Pour tout pilote qui se respecte, les 24 Heures du Mans représentent le must du must avec tout ce qui va avec : une course de 24 heures, une ambiance si particulière, une semaine complète de présence au Mans, un circuit atypique de plus de 13 km, etc… On arrêtera là, tant les exemples sont nombreux. Nous sommes allés à la rencontre de plusieurs pilotes, pour qu’ils nous parlent de ce mythe. Le but est de leur poser quatre questions en trois minutes, d’où le nom 4×3. Premier épisode avec Harold Primat (Lola Aston Martin AMR), Olivier Pla (Ginetta-Zytek Quifel ASM Team) et Manuel Rodrigues (Audi R10 TDI Kolles).
Laurent Mercier : Votre premier souvenir des 24 Heures du Mans remonte à quand ?
Harold Primat : « Lorsque j’étais gamin, je suivais la course à la télévision. Déjà à l’époque, ça m’avait interpellé et j’ai réellement découvert l’épreuve en 2005 lorsque j’y ai fait mes débuts de pilote ».
Olivier Pla : « Cela remonte où je roulais à la Filière Elf. Bien entendu, je connaissais l’épreuve de nom et de réputation. Je suis venu pour la première fois en 2007 ».
Manuel Rodrigues : « J’ai débuté comme mécanicien automobile et je connaissais Le Mans de réputation. Je suis venu ici la première fois en 1989 avec mon beau-frère et j’ai été bluffé. Ce qui me fait drôle, c’est que j’étais là en 1993 quand Christophe (Bouchut) a gagné. Mais j’étais en face sur les gradins et 17 ans plus tard, je suis devenu son coéquipier (2009 chez JMB Racing)”.
Quel est le meilleur moment de la semaine et le pire ?
Harold Primat : « Être dans la voiture et voir que tout fonctionne bien est bien entendu le meilleur moment. J’aime aussi l’ambiance du Pesage des Jacobins où le public peut approcher les pilotes facilement. Pour moi, rien n’est négatif durant toute la semaine. Ce n’est que du bonheur… »
Olivier Pla : « Deux moments forts pour moi : rouler en pneus tendres avec peu d’essence pour faire un tour qualif’ et le départ avec toute l’ambiance qui peut régner sur le circuit. Comment peux-t-on trouver quelque chose de négatif ici ? (rires) »
Manuel Rodrigues : « Je ne peux pas en dégager un seul et je dirai dans l’ordre : prendre le volant pour la première fois en course, la Parade des Pilotes avec tout le public et le Pesage des Jacobins. Le pire pour moi est le lundi car il n’y a pas grand chose à faire et être seul dans sa chambre le soir ».
Si vous aviez la possibilité de rouler au Mans avec une auto de votre choix, ce serait laquelle et pourquoi ?
Harold Primat : « De toute façon, ce serait un prototype et évidemment celui qui me ferait gagner la course. Rouler dans la Mazda qui a gagné en 1991 ou dans la Bentley Speed 8 en 2003 m’auraient bien plu ».
Olivier Pla : « A coup sûr un prototype ! Je dois avouer qu’une Porsche 911 GT1 m’aurait bien fait vibrer, avec son look si particulier. De plus, c’est une Porsche et qui dit Porsche dit Le Mans ».
Manuel Rodrigues : « Le modèle m’importe peu mais ce serait une Porsche. La marque est intimement liée à cette course ».
Comment voyez-vous Le Mans dans dix ans ?
Harold Primat : « Le danger serait de ne plus entendre le son mélodieux du V12 Aston Martin (rires). Malheureusement, le son des autos risque de diminuer et c’est un peu dommage. Mais dans dix ans, j’espère que j’aurai gagner au moins une fois ».
Olivier Pla : « Les nouvelles technologies seront bien présentes mais j’espère que nous n’aurons pas 56 autos électriques au départ car sans bruit, les spectateurs risquent de se lasser. Nous allons droit vers l’hybride et l’hydrogène par exemple”.
Manuel Rodrigues : « Que rien ne change ! C’est très bien comme c’est actuellement. Il faut surtout garder cette communion avec le public et dans dix ans j’espère bien être encore là pour le voir ».
Propos recueillis par Laurent Mercier