Pour sa troisième participation aux 24 Heures du Mans, Olivier Pla s’est de nouveau montré à son avantage au sein du Quifel-ASM Team. Quatrième des qualifications, et premier des « non Honda », le Toulousain avait pris un bon départ, pointant régulièrement dans le Top 3. Mais la fiabilité de la Ginetta-Zytek n°40 en a décidé autrement. Il terminera finalement septième, loin du podium tant espéré. Le Champion Le Mans Series LMP2 en titre se tourne désormais vers une deuxième partie de saison durant laquelle il veut briller.
Olivier, Quifel-ASM brille souvent en Le Mans Series, mais semble peiner au Mans. Comment tu expliques cela ?
« Sur les trois éditions que j’ai disputé, les facteurs sont bien évidemment très différents. En 2008, nous avions terminé à la quatrième place, mais l’auto était dépassée. En 2009, nous sommes passés de la Lola à la Zytek. Il nous manquait clairement de la vitesse de pointe face aux Porsche. Et puis il y a eu ce problème de freins qui a mis fin prématurément à notre course. Du coup, je ne retiens pas grand chose de cette édition. »
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
Pour ces 24 Heures du Mans 2010, la préparation n’a pas forcément été idéale…
« Jusqu’à Spa, je dois dire que nous étions effectivement assez inquiets. Au Castellet, sur un circuit typé Le Mans, HPD nous avait dominé comme il faut. On ne s’y attendait pas à ce point. Le kit aéro ne fonctionnait pas comme on l’espérait. Heureusement, nous avons eu deux bons jours d’essais à Motorland. Nous avons passé de nombreuses configurations en revue et nous sommes repartis de ces tests avec plus de sérénité.
« Au Mans, nous étions mieux, mais nous manquions encore de Vmax. Sur le papier, 303km/h contre 306km/h, la différence n’est pas énorme. Le problème, c’est que les HPD devaient atteindre cette vitesse bien plus tôt que nous. Et sur le chrono, la différence est pour le coup assez importante. »
En début de course, tu étais tout de même compétitif…
« Nous étions effectivement plus rapides que la Pescarolo n°35 et ce sans taper dans l’auto. Nous étions sur le podium virtuel jusqu’à 4h30, avant que la transmission ne casse. Malheureusement, elle a cassé du côté de la boîte, ce qui nous a coûté près de 25 minutes. Nous sommes repartis au cinquième rang. Les espoirs de podium s’étaient réduits, mais n’étaient pas complètement passés. Et puis un de mes coéquipiers est sorti de la piste dans la matinée. »
Quel regard tu portes sur cette septième place ?
« Le point positif, c’est que nous étions dans le coup pour un podium à la régulière. Honda faisait sa course. Nous, nous faisions la notre. OAK a fait du super boulot. Nous, nous avons connu deux soucis. Sans cela, je pense que nous aurions pu terminer devant OAK. Nous étions vraiment bien et, je le répète, sans faire souffrir la voiture. Mais il ne faut pas rencontrer le moindre problème au Mans. Je suis déçu parce que le podium était à notre portée. »
Maintenant, place à Portimao ?
« C’est la course à domicile pour Quifel-ASM. Ce ne sera pas facile, mais nous allons essayer de faire aussi bien que l’an dernier. Nous aurons quelques évolutions, dont une sur laquelle nous comptons beaucoup. J’espère que cela nous permettra de nous rapprocher des HPD. Comme à Spa, il ne faudra pas faire de faute. »
Conserves-tu un objectif au championnat ?
« Ça fait un peu cliché, mais nous sommes dans du « course par course ». Le déficit de points concédé au HTTT fait que, dès le soir de la première manche, nous savions que la première place du championnat était compromise. Compte tenu de la qualité des teams comme OAK, RML et Strakka, je ne m’attends pas à ce qu’il y ait de la casse. L’objectif est de monter sur le podium et, si possible, sur la première marche aussi souvent que possible. Nous ferons les comptes après. »
Tu as dis que tu appréciais les trois prochains circuits…
« Oui, c’est vrai. J’ai bien aimé Portimao l’an dernier et j’adore Silverstone. L’an dernier, nous avions été performants avec la Ginetta-Zytek. Elle s’exprimait vraiment bien là-bas. Le Hungaroring, j’apprécie aussi. J’y ai roulé en GP2 et j’en garde un souvenir… mitigé. J’étais en tête jusqu’à quatre tours de la fin, avant un problème d’accélérateur. Le circuit n’est pas évident. Il faudra gérer le trafic intelligemment. Globalement, ces pistes devraient bien nous convenir… »
Hormis ton programme avec Quifel-ASM, d’autres courses sont au programme ?
« J’y travaille. Je souhaite faire quelques courses en GT, notamment les 24 Heures de Spa. C’est une épreuve qui me plairait bien. J’aimerai également refaire le Petit Le Mans, que j’avais découvert en 2008 avec Zytek. Je m’étais régalé et j’avais beaucoup appris… »
Propos recueillis par Anthony Megevand



