American Le Mans Series

12H Sebring : Les réactions après les qualifs

thumbnail
0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Dick Werner, Porsche Farnbacher Loles n°87, poleman GT2 : “En pilotant, je ne me rendais pas compte que le chrono serait bon car par rapport à ce matin, nous n’avions pas beaucoup de grip. Après mon tour, les gars ont joué avec moi et m’ont demandé à la radio pourquoi j’avais été si lent et je leur ai répondu que j’étais désolé mais que la voiture glissait dans tous les sens et que je n’y comprenais rien. Ils m’ont alors rassuré en me disant que je faisais la Pole !

 

Je suis heureux de réaliser cette performance pour la première course de la saison. Cela montre la valeur du team et des évolutions apportées par Porsche cet hiver pour compenser la perte de puissance et la modification de la hauteur de caisse. Je ne ressens pas trop de différence en terme de comportement mais à haut régime et à vitesse maxi, on ressent bien le manque de chevaux par rapport à l’an passé. La voiture est plutôt confortable, relativement facile à contrôler. Je n’ai pas eu besoin d’en faire trop pour sortir le temps malgré le manque de grip. Cela est plutôt bon pour la course et me rend relativement confiant pour la course.

 

Ce qui est bien ici, c’est que nous disposons de nombreuses séances d’essai ce qui nous permet de beaucoup rouler. A la sortie de l’hiver, c’est nécessaire pour se remettre dans le coup. Même si j’ai disputé les 24 Heures de Daytona, cela faisait un peu trop longtemps que je n’avais plus piloté à nouveau une GT2…”

 

Oliver Gavin, Corvette C6.R n°4, poleman en GT1 : “Je pense que comme beaucoup de pilotes, j’ai ressenti le manque de grip de la piste. Elle semble un peu grasse et cela ne s’améliore pas avec la chaleur. J’ai parlé avec Jan juste après la séance et il a ressenti exactement la même chose. Tout le monde est là à attendre que le grip vienne depuis le début de la semaine et il semble qu’il ne viendra jamais ! Le vent a tourné et a ramené du sable sur la piste. On voit beaucoup de voitures virer au large ou partir en tête à queue. Mais tout le monde est logé à la même enseigne, il faut faire avec. Ce qui est bon, c’est de réaliser cette Pole Position pour le 10ème anniversaire de Corvette Racing . Et battre Jan est toujours extrêmement satisfaisant !

 

Tout cela est bon pour la préparation du Mans. Il est dommage que nous n’aurons pas d’adversaires directs. Au Mans, nous aurons de la concurrence mais je regrette un peu que la catégorie GT1 tombe en désuétude. Ce sont des voitures fantastiques et l’époque de notre bagarre avec Aston Martin Racing était superbe. Ils ont choisi de changer de catégorie, c’est dommageable pour nous. Maintenant, nous allons en faire de même après la mi-saison et passer en GT2. Je sais que l’équipe travaille très fort pour mettre la voiture sur la piste…”

 

Adrian Fernandez & Scott DixonAdrian Fernandez, Acura ARX-01b Fernandez Racing, poleman en LMP2 : “C’est bon de démarrer ainsi la saison. Nous avions bien amélioré la voiture par rapport à hier ou elle souffrait de petits problèmes. Elle était bien meilleure aujourd’hui et elle m’a permis d’aller chercher cette première place en catégorie. L’an passé, nous avions eu ici une course très frustrante avec notre déclassement. Cette année, avec les modifications imposées aux LMP2, nous allons nous concentrer sur le fait de finir les courses.

 

La course va être difficile car nous avons perdu environ deux secondes par rapport à l’an passé. Dépasser les GT1 en ligne droite est impossible. Il me faut parfois un tour complet pour les doubler ! Un exemple, hier à l’entrée du Turn 16, je décide de passer une Corvette par l’intérieur pour ne pas perdre trop de temps. Mais dans le virage, il s’est fait une petit chaleur et a resserré sa trajectoire sur la mienne ! J’ai eu chaud et j’ai décidé de ne plus jamais tenter la même manœuvre au même endroit. J’attendrai le serré… Même avec les GT2, c’est parfois délicat donc il faut vraiment s’attendre à une course difficile. On sent que la voiture est lourde par rapport à l’an passé. Il faut prendre ce fait en considération et rester extrêmement patient. Il faut aussi beaucoup plus regarder nos rétros car il y a 6 à 8 voitures qui sont plus rapides que nous ici. C’est plus que l’an passé et cela change beaucoup la conduite. C’est beaucoup plus difficile car il faudrait deux yeux indépendants, l’un sur la piste et l’autre dans le rétro…

 

