Le Mans

Allan McNish : "Nous avons une revanche à prendre…"

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Dans une semaine, Allan McNish va tout faire pour remporter sa troisième victoire aux 24 Heures du Mans. Le trio de l’Audi R15 TDI fait quelque peu office de dream team avec McNish/Kristensen/Capello. L’équipage compte 36 participations et 13 victoires, dont une décrochée ensemble en 2008. L’heure de la revanche a donc sonné pour Allan et le pilote Audi s’est déjà offert un vrai marathon cette semaine avec plus de 80 interviews programmées aussi bien en Angleterre qu’en Ecosse. Avant de prendre la direction du Mans, Allan est revenu avec nous sur ses ambitions mancelles, mais aussi sur son amour de cette course si particulière.

 

Laurent Mercier : Allan, toute l’équipe Audi et toi êtes fin prêts pour une semaine de folie ?

Allan McNish : « (rires). Oui et l’ambiance va monter petit à petit au fil des jours. Tout va débuter par le pesage où les spectateurs sont toujours nombreux et fins connaisseurs de l’épreuve. C’est très atypique de faire des Vérifications Techniques et Administratives en dehors d’un circuit. C’est très bien car les gens peuvent approcher les autos et les pilotes. On signe des autographes par dizaine et c’est ça aussi la magie du Mans. Les choses sérieuses commenceront mercredi avec les premiers essais. Chaque année, je suis impatient ! »

 

Tu t’attends à une bagarre encore plus serrée avec les Peugeot ?

« Sans aucun doute ! Nous avons une revanche à prendre… Déjà l’an passé, nous avons bien lutté, sans toutefois faire mieux que troisièmes. Nous allons tout faire pour poursuivre l’histoire victorieuse d’Audi au Mans. Tout le monde est bien affûté et prêt à prendre la piste. Je pense que la course sera bien plus serrée que l’année passée avec trois R15 et quatre Peugeot 908. Toute l’équipe a travaillé dur tout l’hiver pour améliorer l’auto ».

 

Les 1000 Km de Spa ont servi de répétition ?

« Nous avons débuté la saison avec une victoire aux 8 Heures du Castellet avant d’aller à Spa. Bien entendu, la concurrence était plus présente en Belgique. Notre but était de rouler en configuration Le Mans, sans rechercher à tout prix la victoire. Le nouveau règlement nous a donné pas mal de travail et il a fallu voir si tout était en ordre. Nous n’avons pas rencontré le moindre problème si ce n’est une difficulté à monter les pneus en température, compte tenu d’une météo froide et humide ».

 

Tu souhaites des 24 Heures sèches ou plutôt humides ?

« Nous avons fait une grosse séance de tests avec Michelin à Misano à l’intersaison où Peugeot était également présent. Chacun a ses propres gommes et nous ne savons pas ce qu’ils utilisent. Les pneus ont une grosse importance, qu’ils soient slicks ou full wet. Il faut savoir lesquels utiliser et à quel moment. C’est d’autant plus dur sur un tracé qui fait plus de 13 km. Pour ma part, une course sèche est quand même mieux, déjà pour les spectateurs. Bon, je ne suis pas contre quelques averses écossaises (rires) ».


Que peux-tu nous dire sur cette atmosphère si particulière du Mans ?

« Ah Le Mans ! Cette course si incroyable mais aussi si difficile à appréhender… Toute la semaine est magique. Le circuit est magique, la ville est magique. En fait, ce n’est que magie. Cette course a une telle histoire. Dès que tu pars en piste, les noms des virages raisonnent en toi : Tertre Rouge, Mulsanne, Arnage, Maison Blanche, etc… Rien que des grands noms. Au moment où je te parle, il me reste encore trois ou quatre interviews à donner (ndlr : il est 20h30). Depuis le début de la journée, je dois en être à une bonne vingtaine. Et je ne suis pas encore arrivé en France… Quelle course dans le monde peut motiver autant d’interviews en aussi peu de temps ? Les plus grands noms du sport automobile se sont imposés au Mans ».

 

Quel est ton meilleur souvenir ?

« Bonne question ! Je dirai les deux victoires. Monter sur la plus haute marche du podium est quelque chose d’indescriptible. Quant au plus mauvais, il date de 2007 où nous tenions la victoire avec Tom et Dindo. Même si tu perds, la seule chose que tu souhaites, c’est revenir l’année suivante pour gagner. Un seul leitmotiv : gagner ! L’an passé, Peugeot était plus fort et je dis bravo Peugeot et vive la France. »

 

Tu es également chargé de détecter des jeunes talents. C’est un rôle important pour toi ?

« Oui et j’y passe autant de temps que je peux. Je suis chargé de détecter des jeunes au sein du Jim Russel Racing aux Etats-Unis. De l’autre côté de l’Atlantique, il n’y a pas de filière de karting comme cela est le cas en Europe. J’ai été chargé en fin d’année dernière d’évaluer divers pilotes et deux d’entre eux disputent cette saison le Championnat Jim Russel Series. Ce programme est dédié aux pilotes du monde entier. J’ai eu la chance d’avoir des conseils à mes débuts et je crois qu’il est vraiment important d’aider les jeunes pilotes pour les accompagner au plus haut niveau. Les programmes de pilotage de Jim Russel offrent les outils nécessaires à cette évolution. Lorqu’ils débutent, ils sont tous attirés par la monoplace mais certains d’entre eux sont tout de même d’un oeil l’endurance ».

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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