American Le Mans Series

Intersport Racing : Présent et avenir avec Jon Field.

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Jon Field est un homme passionné, cela ne fait aucun doute. Après une bonne première séance, le patron-pilote du Intersport Racing nous accueille avec sourire. L’entretien est un peu à l’image de l’atmosphère qui règne dans le paddock : agréable et chalheureuse. Le dialogue est franc, le plaisir de jouer des coudes avec Audi et Peugeot avec sa modeste Lola-AER évident. Jon Field, dont l’équipe aligne en parallèle deux Formula Le Mans et deux IMSA Lites, évoque avec nous le présent et le futur de son team, fidèle parmi les fidèles de l’American le Mans Series.

 

Jon, cinquième chrono des tests derrière les Usines, c’est plutôt une bonne entrée en matière…
« En fait, c’est même la première position pour nous (rire) ! Sérieusement, la séance s’est bien passée. L’équilibre de l’auto est plutôt bon et les pneus Dunlop fonctionnent bien dans ces conditions. Il faut continuer dans cette voie et avoir des sessions claires. »

 

Quel est l’objectif ce week-end ? Premier des non-Diesels ?
« Simplement finir. Je pense que si nous terminons sans connaître de problème, nous ne serons pas si loin que ça. En fait, on doit se battre avec nous-même. La Lola est toujours bien balancée, particulièrement sur les circuits rapides comme Road Atlanta. Le AER est un bon moteur : nous devons simplement avoir la fiabilité. AER sait ce dont on a besoin et donc ce qu’il faut faire durant la prochaine intersaison pour régler les problèmes. »

 

Vous avez souvent été très rapide cette saison, mais vous n’avez pas pu concrétiser par un résultat. Quel est le meilleur souvenir jusqu’à présent ?
« Mid-Ohio est un des bons moments. Long Beach aussi. En fait, nous avons été performants partout. Clint (Field, le fils) a mené durant tout son relais à Laguna Seca. Il était aussi très bien à Salt Lake City…Mais l’an prochain, nous voulons gagner ! »

 

A propos de la saison prochaine, si on lit entre les lignes, vous continuerez avec AER…
« C’est ce qui est programme. Nous sommes également heureux de notre collaboration avec Dunlop, qui sont de mieux en mieux. Nous aimons Lola donc nous allons continuer à travailler sur le modèle actuel, avec des évolutions. Nous avons pensé au Coupé Lola, qui est magnifique, mais j’aime aussi la version ouverte. Nous avons un package qui nous satisfait. »

 

Intersport est un team bien établi en ALMS, mais qui reste privé. N’est-ce pas difficile de se battre contre des équipes telles que Highcroft ou ici Peugeot et Audi ?
« Si, ça l’est. Mais il faut faire avec ce que l’on a. Nous n’empruntons pas les mêmes chemins. Bien évidemment, comme tout le monde, on aimerait être avec un constructeur mais ils font leurs choix. Je pense que nous sommes désormais une équipe reconnue. L’objectif a toujours été de gagner et nous avons montré cette saison que nous avions la vitesse pour. »

 

Il y a souvent deux philosophies. Etre rapide et améliorer la fiabilité, ou être fiable et améliorer la compétitivité. Vous optez donc pour la première solution…
« Exactement ! Cela fait vingt ans que je cours et je privilégie toujours la vitesse. D’une part, je pense que ce sera toujours difficile de gagner des secondes avec une voiture qui n’est pas dans le coup à la base. Ensuite, c’est plus gratifiant de se monter rapide. C’est en quelque sorte une récompense de se montrer aux avant-postes, même si il arrive d’abandonner. »

 

Qu’est ce qu’il vous manque aujourd’hui ? Le moteur ?
« Je ne veux pas blâmer AER, mais oui c’est dans ce secteur que nous devons progresser. Mike Lancaster le sait  et le travail à faire est clair. Le Bio-Ethanol nous permet d’avoir plus de puissance, mais le moteur n’a pas été conçu pour cela. Nous devons donc travailler sur ce point. »

 

En parallèle, Intersport est présent en Formula Le Mans. Vous engagez d’ailleurs deux FLM pour la première fois ce week-end…
« C’est exact. C’est en prévision de 2011, où nous souhaitons aligner deux Formula Le Mans en LMPC, en tout cas sur les courses longues. Ce pourrait être avec les frères Downs, avec qui nous sommes en discussions. Ce sera un grand palier pour eux. Sur la première auto, Kyle Marcelli est notre pilote de pointe. En fait, ce serait plus simple pour nous d’aligner trois voitures – une LMP1 et deux FLM -  plutôt que deux. Nous avons désormais une bonne équipe, avec plus de dix employés à temps plein et environ trente personnes sur un meeting comme celui-ci où nous faisons courir également deux autos en IMSA Lites. »

 

Vous semblez satisfait du concept du LMPC ?
« Oui, c’est vraiment quelque chose de bien. Les Formula Le Mans sont des vrais protos, performants et très fiables. Elles sont abordables et plus faciles d’accès pour les pilotes que des LMP1 qui font 700 chevaux, tout en étant plus compétitives que des GT. »

 

Vous avez une véritable filière avec une présence en IMSA Lites, LMPC et LMP1. Cela peut-il conduire à l’engagement d’une seconde LMP1 ?
« Tout est une question de budget. Si un de nos pilotes trouvent le financement nécessaire, nous serons d’accord ! »

 

Quelle est la place des LMP2-2011 dans cette hiérarchie ?
« Je pense que c’est un pas dans la mauvaise direction. Selon moi, ces voitures seront trop proches des Formula Le Mans. »

 

D’un point de vue personnel, j’ai toujours pensé qu’une catégorie unique en Protos serait la meilleure solution, quitte à avoir une catégorie mono-marque pour les teams ou pilotes souhaitant prendre leurs marques…
« Je suis complètement d’accord. Aujourd’hui, j’ai l’impression que l’Aco veut le LMP1 pour les Constructeurs et le LMP2 pour les Privés. Mais nous, nous voulons nous battre avec les Usines. Lors des tests, je me suis retrouvé côté à côté avec une Peugeot. Et je peux vous dire que je n’ai pas lâché parce que je suis un combattant. Je préfère finir cinquième derrière Peugeot et Audi que premier devant une concurrence plus faible. »

 

Dernière question, que pensez-vous de l’ILMC ?
« Je suis un grand supporter du Mans et de l’ALMS, mais pour nous ça ne marchera pas. Cela représente des voyages trop importants. Nous sommes basés aux USA et notre grand objectif, c’est Le Mans. Pour l’ILMC, c’est compliqué d’un point de vue financier et logistique. Il faut déplacer la voiture, les structures, les employés. Et durant tous ces voyages, ils ne sont pas à l’atelier. C’est vraiment difficile pour un team comme le notre. »

 

Le Mans, Intersport pourrait donc y revenir ?
« C’est notre souhait. C’est la plus grande course, tout simplement, et nous y avons de bons souvenirs. Clint avait gagné en LMP2. j’espère y retourner. Pour cela, nous devons obtenir une invitation. »

 

Anthony Megevand

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