Tout finit par arriver. Il y a belle lurette que Fabien Rosier, l’ancien Volant ACO, courait après une première victoire en Challenge Moderne Protos, mais alors qu’il réalisait fréquemment soit la pole position, soit le meilleur tour en course, un grain de sable venait enrayer la machine, soit un pépin mécanique, soit la stratégie, soit la malchance. Le succès lui a souri cette fois à Lédenon, et dans des circonstances pourtant particulières puisqu’il a été obtenu sur une Norma M20 de 2006, concourant pour le championnat B ! Rosier n’a d’ailleurs pas décroché cette victoire avec son partenaire habituel François Guillet-Arnaud, mais avec Philippe Papin. En effet, Guillet-Arnaud avait subi un violent retour de volant lors de la manche précédente à Motorland Aragon et n’était pas en état de courir à Lédenon. Les résultats sont ici.
Qualifications
Comme d’habitude, elles ont été très disputées et la pole position s’est jouée entre deux sociétaires du Team Palmyr, des spécialistes de la chasse à la pole, David Zollinger, vainqueur du Challenge 2009, et Grégory Fargier. C’est finalement Zollinger, pilote de la Norma M200 aux 24 Heures, qui s’est imposé en 1’18″987 avec la Norma M20F n°1, reléguant à près de deux dixièmes la Norma M20F n°77. Rosier, avec sa “vieille” Norma M20, était troisième, mais à une seconde, devant la Norma JP Racing n°44 de Jens Petersen, la Norma IRS n°8 de José Ibañez et la Norma UK n°33 de Derrick Hooker. La première Ligier, la JS51 n°7 de Philippe Alliot/Philippe Haezebrouck n’était que huitième.
La course
Au départ, la chaleur était accablante. Comme souvent, Fargier ne prenait pas le départ, laissant ce soin à son équipier Leo Van Sande. Zollinger prenait un excellent départ et gardait la première place devant Ibañez qui avait jailli depuis la troisième ligne et Jens Petersen. Van Sande avait en revanche mal négocié ce premier tour et se retrouvait en onzième position.
La course, derrière Zollinger, était très animée. Petersen se ratait un peu et perdait trois places alors que Jean-Marc Menahem, parti en dixième position avec la Norma Palmyr n°2, accédait rapidement à la troisième place. Un autre pilote faisait aussi un début de course canon : le jeune Damien Delafosse, parti lui aussi en cinquième ligne avec la Norma IRS n°9, remontait très vite vers les avant-postes, doublait Menahem et se plaççait derrière son patron José Ibañez. Zollinger était le plus vite en piste et après 30 minutes de course, l’ordre était le suivant : 1 Norma 1 – 2 Norma 8 – 3 Norma 9 – 4 Norma 2 – 5 Norma IRS 10 (Cavailhes) – 6 Norma 33 (Hooker) – 7 Norma 44 – 8 Ligier 15 (Monclair) – 9 Ligier 7 – 10 Norma 6
Peu après, le Safety Car rentre en piste pour évacuer la Norma n°3 de Löïc Deman. Toute l’avance bâtie par Zollinger est réduite à néant. Cavailhes en profite pour ravitailler et le restart est donné alors qu’il reste encore un peu plus de deux heures de course. La Norma n°33 de Ryan Hooker a été ramenée à la ficelle.
La Norma de Van Sande est en difficulté, problème de moyeu. Après 1h10 de course, Zollinger prend un tour à William Cavailhes et ils ne sont plus que quatre dans le même tour : Zollinger, Ibañez, Delafosse et Menahem. A cet instant de la course, la Norma n°19 pilotée par Philippe Papin est 15ème.
Dix minutes plus tard, Ibañez ravitaille et passe le relais à Richard Mori. Delafosse stoppe aussi mais l’arrêt de la Norma IRS n°9 se prolonge. Papin stoppe à son tour et Fabien Rosier monte à bord de la Norma n°19. Fargier a pris lui aussi le relais sur la Norma n°77 et est le plus rapide en piste, mais il est loin du leader. Sur la Norma n°9, c’est un problème d’accélérateur qui a été la cause de l’arrêt prolongé.
Alors qu’on atteint la mi-course, deux voitures n’ont pas encore ravitaillé : celle du leader David Zollinger et la quatrième Norma Palmyr, la n°6 de Jean-François Yvon/Didier Beck. Un nouveau Safety Car va leur permettre de le faire en effectuant une bonne opération. Didier Beck cède le volant à Jean-François Yvon, alors que Stéphane Romiecki a relayé Cavailhes sur la Norma n°10. Mori passe également par la case stand, tout comme Rosier. Celui-ci repart et poursuit sa marche en avant. Après 70 tours, le classement est le suivant : 1 Norma 1 – 2 Norma 8 (à 43 secondes)- 3 Norma 10 – 4 Norma 19 – 5 Norma 6 – 6 Norma 2
Zollinger a été victime d’une crevaison et Mondolot n’était pas prêt à prendre le relais, prévu un tour plus tard! La Norma IRS n°8 prend la tête. Rosier grappille bientôt une place supplémentaire, il est troisième, Romecki quatrième, Faggionnato (Norma n°2) cinquième et Haezebrouck (Ligier n°7) sixième.
A 50 minutes de l’arrivée, Richard Mori a huit secondes d’avance sur la Norma n°1 de Mondolot et une vingtaine de secondes sur Rosier. Celui-ci poursuit sa marche en avant. Alors qu’il avait pris la voiture en dix-septième position, il est maintenant dans les roues de la voiture de Mondolot, et il la passe sans coup férir. Il ne s’arrête pas en aussi bon chemin et attaque la Norma IRS n°8. Mori doit capituler et Rosier prend la tête à 40 minutes de l’arrivée.
Cinq minutes plus tard, nouveau safety car pour dégager la Funyo n°27 bloquée sur la piste. Le restart est donné alors qu’il ne reste que 20 minutes de course. Rosier recreuse immédiatement l’écart sur Mori et Mondolot qui échangent plusieurs fois leurs positions. A 5 minutes de l’arrivée, ce combat cesse cat la Norma IRS de Mori n’a plus qu’un seul rapport de boîte et doit laisser passer la voiture soeur, la n°10 de Stéphane Romecki/William Cavailhes, qui prend la dernière place sur le podium, derrière Rosier/Papi, vainqueurs, et Zollinger/Mondolot; deuxièmes.
Avec leur deuxième place, Zollinger et Mondolot confortent leur avance au Challenge, avec désormais une belle marge sur Menahem/Faggionnato et Cavailhes/Romecki qui sont au coude à coude.
Claude Foubert