American Le Mans Series

Le point après la mi-championnat, GT2.

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A Lime Rock, les concurrents de l’American Le Mans Series ont franchi le cap de la mi-championnat. Alors que cinq meetings se sont déjà déroulés, quatre manches doivent être encore disputées. L’été sera chargé puisque deux semaines tout juste après Lime Rock, la caravane se rendra à Mid-Ohio. Direction ensuite Road America, à la mi-août, puis Mosport une semaine plus tard pour conclure un mois riche de trois épreuves. La finale se tiendra fin septembre, à Petit Le Mans. Mais avant toutes ces festivités, nous vous proposons un point sur les classements LMP et GT. Deuxième étape avec les GT2… Les classements sont ici.

 

Au premier regard, on se dit que Jörg Bergmeister et Patrick Long, leaders avec quatorze points, ont fait un petit pas vers le titre. Mais en y réfléchissant bien, le duo a seulement pris un léger ascendant. Tout peut être remis en cause en une fraction de seconde, Gimmi Bruni et Jaime Melo en ont fait l’amère expérience à Lime Rock. Poussée par une Corvette, leur Ferrari s’est retrouvée dans le mur de pneus, contrainte à l’abandon. Un zéro pointé et vingt unités de perdues sur le duo de tête… alors que Bruni et Melo étaient justement aux commandes avant de se rendre dans le Connecticut. A l’inverse, Bergmeister et Long menaient avant Salt Lake City, où ils avaient cédé leur position après avoir concédé douze points sur leurs rivaux « italo-brésilien ». En clair, tout va très vite en GT2 : la vérité du jour n’est pas forcément celle du lendemain !

 

Bergmeister et Long affichent des sacrées statistiques puisqu’ils ont toujours terminé dans le Top 5 : quatrièmes à Sebring, cinquièmes dans l’Utah, vainqueurs à Long Beach, Laguna Seca et Lime Rock ! Voilà qui vaut mieux que de trop longues explications. Cela permet aux pilotes du Flying Lizard de posséder une marge de quatorze points sur leurs plus proches rivaux. C’est aussi suffisant pour l’équipe californienne, qui domine le classement Teams pour… une petite unité. Idem pour Porsche chez les Constructeurs. Mais le Flying Lizard a un déficit de taille par rapport à Rahal-Letterman ou Corvette : il ne peut compter que sur une seule voiture de pointe. Porsche peut aussi s’appuyer sur le Team Falken, mais c’est tout de même un peu juste, nous y reviendrons.

 

BMW n’a pas gagné une seule des cinq courses. Mais la firme bavaroise a toutes les raisons d’être satisfaite. On l’a dit, elle n’est qu’à un point de Porsche et son représentant, Rahal-Letterman, est dans la même position. Au niveau des pilotes, Bill Auberlen et Tommy Milner sont deuxièmes, Dirk Müller et Joey Hand troisièmes. Le premier duo paye un « raté » à Laguna Seca, où il avait terminé huitième. Les deux Américains, pourtant sur le podium à quatre reprises sur cinq possible, ont clairement grillé leur joker. Quant au second tandem, il a été ultra-régulier : cinq fois dans le quinté. Mais il manque un succès pour le remettre dans la course. Avec un nouveau kit-aéro pour la M3 depuis Salt Lake City, cela pourrait arriver dans les prochaines semaines. Les BMW seront certainement redoutables sur les tracés rapides. Sauf s’il pleut… Lime Rock a en effet montré que les Allemandes n’étaient pas à leur aise dans ces conditions.

