Le Mans

Luc Alphand : « Il ne me manque pas beaucoup… »

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Après plus d’une dizaine de départs aux 24 Heures du Mans, Luc Alphand ne participera pas à l’édition 2010. L’ancien skieur s’était blessé l’été dernier après une chute à moto. Nous l’avons rencontré lors du traditionnel Pesage.

 

Luc, tout d’abord, comment vas-tu ?
« Ça va bien, mais pas assez pour être au volant de la Corvette. J’ai recommencé le vélo, j’ai fait un peu de sport cet hiver. Il ne me manque pas beaucoup, mais il en manque quand même. La rééducation s’est bien déroulée, et d’ailleurs je ne suis plus dans cette phase puisque je fais du sport. Mais il y a aussi la réflexion de savoir si le jeu en vaut la chandelle. J’ai failli rester paralysé. Et si il y a un accident dans la Corvette, ça peut se produire… »

 

Ce n’est pas trop difficile d’être ici sans piloter ?
« Depuis quelques heures, je me dis que si ! Quand je vois toutes les voitures, il y a une petite frustration. Mais à vrai dire, tout cela est assez clair dans ma tête. Je suis déjà content d’être là. »

 

Quel sera ton rôle cette semaine ?
« Il faut que je trouve ma place. Pas mal de gens me proclament team manager. Je ne le suis pas. Il y a déjà Philippe Poincloux, qui est d’ailleurs très bon dans la stratégie. Je fais un peu de relation avec les partenaires, je vais également être un peu avec France Télévision. Ça va bien m’occuper… »

 

Après ton poste de pilote, tu découvres la vie du team d’un autre point de vue…
« Oui c’est vraiment. Quand on pilote, on est concentré là-dessus, un peu dans sa bulle. Mais je vois aussi l’évolution du team. Le premier Le Mans, on ne savait pas trop où aller, on cherche un peut tout. Puis tout se met en place au fil des saisons. Désormais, on est bien calé au Mans.

« Après, c’est un peu particulier cette année avec nos petites tribus. Il y a un peu de DKR, un peu de SRT et notre équipe de base. Chacun a ses habitudes et il va falloir faire le lien entre tout ça. Jusqu’à présent tout se passe bien. On a l’habitude de DKR, avec qui on a décroché déjà deux podiums. Le principal est que tout le monde respecte tout le monde. »

 

Les ambitions sont aussi plus élevées non ?
« C’est vrai qu’il n’y a pas d’usine. On peut s’estimer capable de viser la victoire, même si on n’est pas l’égal de l’Aston Martin. Les Ford seront bien aussi. Il faudra voir ce que ça donne sur la durée. Nous avons l’avantage de bien connaître la route, mis à part le boitier électronique, le poids supplémentaire et les brides plus petites… »

 

Le contexte n’est pas évident. Le résultat de dimanche est-il d’autant plus important ?
« Je suis assez dubitatif. L’an dernier, nous avons décroché un podium au Mans et le titre en Le Mans Series. Pourtant, nous n’avons pas plus de partenaires. J’aimerais qu’une bonne réussite sportive nous rende riche, mais je ne suis pas certain que ce soit le cas. En tout cas, on peut gagner et c’est une course où l’expérience va compter. »

 

Concernant l’avenir, l’idée aujourd’hui est de repartir sur un tout nouveau projet ?
« Oui, si nous repartons, c’est avec un package complet revu. Est-ce qu’on le fera ? L’hiver dernier, nous sommes allés deux fois chez BMW, puis ils ont annoncé leur engagement avec Schnitzer. Nous nous serions retrouvés en tant que client face à eux. Ça change la donne. Je pense qu’au final, nous avons utilisé le meilleur compromis, avec des voitures que l’on connaît et le soutien de nos amis belges. Le nouveau package, on le fera si c’est viable économiquement. Je serai ravi de faire une sorte de filière pour aider des jeunes à rouler, mais d’un autre côté, je ne veux pas vendre ma maison pour courir. »

 

Le futur dépend aussi de ta possibilité de rouler à nouveau ?
« Clairement. Ma santé est ma priorité. Le fait que je roule peut conditionner la suite… »

 

Anthony Megevand

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