Après les GT, les Protos ! Suite de notre présentation des 24 Heures du Mans 2010 avec le plateau LMP2. Une catégorie qui fera une nouvelle fois la part belle à la diversité…
Initialement réduit à neuf unités, le LMP2 atteindra finalement la douzaine. En cours de route, trois teams ont en effet été repêchés : Pegasus Racing, Kruse-Schiller Motorsport et Race Performance. Si plusieurs équipes en LMP1 se sont désistées, sur la liste 55 ou parmi les réservistes, les LMP2 ont bien répondu à l’appel. Cela donne un plateau varié, avec sept constructeurs représentés : HPD (Acura), Lola, Norma, Pescarolo, Radical, WR, et Zytek.
Parmi eux, HPD fait clairement figure de favori. A vrai dire, Honda Performance Development reprend le rôle de Porsche lors des deux dernières éditions. Porsche sera justement l’un des absents, la RS Spyder ne défendant pas son titre. C’est donc son ancienne rivale en American Le Mans Series qui reprend le flambeau, avec un niveau de développement, y compris moteur, impressionnant. Reste la question de la fiabilité, l’ARX-01c n’ayant encore jamais disputé un double tour d’horloge.
De qui viendra l’opposition ? OAK (notre image), actuellement deuxième des Le Mans Series, et fort de deux podiums au Mans lors des deux dernières saisons. L’équipe nivernaise aura par ailleurs la lourde tâche de représenter Pescarolo. Ginetta-Zytek sera également à suivre de près, avec notamment Quifel-ASM, Champion Le Mans Series en titre. Enfin, les Lola seront des outsiders sérieuses. Pour le reste, WR fera son come-back, tandis que Norma étrennera pour la toute première fois sa nouvelle arme et Radical est un invité de dernière minute déjà tout heureux d’être au départ. Au final, et comme souvent dans cette catégorie, c’est la fiabilité qui fera certainement la différence…
Claude Foubert, Laurent Mercier,
Cécile Bonardel et Anthony Megevand
OAK Racing Team Mazda France : En route vers la passe de trois ?
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OAK Racing Team Mazda France défendra à lui seul les couleurs Pescarolo avec deux autos engagées. L’équipe nivernaise sera d’ailleurs la seule à faire rouler deux voitures dans la catégorie. Durant l’intersaison, François Sicard et toute son équipe n’ont guère chômé avec un proto revu et un passage au moteur Judd, réputé plus fiable que le AER. Pourtant, cette fameuse fiabilité a fait défaut lors des premiers essais de la manche inaugurale des Le Mans Series disputée au Castellet. La course en aura été toute autre avec une belle seconde place pour Moreau/Hein et une quatrième pour Lahaye/Nicolet. Bis repetita à Spa avec un nouveau podium (3ème) pour les premiers cités alors que Lahaye/Nicolet échouent au quatrième rang.
Malgré le retrait des Porsche RS Spyder, OAK Racing devra composer au Mans avec des protos intrinséquement plus rapides, telles les HPD ARX-01c Strakka Racing et Highcroft Racing. Cependant, l’espoir de victoire est bien présent surtout que l’équipage de pointe fait office de dream team avec Charouz/Lahaye/Moreau. Comme l’année passée, Dunlop sera le partenaire privilégié de l’équipe, tout comme Mazda qui poursuit son partenariat. Force est de constater que OAK Racing est l’équipe en forme depuis maintenant près de douze mois : 3ème au Mans, 3ème au Nürburgring, 3ème à Silverstone, 1er à Okayama, 2ème au Castellet et 3ème en Spa. Il faut remonter à août dernier (Algarve) pour voir une Pescarolo/OAK Racing hors du podium. Après un podium en 2008, puis en 2009, OAK Racing compte bien faire la passe de trois… Et pour cela, l’équipe a effectué un sérieux programme d’essais, allant à Portimao et Budapest, en plus de quelques roulages à Magny-Cours. peu de teams en ont fait autant en LMP2, ce qui montre d’une part la volonté, d’autre part que OAK se donne le moyen de ses ambitions.
