Première manche de l’Intercontinental Le Mans Cup, Silverstone sera également le théâtre de la finale des Le Mans Series. Après quatre rendez-vous, et alors que Audi, Peugeot et Aston Martin seront de retour via un engagement officiel, la majorité des titres est encore à attribuer. Voici un point sur la situation au championnat, dont les classements sont ici. Rappelons le barème : 15-13-11-9-8-7-6-5-4-3-2-1. Un point est attribué pour la pole, deux points si le moteur de l’auto n’a jamais été changé, un point s’il l’a été une fois, aucun s’il l’a été à deux reprises etc.
LMP1 : Quatre teams pour un titre…
La donne est simple au classement Pilotes. Avec 64 points, Stéphane Sarrazin est en position de force pour décrocher une seconde couronne après celle acquise en 2007. Le Gardois possède 15 unités d’avance sur Nicolas Lapierre qui ne peut, de fait, être considéré comme un rival dans la course au titre. Du coup, c’est un trio qui peut priver Sarrazin du sacre : Vanina Ickx, Franck Mailleux et Pierre Ragues, qui pointent à 17 longueurs. Pour être champion, l’équipage doit faire la pole, gagner la course et compter sur le bonus « moteur » de deux points. En cas d’égalité, Sarrazin aurait l’avantage, avec une victoire et une deuxième place. Derrière Sarrazin, les écarts sont réduits. Entre Lapierre, actuel 2e, et le duo Belicchi/Boullion, 6e, il y a huit points. Capello/McNish et Jani/Prost peuvent donc encore espérer monter sur le podium.
C’est beaucoup plus serré au classement Teams, où l’attribution du titre est pour le moins indécise. Le Team ORECA-Matmut (49), Signature-Plus (47), Audi Sport (44) et Rebellion Racing (43 et 41) peuvent être encore sacrés. ORECA a un avantage très léger, de deux points, sur son plus proche poursuivant. Paradoxalement, Audi Sport a encore de bonnes chances d’être couronné en ayant disputé uniquement deux manches. Les hommes du Docteur Ullrich, à cinq unités du leader, peuvent remercier le doublement de points aux 8 Heures du Castellet. Rappelons que c’est le tandem McNish/Kristensen qui sera chargé de défendre les couleurs de la R15 n°7. Rebellion Racing pointent à six et huit points. Et oui, magie des Le Mans Series, un team peut apparaître deux fois dans le classement ! Comme nous l’avions dit l’an dernier à la même époque, il s’agit donc plutôt d’un classement Voitures qu’autre chose. Le comble, c’est que Rebellion, malgré trois podiums en LMP1, est derrière Audi Sport qui a manqué la moitié des épreuves. Cherchez l’erreur… En suivant la règle appliquée en ALMS (la meilleure des deux voitures marque les points), Rebellion serait à égalité de point avec ORECA !
Rebellion (avec Lola) est en revanche en tête du classement Constructeurs, deux longueurs devant Peugeot. Peugeot qui pourra cette fois compter sur deux 908, l’une alignée par ORECA, l’autre par l’équipe officielle. Aston Martin, avec le renfort de la 007 et de la 009 aux côtés de la 008, peut mathématiquement croire en ses chances. Neuf point à combler alors que dix-huit points seront délivrés au maximum : 15 pour la victoire, 1 pour la pole, 2 pour le bonus « moteur ».
Là se situe l’une des interrogations de cette finale. Qui a changé de moteur et combien de fois ? Si l’on s’en tient aux résultats de Budapest, tous les engagés à l’année ont changé une fois de moteur puisqu’ils ont tous marqué un seul des deux points bonus. Idem pour l’Audi n°7 qui avait semble-il changé de moteur entre le Paul Ricard HTTT et Spa. Si l’une de ces équipages remplace à nouveau son moulin, elle ne marquera aucun point bonus. Vous suivez toujours ? Réponse définitive dimanche soir… ou lundi matin.
LMP2 : RML a les cartes en mains…
Avec 65 unités au compteur, RML et la paire Erdos/Newton (vainqueurs à Portimao) filent vers les titres Teams et Pilotes. Ils ont en effet chacun une solide avance, treize points, sur les dauphins, Strakka Racing et le trio Kane/Leventis/Watts. En cas de pole et de bonus « moteur » de un point (tout le monde semble avoir changé de moteur au moins une fois), Strakka devrait s’imposer et espérer que RML ne termine pas mieux que dixième. Autant dire que la messe est dite hormis un problème sur la Lola-HPD. Pour la deuxième place, Strakka, qui s’est déjà imposé deux fois, est en revanche sous la pression du OAK Racing. Comme pour Rebellion en LMP1, l’équipe nivernaise a la particularité d’apparaître deux fois. Avec une combinaison de ses deux autos, OAK pointerait devant Strakka pour trois unités, au lieu d’être à cinq points de retard.
Bref, les deux Pescarolo se battront pour une place sur le podium (sur lequel elles sont montées à trois reprises), chez les Teams et les Pilotes, avec une marge de manœuvre de cinq points pour la n°24 de Nicolet/Lahaye sur la n°35 de Hein/Moreau. Un team peut encore viser la troisième position, Bruichladdich, Ojjeh/Ebbesvik possédant 41 points à leur actif. Pegasus, 6e, et plus encore Quifel-ASM, 7e et victorieux à Spa, tenteront de réintégrer le quinté.
Chez les Constructeurs, le package Pescarolo-Judd a fait un pas vers le titre, avec 89 points contre 71 pour Ginetta-Zytek. Lola-HPD est troisième à 24 longueurs, soit 13 de plus que HPD…
Formula Le Mans : Avantage DAMS…
Avant la finale, DAMS mène la danse avec 50 points, soit six de plus que Hope Polevision. Rappelons que les deux équipes alignent deux autos. Pour les tricolores, c’est la n°43 qui est en tête, tandis que la n°47 est la meilleure arme des suisses. Boutsen Energy est troisième avec 33 unités, à égalité de points avec JMB et une longueur devant Applewood, qui sera toutefois forfait. Autant dire que les bagarres ne devraient pas manquer.
Du côté des pilotes, les écarts sont globalement identiques. Barlesi/Chalandon sont en tête, devant Moro/Zacchia et Alessandro Cicognani, équipé des leaders qui avait manqué l’Algarve. Wolfgang Kaufmann est quatrième, à égalité avec Kraihamer/deCrem et Basso/Hartshorne/Kutemann…
Anthony Megevand