« Salut tout le monde ! C’est avec un grand plaisir que je vous écris cette chronique. Et pour cause, je suis reparti des 24 Heures du Mans avec la plus belle des victoires en poche, acquise à bord de l’Audi R15 « plus » en compagnie de Timo Bernhard et Mike Rockenfeller. Alors pour fêter ce succès, pour le partager avec vous, je vous proposerai dans les jours et semaines à venir quatre chroniques. Restez donc au contact…
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« Cette première chronique sera consacrée à mon avant course. La grande semaine sarthoise a débuté comme de coutume avec le Pesage. Je suis arrivé la veille au Mans, une ville que je connais bien pour y avoir fait mes études. Le lendemain, direction les Jacobins pour les vérifications techniques et administratives. Beaucoup de gens étaient venus découvrir cette fameuse R15 « plus ». J’ai recroisé également pas mal de monde avec qui j’étais au lycée. C’est toujours sympa de voir comme chacun évolue d’une année sur l’autre. Vous vous en doutez, les pilotes Audi ont été très sollicités par la presse à l’occasion de cette journée, avec notamment la question typique sur nos objectifs. A ce moment là, j’imaginais un écart d’une à une seconde et demie en faveur de Peugeot. Mon discours a toujours été le même : la fiabilité était l’argument à mettre en avant…
« Mardi, j’ai fait un petit tour du circuit, dont les parties routières avec ma voiture bien évidemment. C’était aussi le début des festivités, avec une session d’autographes durant laquelle la pluie s’est invitée. Nous avions commencé à établir notre programme pour les essais, mais avec l’arrivée de la pluie, nous avons vite compris que la météo allait être un perturbateur et qu’il serait difficile de planifier quoi que ce soit. De fait, les premiers essais devaient nous permettre de rouler pour prendre nos marques. Nous nous sommes rapidement aperçus que l’écart avec les Peugeot était supérieur à celui que nous imaginions. Je ne vais pas vous le cacher, à cet instant c’était un peu la soupe à la grimace. Il a fallu un peu de temps pour digérer cela et nous avons débriefé jusqu’à 2h du matin. Ce débriefe a été conclut par le Dr Ullrich, qui a remotivé les troupes.
« Le jeudi a été plus positif. De manière assez surprenante, les Peugeot n’étaient pas aussi rapides que la veille. Du coup, nous avons réduit l’écart de moitié… et retrouvé un peu le sourire. Je devais aller chercher un chrono, mais il a commencé à bruiner. Quand Mike a roulé, les conditions étaient meilleures et il se sentait bien. J’ai de nouveau roulé en fin de séance, pour régler les phares, et j’ai fait trois tours en 3.22. J’ai compris que nous commencions à être bien.
« Vendredi, c’était l’heure du briefing d’avant course, et la consigne était simple : faire la même course que celle réalisée par Audi en 2008. C’est à dire ne commettre aucune erreur et rester suffisamment près de Peugeot pour mettre la pression. Ensuite, place à conférence de presse. Le Docteur Ullrich n’a pas caché qu’il voyait les Peugeot plus rapides, et que l’écart était relativement logique dans la mesure où Le Mans ne peut pas se simuler parfaitement. La 908 roule depuis 2007 au Mans, la R15 depuis seulement l’an dernier. Cette conférence, c’est logiquement l’occasion de parler avec quelques journalistes français. Ils sont nombreux à m’avoir dit que Peugeot allait gagner. Moi, j’ai répondu que nous allions gagner. Pas par prétention, simplement parce que nous avions une auto facile à piloter et fiable. Et que, comme pour Sebring en 2008, ou aux 24 Heures du Nürburgring, j’étais persuadé qu’il y allait avoir de la casse, soit sur la mécanique, soit via des accrochages. Beaucoup ne m’ont pas cru…
« Cette semaine s’est terminée par la traditionnelle Parade des pilotes, avec une foule toujours aussi nombreuse. Un moment toujours agréable car on y rencontre beaucoup de supporters. Le lendemain, place à la course. Je vous dis à bientôt pour vous dire comment elle s’est déroulée… même si vous connaissez la fin
»
Romain Dumas



