Après une saison 2008 marquée par cinq poles et une victoire en FIA-GT, au volant de la Corvette du Phoenix Racing, et deux apparitions au volant de l’Audi R10 en ALMS, Marcel Fässler était annoncé chez le constructeur d’Ingolstadt. Mais le pilote suisse sera finalement dans le baquet de la Lola-Aston Martin du Speedy Racing/Team Sebah en Le Mans Series. Rencontré à l’occasion de notre journée dans les ateliers de l’équipe, Marcel évoque son programme 2009.
Marcel, tout le monde t’attendait chez Audi après tes deux courses en ALMS. Pourquoi n’as-tu pas rejoint le constructeur d’Ingolstadt ?
« Les budgets ont été réduits compte tenu du contexte économique et les programmes en ALMS et Le Mans Series ont été annulés. Ils n’avaient donc plus besoin de recruter des pilotes. »
Finalement, tu auras tout de même une saison chargée avec Sebring et Le Mans chez Corvette Racing, le GT Open au sein du Trottet Racing et donc les Le Mans Series avec Speedy-Sebah…
« C’est vrai que j’ai un très joli programme, avec 17 courses il me semble. Et j’espère y ajouter les 24 Heures de Spa. En cette période de crise, je suis très content d’avoir de réelles opportunités de pouvoir me battre pour la gagne avec de bonnes voitures. »
Qu’est ce qui t’a séduit dans le projet Speedy/Sebah ?
« C’était tout simplement une très bonne opportunité ! Nous avons vu l’an dernier que la Lola-Aston Martin était très compétitive et Alexandre Pesci s’est montré très motivé pour mettre en place un programme ambitieux dont le but est d’atteindre le plus haut niveau. Le LMP1, c’est la F1 de l’Endurance. J’aime bien cette catégorie. »
Quelles sont tes ambitions pour ton retour en prototype ?
« Je ne suis pas là pour dire que je veux simplement rouler ! Je ne veux pas me contenter de cela. Personnellement, je veux toujours gagner, que ce soit la course ou le championnat auquel je participe. Le reste ne m’intéresse pas. J’aime avoir un package compétitif, et c’est ce que nous avons. L’ensemble pilote-voiture-équipe est bon et je pense que si nous travaillons bien tous ensemble, nous pourrons atteindre des objectifs élevés. Mais je sais aussi que de nombreuses LMP1 ont progressé : Pescarolo est toujours fort et je connais Oreca pour avoir roulé chez eux l’an dernier. Il y aura également les Aston Martin LMP1 et les Audi R10 du team Kolles. Ce n’est plus comme il y a quelques années : finir ne suffit plus pour être sur le podium. »
Tu évoques les R10. Tu as piloté cette voiture en 2008. Qu’est ce que tu as appris de cette expérience ?
« Au niveau du moteur, le Diesel est complètement différent et c’est impossible de le comparer avec un proto à moteur Essence. C’est surtout au niveau de l’équipe que j’ai appris. Audi a une telle expérience que leur préparation à une course est incroyable, notamment au niveau de la stratégie. Ils sont parés à toutes les éventualités. »
Parallèlement à ton programme avec Speedy/Sebah, tu piloteras pour Corvette Racing aux 12 Heures de Sebring et aux 24 Heures du Mans…
« Effectivement et mon objectif sera de gagner à chaque fois la catégorie. J’ai découvert le team et Sebring en novembre. C’était ma première fois là-bas et je dois dire que c’est un circuit difficile. Il est très bosselé, avec quatre ou cinq bitumes différents ! Ce sera une bonne préparation pour Le Mans. »
Tu feras également la saison complète en GT Open, sur la Ferrari du Trottet Racing…
« Oui avec pour but de décrocher le titre. Nous ne connaissons pas encore le deuxième pilote, donc nous en saurons plus sur nos chances prochainement. Mais la bataille sera rude, avec notamment la Porsche pilotée par Richard Lietz, qui est toujours un sérieux concurrent, et les Ferrari de la Scuderia Playteam/SaraFree. Ça va se jouer sur la régularité, mais aussi sur la stratégie. Avec les handicaps de temps selon les résultats, il faut parfois savoir sacrifier une place et terminer quatrième plutôt que troisième… Mais je préfère ce type de pénalité qu’avoir du lest. Avec du lest, c’est mission impossible ! »
Pour conclure, tu ne seras pas en FIA-GT. Quel bilan tires-tu de la saison dernière ?
« Nous aurions pu gagner davantage de manches. La saison a quand même été relativement bonne, avec cinq poles. Ces performances ont montré notre niveau. La victoire à Bucarest restera le meilleur souvenir. Nous aurions également pu nous imposer à Adria, mais le retard pris à Spa-Francorchamps était trop important et Vitaphone a pu gérer sa fin de saison sans avoir de pression… »
Propos recueillis par Anthony Megevand