Débutante la saison passée, on pouvait s’attendre à des Nissan GT-R dans le coup en Championnat du Monde GT1. A mi-championnat, Sumo Power GT a montré de belles choses alors que Swiss Racing Team a un peu plus de mal, notamment en qualifications où le l’équipe d’Othmar Welti a du mal à passer en Q3. Pourtant, les équipages ne sont pas à remettre en cause avec Wendlinger/Moser d’un côté et Ara/Nilsson de l’autre. Henri Moser revient sur le premiers pas de l’équipe suisse en World Championship GT1, ainsi que sur sa participation aux 24 Heures de Spa sur une Audi R8 Phoenix Racing.
Laurent Mercier : Henri, quel bilan tires-tu à mi-saison du Championnat du Monde GT1 ?
Henri Moser : « Malgré le manque de résultats, le premier bilan est positif. A Spa, nous avons montré de belles choses. Le manque d’essais nous a plombé et nous avons eu pas mal de malchance en qualifications et durant les courses. Je suis confiant pour la manche du Nürburgring ainsi que pour les suivantes. A l’issue du meeting allemand, nous allons procéder à des essais. Nous comptons bien viser les points sur chaque course. »
Le manque de résultats vient donc du peu d’essais effectués ?
« Nous ne connaissions pas la voiture. Sumo Power GT a l’avantage d’avoir dans ses rangs Nigel Stepney qui officiait déjà l’an passé chez Gigawave avec la Nissan. Nous disposons exactement du même matériel mais le team anglais a procédé à davantage de séances d’essais. En début de saison, nous ne pouvions pas rivaliser. La GT-R est une voiture particulière et bien spéciale à piloter. Michael Krumm a participé au développement, donc là aussi Sumo Power GT a un avantage non négligeable. Nous découvrons tout petit à petit et les courses sont très serrées. Le niveau est si élevé que la moindre erreur se paie au prix fort. »
Le Championnat est maintenant sur de bons rails selon toi ?
« Oui, même s’il est un peu étrange que pour la Course Qualificative, seuls les trois premiers ne marquent des points. L’idée n’est pas foncièrement mauvaise mais donner des points aux dix premiers seraient certainement mieux, même si le barème devait être différent. Quant à la balance de performance, elle est plus logique avec des autos qui sont quasiment au même niveau, même si les Maserati MC12 sont encore un ton au-dessus. Il faut aussi gérer les trains de pneus, ce qui n’est pas sans problème côté stratégie. Le gros souci des GT1 actuelles, c’est les pneus. Si tu n’as pas deux trains neufs pour la Course de Championnat, tu peux difficilement t’en sortir. Nous avons le droit à quatre trains de pneumatiques neufs par week-end plus un set de la course précédente. Cela rajoute donc un peu plus de stratégie dans les équipes, ce qui n’est pas une mauvaise idée. »
Partager le baquet avec un pilote comme Karl Wendlinger, cela doit être enrichissant ?
« C’est peu de le dire. Karl est un super pilote et il n’y a rien à redire sur le côté humain. Il est très professionnel et donne systématiquement le meilleur de lui-même. Son expérience est énorme et son ressenti est bon. Il développe ma sensibilité. Chacun fait son travail et nous avons les mêmes réglages. »
Le but est de poursuivre en 2011 avec Swiss Racing Team ?
« Oui car cette année, il y avait trop de nouveautés : championnat, team, auto, etc… Le but est de continuer l’an prochain avec SRT et de monter en puissance. Je pense que dès Portimao, cela ira mieux. Il ne faut jeter à la poubelle cette année d’apprentissage. »
Malheureusement, on ne verra pas la Nissan GT-R au Mans du fait de l’exclusion des GT1. C’est une déception ?
« Il est clair que Nismo n’a pas bien pris la décision. Ils ont préféré reporter leur présence à 2011 afin d’être fin prêts. Le Mans est une course bien particulière où tout doit être réuni pour espérer le meilleur résultat possible. Une chose est sûre, la GT-R ne sera pas homologuée en GT2, du fait de sa complexité. L’Audi R8 serait plus facile à adapter que la Nissan. »
Justement, quel bilan tires-tu de tes 24 Heures de Spa avec l’Audi R8 Phoenix Racing ?
« La course a très mal débuté pour nous, avec des soucis électriques après seulement quelques tours. Nous n’avions plus de traction control et plus d’ABS. Nous pensions avoir résolu le problème mais il est de nouveau réapparu 30 minutes plus tard. Nous avons donc décidé de nous passer de ces deux aides au pilotage. En slicks sous la pluie, cela n’était pas forcément évident mais tous les pilotes ont tenu le coup. Suite à notre arrêt, nous étions descendu dans les dernières places et nous sommes remontés petit à petit jusqu’à la 6ème place au général. Malheureusement, Andrea (Piccini) a été victime d’une crevaison lente dans le Raidillon, ce qui ne pardonne pas. »
Quelles sont les différences entre l’Audi que tu pilotais cette année et celle de l’année passée ?
« Les deux autos sont en tout point identique. Il faut savoir que Phoenix Racing a une grosse expérience de l’auto. La voiture a juste un kit endurance qui comprend un remplissage rapide d’huile et des rotules « uniball ». Pour nous, ces rotules apportent un meilleur feeling et une meilleure vitesse. Preuve que les Audi sont identiques, elles ont quasiment toutes tournées dans des chronos similaires.”
Propos recueillis par Laurent Mercier