Allan Simonsen s’apprête à disputer pour la quatrième fois les 24 Heures du Mans. La deuxième consécutive à bord de la Ferrari du Hankook-Team Farnbacher. Le Danois, véritable touche à tout avec des expériences en V8 Supercar, Rallye ou Drift, sort d’une belle deuxième place aux 24 Heures du Nürburgring. De quoi aborder avec ambition la classique sarthoise…
Allan, avant d’évoquer les 24 Heures du Mans, parlons d’un autre double tour d’horloge, celui du Nürburgring. Finir deuxième avec la Ferrari Hankook-Farnbacher est un classement plutôt incroyable, non ?
« C’est vrai que c’est un superbe résultat, pour la première participation de la Ferrari F430 à cette épreuve. Nous avions seulement fait deux courses de préparation en VLN. Nous avons dominé les premiers essais, qui se sont déroulés dans des conditions intermédiaires. Nous étions bien aussi lors de la deuxième séance. Malheureusement, nous n’avons pas pu faire la dernière session qualificative après un accident. Nous sommes partis 46e, mais nous savions que nous étions forts. Terminer deuxième, c’est un sacré accomplissement. Il nous manquait 60cv par rapport à la concurrence, mais nous n’avons pas connu le moindre problème et, évidemment, d’autres ont été ralentis par des ennuis. C’est un bon début avant Le Mans ! Cela nous a permis de bien travailler ensemble et cela rend la vie plus facile… »
Tu as multiplié les expériences, que ce soit en Europe ou en Australie par exemple. Qu’as-tu pensé de la Nordschleife ?
« En Australie, lorsque l’on me pose la question, je dis que cela ressemble à Bathurst. En Europe, je dis que c’est un rallye asphalte. C’est un lieu incroyable. C’est dangereux aussi, mais le niveau est tellement relevé qu’il faut aller chercher le dernier dixième. Cela demande un peu de temps pour s’habituer à un tel tracé. »
Ces expériences diverses, telles que le V8 Supercar, le Rallye, ou encore le Drift, te sont-elles bénéfiques pour le circuit ?
« Oui bien évidemment. Rouler tout le temps, c’est la meilleure chose pour un pilote. Cela permet de mieux comprendre comment chaque team fonctionne. C’est aussi une aide précieuse lorsqu’il faut mettre au point une auto. »
Et quelle est ta préférence ?
« Le circuit. C’est mon travail principal et c’est là qu’il y a le plus d’enjeux. Depuis 2007 et ma première participation, Le Mans est ma course préférée et ça le restera. »
A terme, quel est ton but ? Est-ce de rester en GT ?
« Lorsque j’ai roulé en Protos en 2008, je n’avais pas la meilleure voiture du plateau. Mais quand je repense à la semaine que j’avais passé, j’ai toujours un grand sourire sur le visage. C’est si bon à piloter. J’aimerai en refaire. D’un autre côté, comme tout pilote je veux travailler avec une Usine. C’est le cas avec Hankook et j’espère que ce sera aussi le cas avec un constructeur. »
Pour revenir à l’édition 2010, quel est l’objectif avec la Ferrari du Hankook-Team Farnbacher ?
« L’an dernier, nous étions en tête du GT2 après deux ou trois heures de course. Nous avons montré notre niveau de performance. Nous avons encore du travail à faire pour être plus rapides, mais il ne faut pas oublier qu’on se bat contre des armées, telles que Michelin ou Dunlop. En peu de temps, nous avons déjà fait de belles choses : des podiums en Le Mans Series, une victoire en Asian LMS, une 2e place aux 24 Heures du Nürburgring… »
Au Nürburgring, personne ne vous voyait sur la deuxième marche du podium. Peut être que l’histoire se répétera au Mans…
« Pourquoi pas ! Ce sera génial de monter sur le podium. Mais le GT2 de cette année est le plus fort de toute l’histoire. Et la plupart des teams peuvent compter sur deux voitures. Certains disent aussi qu’on ne peut pas être performant compte tenu de nos pneus. Nous, avec Dominik, on est déterminé à démontrer le contraire depuis le lancement du programme. On peut surprendre du monde ! »
Anthony Megevand