Chroniques Pilotes

Romain Dumas : « La victoire, on ne s’y attendait pas ! »

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« Salut tout le monde. La dernière fois que je vous ai écris, c’était pour vous parler d’une victoire, celle décrochée aux 24 Heures du Mans. Et bien c’est pour un autre succès que je reprends mon clavier : celui empoché aux 24 Heures de Spa. J’ai appris que c’était seulement la deuxième fois qu’un pilote réalisait ce doublé. Je n’ai jamais cherché les records, mais c’est plutôt sympa de succéder à Luigi Chinetti qui avait signé cette performance il y a plus de soixante ans !

 

« Cette moitié de semaine dans les Ardennes belges, elle a tout de même été un peu spéciale. J’aurais bien aimé vous dire que tout était calculé, que nous nous étions cachés pour finalement sortir au coin du bois et bondir sur notre proie. Mais ce n’est pas tout avec comme cela que les choses se sont passées. Lors des essais, nous n’étions pas très en forme, il faut l’avouer. Les pneus « client » n’ont pas été développés pour les GT2 : assez étonnement, cela marchait plutôt bien pour les Ferrari, mais pas pour nous. Par ailleurs, comme le veut la tradition à Spa, les différentes séances ont été perturbées par la météo. Personnellement, j’ai peu roulé : quelques tours de jour, avant une session de nuit où nous avions un problème de phares et où j’ai seulement roulé avec les appels ! Finalement, nous avons opté pour un set-up qui nous permettait de préserver un maximum les pneus, pour faire trente tours. Pour le coup, on peut dire que nous n’avons véritablement pas cherché à faire un chrono…

 

« Notre départ a été prudent mais, plus les heures passaient, moins nous perdions de temps. Quand il a commencé à pleuvoir, nous avons pris la bonne décision pour les pneus. C’était lors de mon premier relais et j’ai pu remonter de la huitième à la deuxième ou troisième place. Globalement, l’équipe a toujours fait les bons choix. Les conditions grasses ont fini par niveler les performances, hormis pour les Audi qui étaient particulièrement performances dans cette situation. Nous, nous avions un avantage au niveau de la consommation. Lors de mon deuxième stint, de nuit, j’ai pris le risque de conserver les gommes utilisées par Wolf Henzler. Cela nous a permis de gagner une trentaine de secondes. Quant au début de matinée, il a fallu attaquer comme un buffle pour ne pas perdre du temps sur les BMW, qui étaient au dessus du lot. Le dernier relais, enfin, j’ai rencontré un problème d’accélérateur. Il ne marchait pas bien, mais on ne pouvait pas se permettre de rentrer au stand. Nous aurions perdu notre avantage sur la Porsche/IMSA. Ça a tenu bon, et la BMW est sortie à quarante minutes du terme.

 

« Cette victoire, on ne s’y attendait pas. En début de course, je ne peux pas cacher que j’étais inquiet. Je me demandais pourquoi cette Porsche 997 GT3 RSR, qui domine les Le Mans Series et l’ALMS, pouvait se retrouver avec de tels écarts. En ligne droite, on concédait plus de 20 km/h à certaines GT3. On était pas loin de passer pour des idiots ! Mais il s’est avéré que notre stratégie était la bonne : aucune erreur, de la part des pilotes et du team, des bons arrêts au stand, de l’attaque quand il fallait et une voiture 100% fiable, dont la consommation a fait merveille. Tout cela est à mettre au crédit de Porsche.

 

« Sur le papier, nous étions parmi les favoris et c’est pour cela que j’avais voulu revenir à Spa : tenter de gagner à nouveau au général, comme en 2003. Les conditions étaient cette fois bien différentes. Ce qui est certain, c’est que je me suis régalé. Au delà de la victoire, j’ai pris un maximum de plaisir au volant de la GT3 RSR, un peu comme sur cette bonne vieille Nordschleife. Ça fait du bien de sortir de l’auto avec la banane. Et, bien évidemment, c’est superbe de s’imposer aux 24 Heures de Spa deux mois après Le Mans. Dommage qu’il n’y ait pas eu le Nürburgring : on en avait les moyens et cela aurait fait une saison historique. Elle est déjà plutôt réussie.

 

« Il me reste quelques occasions pour qu’elle le soit encore plus. J’irai découvrir le circuit de Budapest avec Felbermayr-Proton, pour aider le team à décrocher le titre. J’irai ensuite à Petit Le Mans et à Zhuhai. Et entre temps, j’ai une nouvelle Porsche de rallye à développer avec mon équipe “perso”. Nous avons de belles choses à faire. Là aussi, on va se régaler ! »

 

Romain Dumas

 

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