Sans volant en endurance cette saison, Jan Charouz est retourné en monoplace avec la ferme intention d’y briller. Le Tchèque n’a toujours pas tiré un trait sur la Formule 1, étant toujours sous contrat avec Gravity. Le champion Le Mans Series LMP1 en titre a découvert sa nouvelle monture la semaine passée à Magny-Cours. En trois participations au Mans, Jan a toujours terminé l’épreuve : 8ème, 9ème et 4ème. L’ancien pilote officiel Aston Martin avait émis le souhait de revenir de nouveau dans la Sarthe, mais pour y gagner. Malgré une catégorie relevée, son souhait peut tout à fait être exaucé. Matthieu Lahaye fait quant à lui partie des fidèles du team de Jacques Nicolet. Après plusieurs saisons dans les formules de promotion Renault et un titre de Champion Junior en Megane Eurocup trophy (2005), le Rennais prend la direction de l’endurance au sein du Saulnier Racing en 2008 sur une Pescarolo-Judd (LMP2). Il débute cette même année au Mans où il monte sur la troisième marche du podium (LMP2) avant de poursuivre l’an passé toujours dans la même équipe, mais rebaptisée OAK Racing. Moins de chance au Mans où l’auto abandonne. La chance lui sourit plus dans la série Le Mans avec un podium à Spa et au Nürburgring, avec en prime une victoire en Asian Le Mans Series. Matthieu remplie cette saison chez OAK Racing, avec deux quatrièmes places décrochées au Castellet et à Spa. L’an passé, Guillaume Moreau débarquait chez OAK Racing quelques jours seulement avant les 24 Heures du Mans avec une collaboration fructueuse malgré un abandon, si bien que les deux parties ont de nouveau signé pour la saison 2010. Champion Le Mans Series 2008 (GT1), le pilote de la Région Limousin en sera à ses 4ème 24 Heures du Mans d’affilée et ses troisièmes sur un prototype, ayant débuté sur une Courage officielle. Notre chroniqueur a débuté par le karting avant de gravir les échelons jusqu’en Formule 3 Euroseries et en World Series By Renault, en étant membre de l’Equipe de France FFSA Circuits. Tout le monde a encore en mémoire le podium de Zandvoort en F3 Euroseries aux côtés de Lewis Hamilton et Sebastian Vettel. Place à l’endurance en 2007 chez Courage avant d’aller décrocher le titre LMS l’année suivante sur une Corvette Luc Alphand. Cette année, il reste sur deux podiums dans la série Le Mans (2ème au Castellet et 3ème à Spa) en compagnie de Richard Hein.
La seconde Pescarolo-Judd sera confiée au même trio que l’année passée, à savoir Jacques Nicolet, Richard Hein et Jean-François Yvon. Sûr que le trio a encore en tête son magnifique podium de l’an passé. Les deux premiers disputeront conjointement leur troisième campagne mancelle, avec le même objectif que l’année dernière : monter sur le podium ! Les années passent mais le duo Nicolet/Hein n’a pas à rougir des petits jeunes. Avec la nouvelle règle de la catégorisation des pilotes LMP2 dans la série Le Mans, Jacques est associé à Matthieu Lahaye tandis que Richard est le coéquipier de Guillaume Moreau. Ces deux associations leur permettent encore de grignoter encore quelques dixièmes. Avant le LMP2, les deux pilotes ont roulé plusieurs saisons en VdeV, pour débarquer dans la foulée en LMP1, déjà sur une Pescarolo. Quant à Jean-François Yvon, il sera le local de l’étape, lui avait son entreprise de bois située dans la ligne droite des Hunaudières. Il sera d’ailleurs l’un des trois pilotes (avec Jean Alesi et Andy Wallace) parmi les 168 en piste à avoir roulé au Mans sans les chicanes des Hunaudières. Il prendra cette année son 11ème départ, après des débuts en 1984 sur une BMW M1.
