Tout comme les 3H Protos, les 3 Heures de Dijon GT/Tourisme ont offert un spectacle de toute beauté, à une différence notable près, puisque les animateurs de la course sont pratiquement tous à l’arrivée. La lutte entre les leaders du Challenge, Thierry Perrier et Jean-Paul Pagny (Ferrari 430 Perspective Racing n°1) et leurs dauphins actuels, Christophe Bourret et Pascal Gibon (Porsche 997 RSR IMSA Performance Matmut n°76), a été intense, le dernier mot revenant à la Ferrari en dépit d’une figure de style fortuite de Thierry Perrier dans les derniers instants de la course.
Qualifications
La superbe Ferrari rouge (qui porte les stickers de E-I, rappelons-le) a réussi le carton plein en Bourgogne puisque Thierry Perrier avait décroché la veille la pole position sur une piste humide et piégeuse mais sur laquelle les qualités de la Ferrari et de son pilote pouvaient s’exprimer au mieux. La Ferrari partageait la première ligne avec la Mosler MT900 du Ruffier Racing, Xavier Pompidou étant néanmoins à 1″4 de Thierry Perrier. Les Porsche monoplisaient la deuxième ligne, Miguel Langin étant troisième avec la Porsche 996 RSR Polybaie n°14, devant la Porsche 997 RSR de Pascal Gibon, quatrième. Olivier Baron avait réussi une belle performance en signant le cinquième chrono avec sa Porsche 997 Cup n°49 devant la belle Viper GT3 n°47 de Pierre-Alain France.
La course
Prenaient le premier relais sur les deux premières lignes : JP Pagny sur la Ferrari n°1, Gabriel Abergel sur la Mosler n°5, Miguel Langin sur la Porsche n°14 et Pascal Gibon sur la Porsche n°76. Abergel passait Pagny et était en tête dans la descente menant vers le gauche de la Bretelle, avec dans son échappement Pascal Gibon et la Porsche IMSA qui avait pris un départ canon et dépassé lui aussi la Ferrari, tandis que Miguel Langin était presque au contact. Gibon ne s’arrêtait pas en si bon chemin et prenait le commandement de la course avant même la fin du premier tour.
Gibon adoptait un rythme effréné et s’envolait, avec près de sept secondes d’avance au bout de quatre tours sur ses poursuivants, dans l’ordre Abergel, Langin, France et Pagny, parti prudemment, la Ferrari ayant besoin de temps pour mettre les pneus à température. Langin parvenait à prendre le meilleur sur la Mosler, bientôt menacée également par la Viper de Pierre-Alain France. L’avance de la Porsche IMSA était réduite à néant car le safety-car entrait en piste à la suite d’un accrochage. La Mosler n°5 de Abergel en profite pour ravitailler, stratégie judicieuse, la Mosler du Ruffier Racing accédant par la suite à la deuxième place provisoire en ayant perdu le minimum de temps sur la concurrence.
Le restart était donné après trente minutes de course. Dix minutes plus tard, la Porsche n°14 rentre au ralenti au stand sur pépins mécaniques. Pascal Gibon a une avance confortable sur la Viper bleue de P-A France. Pagny (Ferrari n°1) est troisième, Pascal Milesi (Porsche 993 GT2 CERT 99 n°52) quatrième, Eric Van de Vyver (Mosler VdeV n°11) cinquième après un beau début de course, Thierry Stepec (Porsche n°49) sixème, Damien Kohler (Mosler n°16) septième, Philippe Charriol (Touring Cup n°94), huitième, Anne-Sophie Nourry (Porsche Cup n°133) neuvième et Alloin (Porsche Cup Almeras n°67) complète le Top 10.
Abergel reçoit un drive through pour infraction sur la pitlane lors de son nouveau départ après les vérifications d’usage. Miguel Langin reprend la piste, mais la Porsche n°14 a perdu énormément de temps au stand et est très loin dans le classement. Gibon est un solide leader avec une dixaine de secondes d’avance sur la Viper de France alors que Pagny revient méthodiquement sur la Viper. Cependant, la Ferrari est la première à s’arrêter pour ravitailler et Thierry Perrier monte à bord pour relayer Pagny. Milesi devient troisième, mais il stoppe également peu après. Derrière Gibon et France, la lutte est chaude entre Eric Van de Vyver (Mosler n°11) et Philippe Charriol (Touring Cup n°94) qui prend momentanément l’avantage. Après son ravitaillement, Perrier, le seul à avoir pris du carburant jusqu’ici, est quatorzième, mais il est le plus rapide en piste. Van de Vyver reprend la troisième place à Charriol et la Viper ravitaille.
