« Chose promise, chose due. Voici la suite de mes chroniques sur les 24 Heures du Mans 2010. Après l’avant-course (voir ici), place aujourd’hui à ma course…
« Le warm up s’est déroulé sur un revêtement gras-mouillé. Nous avons roulé dans l’ordre de la course afin de bien nous roder pour les changements de pilotes : Timo prenait le départ, puis je le relayais, avant que Mike s’installe dans le baquet. Nous avons décidé ça par… ordre alphabétique. Je dois l’avouer, également parce que Timo prend souvent des bons départs et que je n’aime pas prendre les départs. Aussi parce que Timo a toujours entamé les grandes épreuves que nous avons remporté ! Le warm up a en tout cas confirmé ce que nous pensions : l’Audi était bien dans ces conditions un peu changeantes. Malheureusement, ce n’est pas ce qui était prévu pour la course…
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« Avant la mise en grille, nous sommes passés par la traditionnelle photo de groupe. Avec Timo et Marc (Lieb), nous en avons profité pour faire une photo pour Marcel Tiemann, à qui nous avons beaucoup pensé cette semaine et à qui nous souhaitons un rapide et bon rétablissement.
« Timo a pris un départ sage, mais un bon départ. Nous avons enchaîné nos relais comme prévu, en suivant une bonne cadence et sans commettre d’erreur. Finalement, nous avons connu une seule alerte, lorsque j’ai percuté un caméraman dans la voie des stands. J’ai vu un photographe se retirer au dernier moment, mais je n’ai pas vu cette personne. J’espère qu’il n’y a rien eu de grave…
« Après un changement de rétroviseur, nous avons repris notre marche. L’idée, c’était de rouler en évitant les gros vibreurs pour ne pas taper dans la voiture. Nos mécanos ont fait du bon boulot, se montrant aussi rapides que ceux des autres R15. Je pense d’ailleurs que nous avons bien progressé sur ce point entre Spa et Le Mans. Dans la nuit, la Peugeot/Oreca a malheureusement connu un problème. On s’est retrouvé deuxième et nous avions compris depuis déjà un bon moment que nous devions être la meilleure des Audi. Cela m’a d’ailleurs valu une bonne passe d’armes avec Tom Kristensen un peu plus tôt. Quoi qu’il en soit, il a fallut attaquer au bon moment, c’est à dire au petit matin. Avant cela, on ne s’était vraiment pas préoccupé des autres. On faisait notre course. Et puis, on voyait la Peugeot n°1 revenir, et on ne voulait pas que la 908 n°2 nous distance de trop.
« Là, on s’est tout de même dit qu’il n’allait pas falloir dormir… On a haussé le rythme, avec l’ingénieur qui nous demandait de rouler en 3.22. La n°2 a abandonné et on a pris la tête. On a aussi pris plus de risques, parce que la n°1 était toujours dans le coup. La situation était un peu bizarre, stressante même. En fin de matinée, j’ai terminé un relais de quatre heures. Je crois que nous avions un tour d’avance. Alors que Mike roulait, on s’est retrouvé avec Timo et on s’est dit : ils nous ont pas pris un tour lors des quatre dernière heures, ils ne vont pas nous en reprendre un dans les quatre dernières ! Personnellement, j’avais le sentiment d’avoir fait tout ce que je pouvais. Si ça passe, ça passe… Si ça ne passe pas, ça ne passe pas.
« L’attente est devenu insupportable. Je suis resté dans mon bungalow, avec des boules-quies pour ne rien entendre. J’ai essayé de passer le temps, en mangeant, en me douchant, en faisant mon sac. Je n’ai jamais été aussi prêt avant la fin d’une course. Et puis à une demi-heure de la fin, je suis allé sur le muret. Reinhold Joest m’a alors demandé ce que ça faisait de gagner Le Mans. J’ai répondu, un peu gêné, que ce n’était pas encore le cas. Je comptais les minutes, les secondes. Et puis la délivrance est arrivée… Je vous raconte la suite bientôt… »
Romain Dumas



