Champion FIA-GT2 en titre, Richard Westbrook a poursuivi l’aventure GT2 cette année, en Le Mans Series, toujours au sein du ProSpeed Compétition. Le Britannique est aussi de toutes les campagnes cette saison avec entre autres quatre courses de 24 Heures : Daytona, Nürburgring, Le Mans et Spa. C’est d’ailleurs sur le tracé belge qu’il a aussi fait ses débuts en Championnat du Monde GT1, sur une Ford GT Matech Competition, en compagnie de Thomas Mutsch. Dès sa première course, Westy est monté sur le podium, avant de connaître une manche plus difficile au Nürburgring.
Laurent Mercier : Rik, 1ère course et 1er podium en GT1. Difficile de faire mieux ?
Richard Westbrook : « J’aime vraiment cette série et je suis ravi de rejoindre le gratin de la catégorie GT1. Les courses sont difficiles et la concurrence est rude. Spa a été pour moi une grande surprise car je n’avais aucune expérience de l’auto avant le week-end, sachant qu’en plus les premiers essais se sont déroulés sous la pluie. J’ai roulé pour la première fois sur le sec lors de la qualification. La voiture est assez facile à piloter et elle bouge peu, ce qui fait qu’elle ne se comporte pas comme la majorité des GT. Le week-end s’est déroulé de mieux en mieux et à la fin de mon relais en course, je suis allé voir où nous étions et j’ai bien failli tomber à la renverse quand j’ai vu que nous étions carrément en tête (rires). Nous sommes passés près de la victoire et je ne pouvais rêver mieux pour mes débuts en GT1. Le prix à payer de ce bon résultat était donc les 40 kg de poids en plus au Nürburgring avec une mauvaise qualification, à la 22ème place. Nous avons tout de même terminé la Course Qualificative au 6ème rang. Thomas s’est fait harponné par une Lamborghini durant son relais de la Course de Championnat, si bien que nous avons perdu beaucoup de positions. J’ai ensuite poussé pour remonter mais il y a eu un contact avec la Maserati de Bernoldi. »
Côté pilotage, la Ford GT est totalement différente d’une GT2 ?
« Oui mais c’est une voiture avec quatre roues et un volant. Il y a plus de puissance et plus d’appuis. Bref, il n’y a pas de technique particulière et j’essaie juste de piloter le plus vite possible. »
Quel est ton regard sur le niveau du Championnat du Monde ?
« J’aime beaucoup et il faut se cracher dans les mains pour obtenir un bon résultat. C’est bien d’avoir 24 autos d’une même catégorie en piste mais personnellement, je préfèrerai des courses plus longues. Pour moi, les anciennes courses du FIA-GT de deux heures avec deux ravitaillements étaient parfaites. »
Quel résultat espères-tu ici à Portimao ? C’est un tracé que tu apprécies ?
« Nous sommes confiants. C’est une piste que j’aime et nous avons perdu notre handicap poids. La Ford est incroyablement lente en ligne droite par rapport aux autres autos, ce qui fait que nous devrons faire une qualification optimale car dépasser sera vraiment compliqué. »
Cette année, tu as roulé dans pas mal de séries. Tu as déjà des contacts ou des envies pour 2011 ?
« Rien n’est encore décidé mais ce qui est sûr, c’est que j’ai apprécié rouler sur des montures différentes tout au long de la saison. Les 24 Heures de Daytona se sont bien passés mais la saison en Le Mans Series a été plus compliquée, même si nous avons terminé sur une bonne note avec un podium à Silverstone. J’espérais que cela change à Silverstone car nous n’avons pas été épargné par la malchance depuis le début de l’année. Pour moi, les 24 Heures du Mans ont été un grand moment de l’année et je ne vois pas pourquoi je n’y serai pas en 2011, même si je ne sais pas avec quelle auto. »
Que retiens-tu de ces 24 Heures du Mans ?
« C’était pour moi une grosse surprise mais c’est certain que je ne suis pas prêt d’oublier cette expérience. L’entente avec mes deux coéquipiers était parfaite et je pense que c’est très important pour une course aussi longue. Ah si j’ai un regret : avoir attendu aussi longtemps pour y participer (rires). »
Justement, on sent une belle osmose avec Marco (Holzer), avec qui tu roules régulièrement…
« Oui j’ai de la chance d’avoir d’un coéquipier comme Marco. J’ai terminé la saison avec lui car j’étais associé auparavant avec Manu (Collard) et j’espère bien d’ailleurs travailler de nouveau avec lui. Pour ce qui est de Marco, je le connais depuis quelques saisons et c’est quelqu’un de rapide, régulier et qui ne commet pas d’erreurs. Il a beaucoup appris et il est promis à un beau futur. »
Propos recueillis par Laurent Mercier