Cette saison, Vincent Vosse a mis sa carrière de pilote en stand by pour lancer le W Racing Team en compagnie de Yves Weerts. L’équipe a mis la barre très haute dès sa première année avec une présence en Championnat de France GT3 et Belcar avec deux Audi R8 LMS, ainsi qu’en BTCS avec deux Volkswagen Scirocco. A mi-saison, il est temps de dresser un premier bilan, principalement en Championnat de France. C’est donc au Val de Vienne que nous sommes allés à la rencontre de Vincent pour avoir son sentiment, avant d’affronter le mois prochain les 24 Heures de Spa avec trois Audi R8.
Laurent Mercier : Vincent, quel bilan dresses-tu de la première partie de saison du team en Championnat de France ?
Vincent Vosse : « Les débuts ont été difficiles compte tenu d’un niveau de championnat très élevé. C’est l’un des championnats GT3 les plus relevés, si ce n’est le plus relevé. En tant que team Audi, nous sommes aussi confrontés à la concurrence devant de ORECA et de Phoenix/Sainteloc. Il faut voir aussi le calibre des pilotes en piste avec des Bouchut, Ortelli, Ayari. C’est du très haut de gamme ! En début de saison, notre objectif était clair : faire un sans faute et apprendre un maximum. Nous découvrons ll’auto mais aussi les circuits. Pour le moment, nous ne sommes pas gâtés car les Corvette Z06 sont au dessus du lot, même avec un nouveau rééquilibrage de la balance de performance. En FFSA, nous avons toujours eu les 8500 tr/mn, ce qui n’est pas forcément le cas dans les autres séries où roulent les R8. A Dijon, nous nous étions rapprochés de ORECA qui connaît l’auto par cœur. Je suis déjà très fier de tout ce que l’équipe a fait depuis le début de l’année, tout comme notre collaboration avec Audi. On paie juste un peu le bon résultat des Audi en 2009. A qui peux-t-on comparer des Phoenix, Team Rosberg ou Abt, à part à des teams satellites Audi… A un moment cela paiera. Il nous faut juste garder le même niveau de préparation toute l’année ».
Le pilotage ne te manque pas trop ?
« Être Directeur Sportif, c’est autre chose. Je suis un éternel passionné et cela aide énormément. Je connais bien le milieu et j’ai toujours eu une vision d’ensemble dans les diverses équipes où j’ai roulé. Cependant, maintenant j’ai une vision différente car j’ai celle de l’extérieur et moins celle de l’intérieur, contrairement à lorsque je pilotais. C’est un énorme travail, certainement encore plus compliqué que celui de Team Manager. Je participe tout de même aux décisions techniques et je suis très bien entouré. Nous sommes conscients de nos petites erreurs et nous les corrigeons au fur et à mesure. Nous travaillons dans une ambiance conviviale mais professionnelle. Nous souhaitons avoir un côté technique professionnel et familial côté hospitality ».
Le gros morceau de la saison va être les 24 Heures de Spa. Les trois équipages sont finalisés ? L’objectif sera la victoire ?
« Pour le moment, rien n’est finalisé. J’ai une base qui tourne autour de Greg (Franchi), Stéphane (Lémeret), Kurt (Mollekens) et moi-même. J’ai une place derrière le volant pour cette épreuve, d’une part car j’en ai envie et d’autre part parce que certains de mes partenaires me l’ont demandé. Toutefois, la priorité sera donnée à l’équipe. Si je dois pénaliser le team, je ne le ferai pas. Ce sera ma 15ème participation, la première étant sur une Audi en Supertourisme, avec déjà René Verbist comme ingénieur. Quand je vois ce que fait Michael Bartels à Spa en pilotant et en gérant le Vitaphone Racing, je sais que ce n’est pas évident car nerveusement c’est dur de tout gérer. Il veut que tout soit parfait. J’ai connu aussi cette perfection quand je roulais chez Larbre Compétition et j’ai beaucoup appris avec Jack Leconte. Je comprends mieux maintenant quand Jack me disait en fin de relais que les pneus étaient encore tout bons (rires) ».
« Les équipages seront annoncés sous peu mais je peux déjà lever le voile sur la troisième R8 qui sera partagée par David Tuchbant, Jean-Luc Blanchemain, Christian Kelders, avec Fred Bouvy comme capitaine de route. Je veux aussi que ces gentlemen progressent, même s’ils sont là aussi pour se faire plaisir. Ils savent où ils en sont et ils ont la même mentalité avec aucun problème d’ego. Le team n’est pas fait que pour des pilotes professionnels et nous leur donnons le même service ».
« Pour l’objectif en course, bien entendu c’est la victoire, même si nous ne savons pas si l’auto roulera en G2 ou en GT3. Nous savons que ce sera dur de se battre contre les Porsche et Ferrari engagées en GT2. D’ailleurs pourquoi l’avoir ouverte aux GT2 et pas seulement aux GT3 et GT4 ? La catégorie GT3 est magnifique et il y a une forte demande avec 14 ou 15 modèles pouvant être éligibles. C’est très dur de motiver un importateur, des sponsors et des pilotes pour ne pas jouer la gagne. Il ne faut pas dégoûter les passionnés. Si au départ, on a que 6 ou 7 GT2, on pourra dire que l’épreuve a raté son objectif, même si j’ai énormément de respect pour Stéphane Ratel pour tout le travail abattu car c’est vraiment quelqu’un qu tire le GT vers le haut ».
As-tu déjà des idées pour la saison prochaine ? Poursuivre dans les mêmes séries ou relever un nouveau défi ?
« Pour le moment, on ne sait pas. Nous nous concentrons pleinement sur les séries où nous sommes engagés et nous verrons en fin d’année. Nous roulons avec les R8 dans deux championnats attrayants pour nos pilotes et les deux séries sont politiquement correctes. Nous verrons bien… Pourquoi pas un championnat et quelques courses d’endurance. Nous sommes clients d’Audi Sport, comme l’est ORECA ou Phoenix. Nous avons le soutien de l’importateur belge et c’est pour nous très important car l’aide est conséquente et je ne parle pas de l’aspect financier. J’ai un tas d’idées, des demandes et plein de contacts. Toutes les personnes qui sont impliquées avec moi sont des amis de longue date, aussi bien en Championnat de France qu’en Belcar ».
Pour ses débuts en compétition, W Racing Team fait les choses bien avec un habillage de stands du plus bon goût avec chaque chose à sa place. Les camions sont du même standing avec en prime un réceptif où il fait bon vivre. « Nous ne faisons pas cela pour le paraître » nous précise Vincent. « Tout est fait pour que chaque personne du team travaille dans les meilleures conditions ». Nous avons pu vérifier par nous-mêmes que tel était le cas et que le professionnalisme de tout le team ne fait aucun doute.
Remerciements à Vincent Vosse et toute son équipe pour leur accueil
Propos recueillis par Laurent Mercier