Nouveau safety car après un peu plus d’une heure dix de course. C’est la ruée dans les stands et l’embouteillage aux pompes à essence pour ravitailler. La Porsche IMSA est rentrée elle aussi au stand mais juste pour un changement de pilote, Christophe Bourret relayant Pascal Gibon. Sur la Mosler VdeV n°11, Guillaume Van de Vyver a pris la place de son père Eric, créateur et organisateur de la Série éponyme.
Il reste 1h40 de course, mais celle-ci est rapidement interrompue à nouveau. Courte interruption cependant, et Abergel, qui a ravitaillé au bon moment , est deuxième à cet instant, mais il perd du terrain sur la Porsche de Bourret qui est plus rapide.
Bourret rentre ravitailler peu avant la mi-course alors qu’il commence à pleuvoir sur le circuit. Abergel va dans le bac à gravier et le safety car rentre en action pour sortir la Mosler de sa posture. Bourret va-t-il en profiter pour chausser des pneus pluie? L’arrêt de la Porsche IMSA profite en tout cas à la Ferrari de Thierry Perrier qui, une fois tous les concurrents passés à l’essence, est le nouveau leader avec la Ferrari n°1 qui devra cependant prendre du carburant une deuxième fois avant le drapeau à damiers. Avisé, le patron du Perspective Racing, profite du safety car pour ravitailler, perdant ainsi le minimum de temps. Il repart en ayant conservé les slicks et en ayant conservé la tête. La Porsche Cup RMS n°56 fait une très belle course et est quatrième.
Xavier Pompidou est désormais à bord de la Mosler n°5 qui a pu repartir et il vole sur la piste, tpombant les chronos à chaque tour. Il est le seul à descendre sous la barre des 1’21″, mais il fait encore mieux puisqu’il fait ensuite tomber celle des 1’20″ puis celle des 1’19″ pour établir ce qui restera le meilleur tour en course en 1’18″535!
Guillaume Van de Vyver, sur la Mosler n°11, fait lui aussi une très belle course, malgré une incursion dans le bac à gravier alors qu’il réalisait les meilleurs temps de la Mosler. Il doit néanmoins rentrer ravitailler, ce qui le fait chuter de la troisème à la cinquième place. A vingt minutes de l’arrivée, la Porsche IMSA, qui était dans le même tour que la Ferrari de tête, a un léger contact avec la GC 10.1 n°21 et repasse par les stands. Crevaison?
La course semble jouée désormais, mais grosse frayeur pour le leader : au bout de la ligne droite des tribunes, Pompidou, survolté au volant de la Mosler n°5, retarde son freinage au maximum avant la courbe à droite. La voiture lui échappe inexplicablement, et part en tête-à-queue. La Ferrari de Thierry Perrier fait aussi une belle figure et va dans le bac à gravier, tout comme la Mosler. Les deux voitures ont certainement été piégées par des fluides sur la piste, huile ou liquide de frein. La Mosler reste dans le bac tandis que la Ferrari tangente légèrement le rail mais réussit à reprendre lla piste. C’était très chaud…Course perdue pour la Ferrari? Non, car Perrier réussit à s’extraire du bac. Safety-car, mais Pompidou parvient lui aussi à repartir. Bourret s’est rapproché du leader.
A moins de dix minutes de l’arrivée, nouvel émoi : la Ferrari fait un splash and dash aux stands pour vérifier les dégâts de carrosserie. La Ferrari porte les stigmates du contact avec le rail mais tout risque de crevaison est écarté. Thierry Perrier repart très vite et il remporte avec Jean-Paul Pagny sa troisième victoire de la saison après avoir triomphé au Mugello et à Motorland Aragon. Bourret/Gibon sont de beaux deuxièmes tandis que Eric et Guillaume Van de Vyver profitent d’un arrêt dans les dernier tours des locaux Patrice Milesi/Olivier Mesplomb pour prendre la troisème place, leur premier podium avec la Mosler.
Les résultats sont ici
Au classement du Challenge, Perrier et Pagny augmentent leur avance sur Bourret et Gibon, mais les deux manches restantes, Magny-Cours et Estoril, sont dotées chacune du coefficient 1,5 et donc 105 points sont encore en jeu. Toutefois, le titre ne saurait plus désormais échapper à l’un ou l’autre de ces deux équipages.
Claude Foubert