Il faut bien intégrer au mieux et rapidement tous ces paramètres nouveaux. Car nous devons battre le team Dyson et ses Lola Mazda. Vous savez, l’an passé, nous avons souvent dominé ce team en performance pure mais en fin de compte, nous avons fini derrière au classement du championnat en raison de nos problèmes de fiabilité… C’est ce que nous devons absolument éviter cette année.
Comme le disent mes collègues, la piste n’était pas très bonne aujourd’hui. Le grip est bien moins bon que lors de nos essais ici avec Acura par exemple. De plus, le vent a changé. Il vient de derrière dans la ligne droite du retour alors que d’habitude, il souffle transversalement. Cela affecte le comportement de la voiture dans certains virages et nous tentons d’adapter le comportement de la voiture à ce fait. Mais nous prenons pour référence les Acura P1 pour juger ou nous en sommes car nous avons beaucoup roulé avec eux cet hiver donc nous connaissons l’écart habituel de performance. Et au vu de ce que nous réalisons ici, nous sommes au niveau donc c’est que tout le monde souffre…

 

(A propos du fait de courir à deux pilotes seulement) Vous savez, ici, on ne dispose pas assez de temps en piste lors des essais si l’on est trois pilotes. Le moindre incident qui vous priverait d’un peu de roulage devient critique. Demandez à certains de mes collègues qui ont vraiment peu roulé avant les qualifs… Je ne vais pas vous dire que c’est facile, certainement pas. L’année dernière, j’ai été malade lors de mon premier relais. Je suis sorti au plus mal de la voiture… Lorsque tu songes qu’ensuite, il va falloir remonter dans la voiture, c’est dur ! Bon, l’adrénaline te tient debout surtout avec la fin de course que nous avions faite ! Mais dès que la course s’est arrêtée, l’adrénaline cesse d’agir et le corps s’effondre… Donc cette année, je me suis beaucoup mieux préparé physiquement pour endurer tout cela. Mais cela reste difficile physiquement, plus qu’à trois pilotes, évidemment…”

 

Scott Dixon, Acura ARX-02a De Ferran Motorsports, Poleman en P1 : “C’est une semaine un peu folle pour moi. Vous savez, avant les qualifs, je n’avais fait que 18 tours de cette piste avec la voiture ! C’est un peu juste surtout avec cette LMP1 qui est assez unique à piloter… Il faut savoir demeurer raisonnable avec elle au contraire de la LMP2 qu’il fallait piloter en force. Là, si l’on se met à surpiloter, elle ne le pardonne pas. Il faut trouver le juste équilibre. Donc j’avais la pression avant la qualif’. D’ailleurs, deux heures auparavant, je ne savais pas que ce serait moi qui piloterait. Il me semblait plus logique que ce soit Gil ou Simon qui s’en charge. Ils connaissent bien mieux l’auto que moi. Mais soudain, Gil m’a appelé au téléphone. Il était au restaurant, il y avait beaucoup de bruit autour de lui, je n’entendais rien mais j’ai juste compris que c’était à moi d’y aller. Et là, j’ai vraiment ressenti la pression. Bon, cela s’est bien passé mais je suis persuadé que mes deux coéquipiers auraient pu faire aussi bien que moi cet après-midi.

 

J’ai dû faire beaucoup de tours pour en arriver là car notre auto, au contraire de nos concurrents semble-t-il, ne dégrade pas les pneus. Au contraire, elle se bonifie au fur et à mesure du relais. Donc notre stratégie était de rouler longtemps. Je suis rentré aux stands remettre de l’essence et je suis reparti à l’attaque. A l’issue de mon tour le plus rapide, le team ne m’a rien dit à la radio. Juste les choses habituelles telles que de remettre la gestion moteur en mode “Drapeaux jaunes”, des trucs normaux quoi. Donc, je me disais que ça ne devait pas être fameux. J’étais un peu déçu… Mais lorsque je suis arrivé au stand et que je les ai vus exploser de joie, ça a été super ! Vous savez, c’est une petite équipe qui bosse super dur et cette Pole signifie beaucoup pour eux… Mais pour être honnête, c’est un petit peu une surprise de nous retrouver là. Nous nous attendions au mieux à finir troisième ou quatrième, alors imaginez ce que représente d’obtenir la Pole !

 

Je suis assez optimiste pour la course car, si vous regardez les Audi, elles ont été immédiatement très rapides, dès leur sortie de la boite, mais au fur et à mesure que la chaleur monte, la tendance semble s’inverser un peu en notre faveur. Alors…”

 

Propos recueillis par Laurent Chauveau

 

Publicité

0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Publicité

Sur le même sujet