| OAK Racing Team Mazda France |
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| 24 | Jacques Nicolet | Richard Hein | Jean-François Yvon |
| 35 | Matthieu Lahaye | Guillaume Moreau | Jan Charouz |
| Pescarolo | LMP2 | ||
| V8 Judd | Pneus Dunlop | ||
| Team Manager | François Sicard | ||
RML : Retrouver le lustre d’antan…
Après deux années 2008 et 2009 des plus difficiles due à des défaillances moteur à répétition, RML a entamé la saison 2010 sous de meilleurs augures. Deux podiums en deux courses en Le Mans Series. L’équipe britannique en enfin retrouver la place qui est la sienne. Après une année cauchemardesque avec le moteur AER, qui n’a jamais pu tolérer le nouveau biocarburant, RML avait changé son fusil d’épaule en choisissant d’établir un partenariat avec le constructeur japonais Mazda. Hélas, ce dernier n’est pas parvenu à fournir un moteur fiable, nécessaire pour les courses d’endurance. Las de ne jamais voir le drapeau à damier, l’écurie a utilisé un autre moteur AER badgé Mazda pour la dernière manche de Silverstone des Le Mans Series 2009. Le résultat ne s’est pas fait attendre, avec un podium à domicile synonyme de soulagement.
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Le double vainqueur 2005 et 2006 de la catégorie LMP2 a conservé le châssis Lola B08/80 Coupé fermé pour la saison 2010, mais a troqué le moteur Mazda pour un moteur HPD (Honda Performance Development) LM V8, antérieurement Acura. Ce moteur a déjà fait ses preuves en American Le Mans Series, que ce soit en LMP1 ou en LMP2 avec les écuries plus ou moins officielles. C’est donc avec beaucoup d’espoirs que le team britannique a entamé la saison 2010. Ces espoirs n’ont pas été déçus avec une troisième place aux 8 Heures du Castellet et une deuxième place aux 1000Km de Spa. Ne manque plus que la première pour combler Phil Barker, le team-manager, et sa bande.
Bien que rarement les plus rapides en piste, l’expérimenté tandem anglo-brésilien Mike Newton et Thomas Erdos, épaulé par le non moins expérimenté britannique Andy Wallace, est parvenu à tirer son épingle du jeu grâce sa fiabilité et sa constance. Ces deux qualités sont leur marque de fabrique et leur ont permis de se construire un palmarès impressionnant, notamment le titre Le Mans Series en 2007, dans une catégorie où elles font souvent cruellement défaut aux protagonistes. Autre nouveauté pour le team britannique, puisqu’après de nombreuses années en Michelin, il utilise désormais les pneumatiques Dunlop comme la plupart des concurrents de la catégorie. Les nouvelles gommes lui ont permis de doubler les relais sur le circuit Paul Ricard. En sera-t-il de même en juin dans la Sarthe ?
L’écurie aurait bien besoin d’un bon résultat après la déconvenue de l’année 2009 lors du double tour d’horloge, qui s’est terminé par un abandon après 18 heures de course. Encore une fois, le moteur AER avait lâché… alors que l’équipage n’avait pas à rougir de ses performances. La solide paire Erdos/Newton, le duo le plus ancien du plateau a largement fait ses preuves. Si Mike Newton, gentleman driver fondateur d’AD Group, spécialiste de la vidéosurveillance, ne peut rivaliser avec Tommy Erdos, pilote professionnel reconnu pour sa pointe de vitesse, il commet peu de fautes et ramène la voiture entière. Cette année, l’équipe reçoit le renfort d’Andy Wallace, vainqueur de l’édition 1988 des 24 Heures du Mans pour sa première participation et pilote britannique plus que chevronné. Son expérience et sa pointe de vitesse intacte malgré le poids des ans seront sans doute précieuse pour le team dans sa quête d’une troisième victoire de catégorie.
