Pour la première fois depuis son arrivée en American Le Mans Series, le Robertson Racing aligne deux Ford GT à l’occasion de la finale du championnat, le Petit Le Mans. Pilotée par Rob Bell, Anthony Lazzaro et le fidèle David Murry, la n°04 a rejoint la n°40 confiée à Craig Stanton, Andrea Robertson et David Robertson. Ce dernier a évoqué avec nous l’avenir du team. Avenir qui passera par l’ALMS… et Le Mans.
David, comment a débuté ce meeting pour vous ?
« En fait, elle a commencé dès samedi avec les essais privés, durant lesquels notre deuxième Ford a fait ses premiers tours. Mercredi, j’appelais l’atelier et on me disait qu’elle était prête. Puis jeudi, je commençais à entendre le moteur tourner… Et enfin, nous avons passé quatre pneus samedi et dès son premier relais, elle a tourné en 1.22 ! Dès le début, elle a vraiment été très rapide. »
Du coup, quelles sont vos ambitions pour ce week-end ?
« Durant les essais, nous avons vu que la Ford n°04 est dans le coup. Hier, elle a longtemps été juste derrière les Ferrari de Risi Competizione. Le but est donc de jouer un vrai rôle en course. Nous pouvons le faire, même si en compétition automobile tout peut très bien s’arrêter au premier virage. Nous devons obtenir un bon résultat pour séduire des partenaires. Cela pourrait nous permettre de concrétiser notre projet pour 2011. Cela ne sera pas le cas de la n°40 qui est dans une configuration différente. »
Quelles sont ces différences ?
« Il y a d’abord la répartition des masses qui est plus favorable sur la n°04. Comme la n°40 a également été accidentée par le passé, elle a été réparée et elle est en conséquence plus lourde. Le moteur est identique à la base, mais les matériaux sont différents puisque la n°04 roule au Bio-Ethanol E85 alors que la n°40 carbure à l’E10. Cela permet à la n°04 d’avoir un réservoir plus grand et d’avoir une puissance plus importante. Pour l’aéro, elles sont globalement identiques, hormis des choix de set-up. Nous roulons ici dans une configuration relativement chargée : les appuis sont plus importants dans les courbes que la traînée dans la ligne droite. »
Depuis la coupure du Mans, vous avez changé de préparateur moteur. Pourquoi ce choix ?
« Nous voulions un développement agressif au niveau du moteur. Or, Roush Yates a beaucoup d’autres sollicitations de par leurs différents engagements. Nous avons donc opté pour Elan, qui a débuté le développement souhaité. Cela commence par l’E85 qui, comme je l’ai dit, nous permet de bénéficier de plus de puissance. Bien évidemment, nous nous attendons à rencontrer quelques problèmes. Peut être au niveau du refroidissement, peut être à d’autres niveaux. »
L’autre point majeur, c’est le passage en soufflerie…
« Exact. Ford nous a aidé pour la première fois et nous a permis de passer en soufflerie et sur un banc cinématique. Ce passage en soufflerie a été plutôt encourageant pour l’équipe : il a surtout confirmé que les choix faits étaient les bons ! D’autres passages sont programmés et nous travaillons désormais sur la modélisation d’un modèle en CFD. L’hiver sera donc chargé. »
Matech va également développer une Ford GT2. Qu’en pensez-vous ?
« Je suis plutôt curieux de voir cela. Nous avons l’homologation du modèle original, donc ils doivent procéder à une nouvelle homologation et nous demander notre accord. Je suis en tout cas impatient de voir leur version. Ça va être intéressant. La situation devrait être similaire pour ACS Express, qui a également une version différente. »
ACS va faire son propre développement ? Pourquoi ne pas tous s’unir ?
« Oui, je crois que ACS est ici pour voir, avant d’apporter des évolutions à leur voiture, qui est le châssis utilisé il y a deux ans par Black Swan Racing. Il me semble qu’ils souhaitent qu’ils veulent faire certains développements et ils auront besoin d’une homologation. Ce sont des gens agréables. On pourrait faire des choses ensemble, en commun. Mais vous savez, nous sommes tous des compétiteurs : chacun veut battre l’autre. »
Parlons un peu de 2011. Quel est votre souhait ?
« Nous désirons aligner deux voitures à temps complet en American le Mans Series et si possible aux 24 Heures du Mans. Ce sera en tout cas le cas à Sebring, avec la Ford n°40 qui sera mise dans la même configuration que la n°04, c’est à dire avec toutes les évolutions dont l’E85. Il y en aura une avec un pro et deux gentlemen-drivers, Andrea (Robertston) et moi. Et il y en aura une avec un équipage 100% professionnel. Nous voulons engager ces deux autos, mais si nous devons faire un choix, nous nous concentrerons sur la voiture « pro ». »
Cela veut dire que vous pourriez ne pas rouler votre femme et vous pour privilégiez l’auto de pointe ?
« Je veux faire tout ce qu’il faut pour démontrer la vitesse de notre Ford. C’est en étant compétitif que nous parviendrons à séduire des partenaires et à accomplir notre but : faire courir ces deux Ford aux 24 Heures du Mans 2011, qui est mon rêve absolu. »
Quel est votre avis sur l’ILMC ?
« Je suis un supporter de toutes les séries Le Mans, de tout ce qui peut aider au développement de l’Endurance et procurer du plaisir aux concurrents. D’ailleurs, nous étions allés à Okayama pour ces raisons. Néanmoins, nous devons faire du développement cet hiver et cela a un coût. Je préfère donc que l’équipe travaille sur ces évolutions. »
La priorité, ce sont les USA et Le Mans plutôt que l’ILMC…
« A court terme oui. A moyen terme, l’idée est un peu la même. Mais la priorité ce sera de développer l’aspect marketing du team car en tant que team privé, nous ne pouvons pas auto-financer le projet. Nous avons besoin de budget pour les années à venir. »
Anthony Megevand