Ryan Dalziel fait partie de la grosse quarantaine de rookies de la 78ème édition des 24 Heures du Mans. Bien qu’il n’ait que 28 ans, il a déjà une carrière bien remplie et il possède un palmarès très appréciable : deux fois vice-champion de Formule Atlantic, (2003 et 2004), une saison en ALMS avec la Corvette C5-R du Pacific Coast Motorsports (2005), 1 saison en Grand-Am avec la Riley Pontiac du Pacific Coast Motorsports (2006, une deuxième place), une saison de Champ Car en 2007 avec le Pacific Coast et quatre courses de Grand-Am avec SAMAX dont une deuxième place dans les 24 Heures de Daytona la même année, une saison mixte en Grand-Am en 2009, et cette année son recrutement par le Team JaguarRSR pour la saison ALMS et les 24 Heures du Mans, une vicoire aux 24 Heures de Daytona avec la Riley Porsche V8 de l’Action Express Racing et la suite de la saison du Grand-Am avec la Riley BMW du Starworks Motorsport, Grand-Am dont il occupe pour l’instant la deuxième place du classement pilotes. Pourtant, le pilote écossais -il est né en avril 1982 à Glasgow- est méconnu en Europe, pour avoir fait toute sa carrière au plus haut niveau Outre-Atlantique. Nous l’avons rencontré mardi au circuit après la séance d’autographes.
Ryan, c’est la première fois que vous faites les 24 Heures du Mans. Que représente cette course pour vous?
“Du point de vue de l’histoire, c’est évident, les 24 Heures sont connues partout, et particulièrement en Grande-Bretagne. Par contre, quand on est pilote de monoplace, comme en Formule Atlantic ou en Champ Car, on n’y pense pas trop. Mais dès que j’ai fait de l’endurance, que j’ai disputé les 24 Heures de Daytona, j’ai vu les choses différemment et c’est vraiment quelque chose que je voulais réaliser.”
De plus, en tant que pilote britannique, faire cette course avec Jaguar, c’est certainement particulier?
“Absolument, le nom de Jaguar en Grande-Bretagne, c’est vraiment quelque chose qui compte. Les victoires au Mans ont marqué les esprits. C’est pourquoi quand j’ai été appelé pour faire partie du team JaguarRSR pour courir en ALMS et prendre part aux 24 Heures du Mans, j’ai été très honoré et très fier de venir au Mans.”
Est-ce que la Jaguar a été améliorée depuis le début de l’année?
“La Jaguar est une voiture très jeune puisqu’elle n’a fait qu’une seule course en 2009. Nous avons beaucoup de choses à apprendre, nous devons faire beaucoup de développement. Nous avons deux voitures, et après chaque course on passe en revue tout ce qui n’a pas bien fonctionné et on fait le développement en conséquence. On progresse petit à petit et nous sommes dans la bonne direction. En qualifications, c’est vrai que nous souffrons, mais en configuration course, nous sommes de plus en plus près des meilleurs de la catégorie. Les performances ne sont pas loin, comme les temps en course à Laguna Seca l’ont montré. Il faut de la fiabilité et de la régularité; ça vient, même s’i nous devons encore travailler.”
Quel est le problème principal de la XKR depuis le début de la saison? Le poids?
“Non, ce n’est pas une seule chose, c’est l’ensemble des choses que nous devons perfectionner une à une. Le moteur est bon, puissant, il faut mettre tout en place.”
Paul Gentilozzi parlait lors des Vérifications Teachniques d’un programme de cinq ans, d’un programme usine?
“Oui, c’est un programme qui s’étale sur plusieurs années. Je ne sais pas si Paul comprend l’année dernière dans ces cinq années, mais c’est vraiment un programme sur la durée. Un programme usine aussi, car sans le soutien de Jaguar, ce programme n’existerait pas.”
En lisant les communiqués, on a l’impression que Jaguar s’implique davantage?
“Oui, de plus en plus, mais Jaguar a toujours été derrière le projet.”
Bill Riley était hier présent avec l’équipe lors des Vérifications Techniques. Quel est son rôle exact au sein du team?
“Bill travaille en tant qu’Ingénieur pour le team. Il apporte toutes ses connaissances techniques et aide également le développement de la voiture avec sa société Riley Technologies. Je connais très bien Bill puisqu’il est mon ingénieur en Grand-Am avec le Starworks Motorsport. Paul Gentilozzi le connaît bien aussi et Bill a longtemps travaillé avec Marc Goossens. Chez Jaguar RSR, nous nous connaissons tous très bien. L’un des ingénieurs était un de mes ingénieurs chez Pacific Coast Motorsport.”
Vous allez retrouver les Corvette avec lesquelles vous avez eu quelques belles batailles en ALMS?
“Oui, nous avons eu quelques bonnes bagarres avec les Corvette officielles, mais aussi avec la Saleen de Terry Borcheller et Johnny Mowlem, des Viper et même la Maserati MC12, la Maserati Corse. Nous avons eu de belles courses.”
Vous avez remporté les 24 Heures de Daytona en début d’année. Vous pouvez nous en dire quelques mots?
“C’était exceptionnel. Quand le Brumos Action Express m’a demandé de courir pour eux, j’étais content, mais je ne pensais pas du tout à la victoire. Pendant les qualifications, nous n’étions pas bien du tout, assez loin des meilleurs. En course, la voiture était bien mieux, et peu à peu nous avons grimpé dans le classement, sans y croire encore. Puis on a commencé à se battre avec la voiture de Ganassi, j’ai pu mener la course pendant un bon moment. C’est à ce oment là que les mécaniciens ont commencé à croire que l’on pouvait gagner. Les pilotes, ensuite, nous avons tous eu le même sentiment et nous étions tous très excités. Le duel avec Ganassi à la fin, c’était fantastique, alors que notre voiture était fatiguée et la victoire, c’était tout simplement fantastique.”
Que pensez-vous de votre coéquipier en Roles Series, Mike Forest?
“Mike est un pilote relativement jeune en endurance, après avoir fait une jolie carrière en monoplace. Il est extrêmement sérieux et ne fait pas de fautes. C’est lui qui qualifie la voiture, nous nous entendons très bien et nous allons avoir de bons résultats.”
Que pensez-vous du plateau GT2 des 24 Heures du Mans 2010?
“C’est absolument incroyable. Déjà aux USA, la catégorie GT2 est très forte, avec une dizaine de voitures qui peuvent gagner chaque course. Ici, c’est encore plus fort. Avec Corvette, BMW, Porsche et Ferrari, la compétition va être très dure. Je pense que la course des GT2 sera plus intéressante que celle des GT1. Nous essaierons de faire de notre mieux et nous savons que nous pouvons compter sur le soutien du public britannique pour Jaguar.”
Nous remercions vivement Ryan,
Propos recueillis par Claude Foubert