Pour le moment, à moteur égal avec le Strakka Racing, les temps ne souffrent pas la comparaison. Effet châssis ? Effet pneus ? Effet pilotes ? Réponse le 13 juin…
| RML | |||
| 25 | Mike Newton | Tommy Erdos | Andy Wallace |
| Lola | B09 | ||
| V8 HPD 3,4l | Pneus Dunlop | ||
| Team Manager | Phil Barker | ||
Highcroft Racing : Road to Le Mans…
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Enfin dirons certains ! Après plusieurs belles saisons American Le Mans Series, Highcroft Racing a décidé de franchir l’Atlantique pour prendre part à ses premières 24 Heures du Mans. Champion ALMS en titre, le team de Dunca Daytona ne vient pas au Mans pour apprendre mais pour gagner. L’Acura LMP1 a été remisée au garage depuis Laguna Seca 2009, pour faire place à la HPD ARX-01c. Derrière HPD se cache Honda Performance Development, mais c’est plutôt du côté de Nick Wirth qu’il faut regarder cette nouvelle auto. Les célèbres couleurs vertes devraient affoler la concurrence en LMP2 même se mêler à la lutte de quelques LMP1. En trois manches, Highcroft Racing a gagné à Long Beach et à Laguna Seca. Si l’on ne se fait pas de souci pour la fiabilité de l’auto, on ne s’en fait pas non plus pour les pilotes, et ce malgré l’absence de Simon Pagenaud, prêté chez Peugeot pour l’occasion. Méfiance toutefois pour le team américain car Le Mans n’a pas d’équivalence et l’auto disputera sa première course de plus de 12 heures. Compte tenu de la loi anti-alcool qui règne en France, la HPD ARX-01cne sera pas aux couleurs de son célèbre sponsor, mais à celles de Malaria No More. L’association permet de récolter des fonds pour fournir des moustiquaires aux familles africaines afin d’éviter le paludisme.
David Brabham sera le chef de file de l’équipage. Vainqueur en titre sur une Peugeot 908 HDi FAP, le Britannique rejoint donc l’équipe avec laquelle il roule habituellement dans la série américaine. Il reste cette saison sur deux victoires, à savoir Long Beach et Laguna Seca. Il fera partie des concurrents les plus réguliers dans la Sarthe avec sa 17ème participation. Outre sa victoire en 2009, il reste sur deux autres premières places, mais en GT1 ( 2007/2008). Comme en ALMS sur les courses longue durée, Marino Franchitti sera mis à contribution, le Britannique prenant son second départ manceau. Il faisait partie de l’équipage de la Panoz LMP en 2005. Après un titre GT anglais en 2001, il a ensuite pris la route des Etats-Unis et de l’ALMS, avec une présence sur diverses autos : Porsche 911 GT3-RS, Chrysler Viper, Ferrari F360, Panoz Esperante ou Lamborghini Murcielago. Il passe ensuite en prototype sur l’Acura LMP2 Andretti Green Racing. Le dernier homme n’est autre que Marco Werner. Présent depuis 2002 au Mans chez Audi, l’Allemand passe en P2 cette année avec comme challenge de gagner la catégorie. Il compte trois victoires au Mans. Sur ses huit participations, il est monté à cinq reprises sur le podium. Le trio fait à coup sûr parti des favoris de la catégorie et pourrait même jouer devant quelques LMP1.
| Highcroft | |||
| 26 | David Brabham | Marino Franchitti | Marco Werner |
| HPD | ARX01c | ||
| V8 HPD 3,4l | Pneus Michelin | ||
| Team Principal | Duncan Dayton | ||
Racing Box : Forza Italia
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L’équipe italienne, dont la Lucchini avait été retirée des participants de l’édition 2008 pendant les Vérifications Techniques, avait crée la sensation l’an dernier en faisant l’acquisition de deux Lola B09/80 Coupé dont l’une l’avait même emporté lors de la première manche des Le Mans Series 2009. L’équipe a de nouveau été retenue par l’ACO avec une seule voiture. Celle-ci ne sera cependant pas pilotée par l’équipage de pointe en Le Mans Series, mais par le trio Cioci/Perazzini/Pirri.
L’équipe italienne a engagé cette année ses deux Lola Coupé en Le Mans Series. Les Lola ne sont plus chaussées Michelin mais par Pirelli qui fait ainsi son entrée en protos en 2010. On peut penser que le manufacturier italien aura beaucoup travaillé durant l’intersaison pour se montrer à la hauteur de Michelin ou de Dunlop. Au Castellet, les frères Piccini et Fernandino Geri prenaient la sixième place en LMP2 tandis que le trio qui représentera Racing Box au Mans devait abandonner prématurément. A Spa, nouvelle sixième place pour la Lola n°30 tandis que Francioni, au volant de la Lola n°29, sortait rudement dans le Raidillon et devait abandonner.
Alors que Racing Box avait fait un début en fanfare en 2009, s’imposant dans la première manche et réalisant même le doublé, il semble que cette année, elle soit en retrait et que, vu le niveau de la concurrence cette année en LMP2, elle doive se contenter de faire une course d’attente, ce qui, avait le taux d’abandons coutumier de la catégorie, pourrait néanmoins être suffisant pour une bonne place à l”arrivée.