 

Eux aussi troisièmes, Gimmi Bruni et Jaime Melo payent au prix fort leur abandon à Lime Rock. Sans cela, ils seraient certainement au coude à coude avec Long/Bergmeister. A vrai dire, la Ferrari du Risi Competizione manque de régularité : victorieuse à Sebring puis quatrième à Long Beach et Laguna, de nouveau sur la première marche à Salt Lake City, puis non classée à Lime Rock. C’est d’autant plus regrettable que la F430 semble revigorée depuis son passage à l’E85. Et avec ce diable de Bruni, la Berlinetta semble même être presque intouchable. Mid-Ohio sera un tournant, à n’en pas douter. En conséquence, Ferrari et Risi sont troisièmes de leur classement respectif, à huit points. Tout est encore jouable, la seconde F430 alignée à Salt City et Lime Rock ayant chaque fois joué son rôle à fond, même si elle n’a pas concrétisé par un podium. Dommage, elle ne sera plus là lors de la prochaine manche.

 

Derrière Porsche, BMW et Ferrari se trouve Corvette. Les protégés de Doug Fehan vivent une saison plutôt « compliquée ». Les points perdus à Sebring ne se rattraperont pas et, un peu à l’image de la Ferrari, les C6.R n’ont pas été suffisamment régulières. Elles n’ont pas été très chanceuses et la fiabilité n’a pas toujours été au rendez-vous. Malgré leur riche expérience, les « Chevy boys » continuent leur apprentissage du GT2. Cela se traduit par deux podiums pour Magnussen/O’Connell, quatrièmes au classement, et un pour Beretta/Gavin, cinquièmes dans la hiérarchie. Ces équipages ne peuvent plus viser le titre. Ils tenteront donc de s’illustrer et de décrocher quelques victoires. La C6.R en a le potentiel, même si il lui manque encore un peu de performance pure sur un tour. En course, c’est souvent mieux. Mais les Corvette partent rarement depuis la première ligne. Et au milieu du peloton, il est souvent plus « facile » de se trouver impliqué dans un incident de course.

 

Extreme Speed Motorsports pointe au cinquième rang du classement Teams. L’équipe de Scott Sharp découvre cette saison l’ALMS et elle a réalisé quelques performances intéressantes avec ses Ferrari. Mais le niveau est très relevé et il n’est pas aisé de lutter avec les Usines ou leurs représentants officiels. Pour grimper sur le podium, il faudra faire un sans faute : Scott Sharp et Johannes van Overbeek ont quatre manches pour le faire, la seconde F430 ne pouvant espérer mieux que garnir le plateau.

 

Deuxième écurie du clan Porsche, le Team Falken progresse. On l’a souvent vu très en jambe lors des qualifications, avec de belles performances à mettre à l’actif de Wolf Henzler. Les débuts de course ont d’ailleurs régulièrement confirmé cette pointe de vitesse, mais la Porsche bleue et verte fini toujours par rentrer dans le rang. Les pneus Falken doivent encore gagner en constance et l’équipe progresser dans la gestion des ravitaillements.

 

Terminons enfin par les deux « artisans » de ce plateau. Après une pole lors du Petit Le Mans 2009, la Doran-Ford du Roberston Racing était attendue. Elle n’a pour l’instant pas reproduit cette performance. Le niveau de la concurrence y est pour beaucoup, tout comme la composition du trio. Mais avec un travail en soufflerie, un changement de fournisseur moteur et une deuxième Ford GT pour la finale, l’équipe managée par « H » Smith se donne les moyens de ses ambitions. C’est l’heure où jamais. Que dire de la Jaguar alignée par RSR. Les débuts ont été dramatiques, la voiture se battant avec les Porsche GT3 Cup. Depuis le retour du Mans, des progrès se font sentir. A Salt Lake City, il y avait du mieux. A Lime Rock aussi, où la XKR GT2 a même pointé un temps parmi les six premiers. Le bout du tunnel ? Il faut l’espérer.

 

Rappelons enfin que tous ces concurrents devraient être rejoints par la Panoz Abruzzi à Petit Le Mans. Avec sept constructeurs et des montures qui semblent globalement très proches les unes des autres, la fête sera totale !

 

Anthony Megevand

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