’écart s’explique certainement par la découverte du tracé. Cela a dû être intéressant pour l’équipe…
« Dans la période de développement actuelle, je ne regrette absolument pas cette venue sur un nouveau circuit. Ne serait-ce que pour l’apprentissage, notre amélioration de la connaissance de l’auto, nos premiers pas dans une course à l’américaine. Cette semaine a été très instructive. Nous n’avons pas encore eu le temps de débriefer, mais le bilan sera très enrichissant. »
Un dernier mot à ajouter ?
« J’ai été surpris par l’accueil du public. De nombreuses personnes sont venues nous voir, y compris pour nous remercier d’être là. Je dois dire que je n’ai pas l’habitude de voir cela en Europe. Cette chaleur humaine, à tous les niveaux, elle est vraiment appréciable. »
Anthony Megevand


