Seul Français engagé en Star Mazda Championship, Tristan Vautier pointe cinquième au championnat, avant le dernier meeting de Road Atlanta. Après une saison 2009 en Formula Palmer Audi achevée par une belle quatrième place en fin de saison, l’Isérois a également pris part au dernier meeting de Formule 2 ainsi qu’à une manche du Championnat de France GT3. L’an prochain, Tristan compte bien renouveler l’aventure américaine avec en prime une possible participation aux 24 Heures du Mans. Quoi de plus normal quand on est le filleul de Jérôme Policand…
Laurent Mercier : Tristan, comment se passe l’adaptation américaine ?
Tristan Vautier : « Le sport automobile est très populaire aux Etats-Unis et les philosophies des courses sont différentes de l’Europe. Déjà, les circuits n’ont rien à voir. En Europe, tout est lisse et ici les différences de relief font partie du paysage. Les murets sont tellement proches de la piste qu’une erreur se paie cash. Les fans sont tous passionnés et les demandes d’autographes sont nombreuses. Le public peut s’approcher des autos et la communication est toujours présente. Au niveau de l’équipe, l’avis du pilote est certainement plus pris en compte, alors qu’en Europe, l’ingénieur joue un rôle plus important. Dès mon arrivée, le team Andersen Racing m’a de suite bien accueilli, si bien que j’ai rapidement pris mes marques. »
Pour cette première année outre-atlantique, le bilan est donc positif ? A quoi peut-on comparer la Formula Mazda en Europe ?
« Je ne peux qu’être satisfait de ma saison avec deux victoires. Dès mon premier départ à Sebring, j’ai remporté la course, montrant une belle faculté d’adaptation. Malheureusement, trois casses mécaniques m’ont empêché de jouer le titre à fond. Je suis maintenant à 16 points du podium et je vais tout faire pour terminer au troisième rang, soit meilleur rookie. Pour ce qui est de l’auto, elle se situe entre une Formule Renault et une Formule 3, mais tout de même plus près d’une F3. Dans l’échelle du sport auto, c’est l’équivalent d’une GP3. Le niveau est très relevé dans le top 5. Il me fallait apprendre très vite pour montrer mon potentiel. Nous avons cinq meetings communs avec l’ALMS, deux avec l’IndyCar et un le même week-end que les 500 Miles d’Indianapolis sur un circuit voisin. »
Pourquoi être venu aux Etats-Unis ?
« Après une saison en Formula Palmer, je souhaitais monter en catégorie et je regardais depuis pas mal de temps du côté de la Star Mazda. Mon but est de monter en Indy Lights, sachant qu’à l’origine, le vainqueur de la saison devait avoir un volant pour 2011. Finalement, le champion se verra offrir une année en Grand-Am sur une Mazda RX8. Je vis actuellement en Floride à Tampa où est basé mon team. Avant d’arriver ici, je n’avais fait que trois jours d’essais à Sebring. Mon but est de passer pilote professionnel et je vais tout faire pour rouler en 2011 en Indy Lights, soit l’antichambre de l’IndyCar Series. J’ai quelques opportunités, notamment avec mon équipe actuelle ainsi qu’avec Andretti Autosport. Je vais aussi faire mon maximum pour prendre part aux 24 Heures du Mans. »
« Sans aucun doute et j’espère bien le réaliser dès l’an prochain. Je suis l’épreuve depuis 2005 comme spectateur et j’ai toujours eu envie de prendre part à cette course. C’est un endroit magique et il est clair que j’aimerais être au départ avec mon parrain Jérôme (Policand). Piloter un prototype serait l’idéal mais pour le moment c’est encore un peu tôt pour en parler. Faire un programme annexe en Endurance pourrait être une solution mais il faudra aussi regarder du côté des clashs de dates. »
Propos recueillis par Laurent Mercier
