Vendredi dernier, nous avons rencontré Christophe Tinseau qui organisait les “Tinseau Test Days” au Mans, sur le circuit Bugatti. C’était l’occasion d’évoquer avec Christophe le bilan de cette année 2010 et de parler de ses projets…
Christophe, qu’est-ce exactement que les “Tinseau Test Days”?
“En fait, il faut remonter à 1990, car je suis moniteur circuit depuis que j’ai remporté le volant Winfield. A ce titre, j’ai été moniteur pour de nombreuses marques, comme Porsche pendant 15 ans ou encore Lotus… Petit à petit, je me suis rendu compte que de nombreuses personnes, possesseurs de voitures fabuleuses, avaient le désir de pouvoir rouler sur circuit, ne pouvant exploiter sur route le potentiel de leur machine. J’ai donc monté cette opération des Tinseau Test Days, qui durent maintenant depuis 10 ans. Mon idée est de rassembler un grand nombre de voitures, afin de les faire tourner sur les plus beaux circuits.”
Combien de voitures as-tu réunies ce vendredi ?
“Il y a 70 voitures, avec 35 voitures maximum en piste. Dès que l’une de ces 35 rentre au stand, une autre prend la piste. Aujourd’hui, le plateau est fantastique : des Lamborghini, des Ferrari, des Corvette, des Audi, des Porsche, des Nissan…Il y a même des KTM X Bow qui ont bravé la météo de ce matin!”
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Quel est le coût de la journée?
“La journée coûte 350 Euros, mais le temps de piste est illimité, dans la mesure des 35 autos simultanément en piste. Le prix comprend la location du circuit, qui est à mes frais, la restauration, un open bar, un réceptif. Je suis également, avec six autres moniteurs, à la disposition des participants pour des conseils pratiques… Nous avons aussi sur place un monteur de pneumatiques (on peut même en acheter), des pièces détachées si besoin. Si un participant est venu avec sa voiture et qu’il a trop détérioré ses pneus pour pouvoir repartir avec, il peut donc en acheter et se les faire monter.”
Combien de journées organises-tu dans l’année?
“Dix journées.”
Parlons-un peu des sujets qui fâchent, et des 24 Heures du Mans. J’imagine que cela a été une grosse déception…
“C’est sûr. A l’origine, ça se présentait plutôt bien. J’avais été contacté par le OAK Racing. Il avait même été question que je coure avec la Dome, si l’opération s’était réalisée. J’aurais fait aussi la saison 2010 Le Mans Series avec la Pescarolo LMP2 du OAK Racing. Puis, la veille de l’annonce de la sélection de l’ACO pour les 24 Heures, Jean Py m’appelle en me disant que l’équipe avait été rachetée par Genii Capital, avec un gros investissement, que je pourrais peut-être avoir comme coéquipier pour les 24 Heures Romain Grosjean, qu’il y avait un bel avenir. Courir en LMP1, c’était tout à fait ce que je voulais, je connaissais à fond la voiture. J’ai été séduit et j’ai prévenu Jacques Nicolet que je déclinais son offre. Après tout s’est enchaîné et à trois semaines des 24 Heures, forfait des Pescarolo-Judd LMP1. J’avais été bloqué et c’était trop tard pour retrouver un bon volant. C’est vraiment une très grosse déception!”
En 2010, tu as participé intensément au développement de la Pescarolo-Ecole. Tu étais sous contrat?
“Oui, j’étais sous contrat avec Jean Py, mais là le contrat a été parfaitement honoré. Il a pris fin à la livraison de la dernière voiture, et je suis très content d’avoir participé à ce développement. Apparemment, il y a de nombreux stages retenus sur l’auto, c’est une très bonne voiture. J’ai couru aussi cette année en Racecar et j’ai gagné au mois de juillet sur le Nürburgring. Je vais d’ailleurs courir au Mans en Racecar lors des 24 Heures Camions en septembre prochain sur le Bugatti.”
J’imagine que tu voudrais retrouver un volant en LMP l’année prochaine…
“Oui, c’est mon souhait le plus cher. Même avant, s’il y a une opportunité, je suis libre, car une LMP c’est vraiment super. J’étais vraiment de plus en plus à l’aise avec la Pescarolo LMP1 et ça me manque. Avec Jean-Christophe Boullion, je m’entendais super bien et, en fait, je reste sur une victoire en Asian Le Mans Series. Ça me manque.”
Toujours dans les projets 2011, j’ai appris, plus surprenant, que tu te lançais dans la construction?
“Oui, et c’est une de mes grands projets, qui est dérivée un peu des Tinseau Test Days. Avec l’expansion de ceux-ci, je me suis rendu compte que certains des participants, même s’ils étaient contents de rouler sur des beaux circuits avec leur Ferrari Scuderia ou leur Gallardo, étaient quand même un peu frustrés de ne pas tourner avec une vraie voiture de course. L’idée m’est donc venue de réaliser quelque chose de performant, mais à un coût raisonnable, avec à l’esprit l’intention d’approcher les performances d’une 997 Cup, et c’est le projet que je voudrais faire aboutir l’année prochaine.”
Quel moteur pour cette voiture, quelle boîte?
“Ce sera le V8 Chevrolet de 6,2 litres, le même que celui qui équipe la Pescarolo-école. A la base, il développe quand même 434 chevaux… Les acheteurs auront le choix entre une boîte de vitesses classique ou une boîte séquentielle. Le poids tournera autour de 1000 kilos et la voiture disposera d’un bon effet de sol, afin d’être performante. Quant à la carrosserie, elle devra vraiment ressembler à l’idée qu’on se fait d’une vraie voiture de course, une GT avec un look un peu agressif. Le châssis de la voiture sera un châssis tubulaire. Je pense que qu’elle s’appellera CT01.”
Est-ce que le projet est avancé?
“Tout à fait, j’ai plusieurs partenaires et l’affaire est bien engagée, avec une finalisation, je l’espère, dans les semaines à venir.”
As-tu fixé une fourchette de prix pour la voiture?
“Je voudrais qu’on soit maximum autour de 80 000-90 000 Euros, c’est-à-dire, près de la moitié du prix d’une voiture actuelle avec les mêmes performances. J’ai trois critères pour ce projet :
-un achat contenu
-un entretien peu excessif
-une première révision à effectuer après 10 000 kilomètres.”
Les acheteurs pourront courir avec cette voiture?
“Oui, bien sûr, en VdeV par exemple.”
Nous ne manquerons évidemment pas de vous tenir au courant de la réalisation de ce projet. Nous remercions vivement Christophe – que nous souhaitons revoir en 2011 sur les pistes et, nous l’espérons, au Mans, pour sa gentillesse et sa disponibilité.
Propos recueillis par Claude Foubert
