Après un hiver passé en Trophée Andros sur une voiture électrique, Stéphane Ortelli partage son temps entre le Championnat de France GT (Audi R8 Team ORECA) et l’International GT Open (Ferrari F430 Scuderia Luxury Racing). Vainqueur des 24 Heures de Spa 2003 sur une Porsche N-GT, le Monégasque était bien entendu de nouveau en piste dans les Ardennes belges, sur une Audi R8 W Racing Team, en compagnie de Stéphane Lémeret, Kurt Mollekens et François Verbist. Le quatuor a rallié l’arrivée en 5ème position de la catégorie, après une course ponctuée de rebondissements, dont un pare-brise cassé par un projectile (morceau de pneu ?) alors que Stéphane Lémeret était au volant. Il aura fallu beaucoup de dextérité à l’équipage pour piloter de nuit sous la pluie sans utiliser les essuie-glaces.
Laurent Mercier : Stéphane, quel bilan tires-tu de tes 24 Heures de Spa avec cet épisode de pare-brise cassé ?
Stéphane Ortelli : « Malgré ce problème, le bilan est globalement positif. Outre le fait du pare-brise cassé, le seul souci que nous ayons rencontré est venu de la pression d’essence. Il est clair que nous étions partis pour faire un super résultat mais ce satané pare-brise nous a tout de même handicapé. Nous n’avions aucune visibilité et il a bien fallu faire avec, sachant qu’aucune solution de remplacement n’était possible. C’était un peu chaud par moment car il était compliqué de voir les obstacles. Tu fais avec et tu t’habitues. Les quatre pilotes étaient prêts pour continuer de cette façon et nous y sommes arrivés. Je pense que cela nous a fait perdre environ une seconde au tour, ce qui est vraiment rien. Nous avons longtemps pointé en tête des GT3, et ce jusqu’à cinq heures de l’arrivée. »
Comment as-tu trouvé l’Audi R8 ?
« L’auto était géniale à piloter et très facile. J’ai pris beaucoup de plaisir. Ce n’était certes pas la plus rapide mais nous avons prouvé qu’elle était dans le coup. Avec Stéphane, François et Kurt, tout s’est très bien passé. L’Audi est une bonne auto pour une course de 24 heures. »
D’autant que c’est la seule auto du WRT qui a terminé l’épreuve…
« Oui et je dois dire que pour sa première année, le team fait pourtant les choses bien. Malheureusement, la mécanique en a décidé autrement pour les deux autres R8 avec un incendie dès le début de course pour celle de Vincent (Vosse). L’équipe a tout connu avec une grosse déception, beaucoup d’émotion et un gros challenge avec notre auto bien abîmée niveau visibilité. Le team n’a pas commis la moindre faute et l’équipe technique est très professionnelle. Vincent (Vosse) et René (Verbist) ont bluffé tout le monde. Le bilan est positif pour les différents partenaires DHL, Total et Audi Belgique. »
L’Audi R8 n’a plus rien à voir avec la Porsche 996 GT3-RS que tu pilotais en 2003…
« Rien n’est comparable ! Celle-ci est nettement meilleure que la Porsche. Mais bon, les années passent et les autos sont de plus en plus abouties. Pour moi, c’est la meilleure auto que j’ai piloté à Spa depuis la Saleen S7-R du Team ORECA en Le Mans Series. L’Audi est dans la lignée de la S7-R. La R8 n’est pas dans la même catégorie mais elle m’a procuré beaucoup de plaisir. Nous n’avons pas rencontré de problèmes majeurs aussi bien du côté des freins que des pneumatiques Michelin qui ont été très constants. »
Tu vas maintenant retrouver le GT français et le GT Open. L’objectif est le titre dans les deux séries ?
« Oui même si la lutte est serrée en Championnat de France. Avec David (Hallyday), nous avons mal démarré la saison mais nous comptons bien remporter un maximum de courses et jouer le haut du championnat. En GT Open, je n’ai pas disputé toutes les courses et je vais tout faire pour aider Jean-Philippe (Dayraut) à être champion en GTS. J’aime bien ce championnat avec le système de handicap temps. C’est sympa pour le spectacle et le pilotage n’est pas handicapé par du poids. »
Tu reviens tout juste de Portimao où se déroulaient les éliminatoires de la Course des Champions. Comment cela s’est passé ?
« Très bien car j’ai remporté mes différentes courses et j’ai été le seul à battre aussi bien Alvaro Parente que Filipe Albuquerque. Je roulais pour la Principauté de Monaco avec Clivio Piccione. C’est une expérience totalement à part et j’y prends un maximum de plaisir. Il y a des pilotes d’horizon très différent avec des pilotes de rallye, de GT, de proto, de monoplace. Il faut tout donner sur deux tours avec des autos bien différentes. La marge d’erreur est infime car si tu touches un mur deux fois, tu prends 5” de pénalité. »
As-tu déjà du concret pour 2011 ?
« C’est encore un peu tôt… J’espère de nouveau rouler en Trophée Andros cet hiver. Je reste ouvert à toute proposition pour rouler dans toutes les catégories, que ce soit en GT1, GT2, GT3 ou prototype. Quand j’ai débuté en GT3, je me suis dit que cela n’allait pas me plaire car je pensais que c’était loin du GT2. Au final, j’apprécie les autos GT3 mais les pilotes Platinium ne peuvent pas rouler dans toutes les séries. C’est pour cela que l’on retrouve des pilotes dans les championnats nationaux comme un Dindo Capello en GT italien. Les pilotes arrivent de plus en jeune en GT. Lorsque j’ai débuté, bon nombre de pilotes comme moi ont roulé gratuitement pour se faire un nom et être ensuite rémunéré. Maintenant, les plus jeunes amènent tellement d’argent qu’il devient difficile de trouver un volant, même quand tu es pilote professionnel. »
« Le GT1 est toujours aussi grisant à voir rouler. Les autos sont toujours aussi magnifiques mais je comprends le fait qu’elles ne soient plus autorisées à rouler au Mans, surtout si c’est pour n’en avoir que trois ou quatre. Pour moi, le Championnat du Monde GT1 est promis à un bel avenir car là elles peuvent s’exprimer entre elles. Je n’exclus pas un retour en prototype mais dans une auto capable de jouer la gagne. »
Propos recueillis par Laurent Mercier