Avant le meeting spadois, Martin Bartek a modifié les deux équipages de ses Ford GT, séparant Thomas Mutsch et Romain Grosjean. Si l’Allemand fait cause commune avec Richard Westbrook, le Franco-suisse roule désormais avec son compatriote Neel Jani, grand débutant en GT parallèlement à son programme avec Rebellion en LMP1.
« Tout est nouveau pour moi » précise Neel avant de partir en piste pour la Course de Championnat. « Ce n’était pas facile de faire connaissance avec l’auto sur un tel tracé (Spa), tant les conditions étaient changeantes. Il y a mieux comme prise en mains. Avant les qualifications, je n’avais roulé que quatre tours sur le sec et il a fallu tout donner pour tenter d’aller en Q3. Malheureusement, j’ai manqué la dernière séance pour quelques dixièmes. »
Bien entendu, la Ford GT n’a rien à voir avec la Lola-Rebellion qu’il partage en Le Mans Series avec Nicolas Prost : « Il faut travailler avec le poids. Aussi bien en prototype qu’en monoplace, je freine plus tard et en GT ça ne fonctionne pas de la même façon. C’est un autre pilotage et il faut que je m’adapte. Je dois freiner un peu plus tôt et braquer un peu plus tard. Ainsi, c’est mieux pour faire fonctionner le poids. Mes débuts ont pourtant été bons avec une 8ème position dès le 1er tour de la Course Qualificative. En fin de relais, il a tout de même fallu composer avec des pneus bien usés. »
Les manches d’une heure sont également bien différentes des six heures de la série Le Mans : « Les courses d’une heure me rappelle la monoplace où il faut tout donner dans un temps très court. Malgré cela, il faut rouler avec un coéquipier. C’est bien pour moi de rouler en Championnat du Monde GT1 car il n’y a pas assez de courses en Le Mans Series. Trouver un complément est donc l’idéal. La saison hivernale sera plutôt longue maintenant que l’A1 GP n’existe plus. De toute façon, il faut rouler un maximum mais tout est une histoire de budget. »
Avant de prendre la route du Nürburgring pour la sixième manche du Championnat du Monde GT1, le pilote helvète se rendra sous peu à Budapest pour le 4ème meeting de la série Le Mans : « Budapest sera chaud, dans tous les sens du terme (rires). J’espère que le plateau sera à la hauteur : Portimao donnait l’impression d’une séance d’essais privés où l’on connaissait chaque personne sur le circuit. » Malgré les nouvelles brides appliquées aux protos à moteur essence, la lutte pour la victoire sera toujours aussi compliquée : « Cela n’a pas changé grand chose car même si tu as 10 ou 15 chevaux de plus, la donne est quasiment identique. De toute façon, le diesel a nettement plus de couple et c’est là que ce fait la différence. » De là à voir le Rebellion Racing aux Etats-Unis ou en Asie : « Quel intérêt à part dépenser de l’argent pour terminer au mieux 5ème ou 6ème… »
Propos recueillis par Laurent Mercier