Marco Cioci a débuté comme beaucoup par le karting. Après un court passage par la monoplace, il est passé au GT et au Tourisme. Il a acquis un joli palmarès, avec des podiums dans les deux disciplines, il a été champion de Open GT en catégorie GTS en 2006 et en 2008, a remporté les 6 Heures de Vallelunga sur une Maserati MC12 en 2006 également en 2006 et 2008. Il est régulièrement présent en Le Mans Series et en Open GT, ainsi qu’aux 24 Heures de Dubai. Pier Giuseppe Perazzini est le vétéran du trio. Il a beaucoup sillonné les circuits du Championnat d’Italie GT, avec bonheur d’ailleurs, puisqu’il a été titré en 20033 et 2004, a été vice-champion GT1 en 2005 et vice-champion GT2 en 2009. Comme Cioci, il a remporté les 6 Heures de Vallelunga en 2008. Luca Pirri, après avoir fait ses débuts en karting puis en monoplace (Formula Opel, Formule Renault), a fait un long break dans sa carrière sportive entre 1996 et 2004, avant de renouer à la compétition en FIA GT avec le Graham Nash Motorsport et une Saleen S7R GT1. Il a continué en FIA GT et en FIA GT3, catégorie où il a été vice-champion d’Europe 2007. En dehors de ses activités sportives, il dirige une société d’investissement en Chine.
| Racing Box | |||
| 29 | Marco Cioci | Pier Giuseppe Perazzini | Luca Pirri |
| Lola | B09/80 | ||
| V8 Judd | Pneus Pirelli | ||
| Team Manager | Luca Cani Ferrari | ||
WR-Salini : Un retour et des ambitions
WR fait son retour au Mans, et ce retour sera salué par beaucoup de supporters. L’équipe, devenue WR/Salini, était malheureusement restée aux portes de l’édition 2009, demeurant première suppléante jusqu’à la dernière limite. L’équipe était prête, mais… Aussi cette année, c’est la satisfaction pour Philippe et Stéphane Salini ainsi que pour Gérard Welter, le concepteur de la belle LMP2.
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Si la conception de la voiture remonte à 2008, la WR a depuis considérablement beaucoup évolué et elle n’a pas récolté les résultats que son potentiel laissait présager, c’est souvent à cause de petits problèmes qui retardaient la voiture de façon rédhibitoire. Durant l’intersaison, on s’est beaucoup activé de côté de Thorigny et la fiabilité semble nettement accrue. Après avoir participé à la première manche Le Mans Series, le team a fait l’impasse sur la deuxième manche à Spa pour mieux se concentrer sur Le Mans, l’objectif numéro un et fiabiliser au maximum la voiture. WR-Salini a fait des essais à Lurcy-Lévis, sur le Bugatti. L’aérodynamique de la voiture a été améliorée, la voiture est désormais plus rigide, de nouveaux amortisseurs ont été testés. Le moteur Zytek a été également amélioré et développe 500 chevaux,
Les pilotes sont les mêmes qu’en Le Mans Series, à savoir Tristan Gommendy et les frères Salini, Philippe et Stéphane. Tristan Gommendy, champion de France F3 et vainqueur du Grand Prix de Macao F3 la même année, avait ensuite enchaîné la Formule Renault V6, la World Series by Nissan et la Formula Renault 3,5 l, se classant à chaque fois dans le Top 5 au classement final. Il a ensuite fait une année de Champ Car, avec le PKV Racing, avec deux Top 5 et une pole. Après un court passage en GP2, il est passé en Formula Superleague, défendant les couleurs du FC Porto, avec plusieurs victoires et une cinquième place au classement pilotes. Parallèlement à son programme Le Mans Series avec WR-Salini, Tristan est reparti en Supeleague, pour le compte cette fois du club turc de Galatasaray. Il disputera ses troisièmes 24 Heures du Mans, après avoir piloté en 2003 une Dome du Racing for Holland (8ème temps en qualifications, meilleur des rookies, mais abandon près de l’arrivée à cause d’un pneu éclaté). L’année suivante, il court sur une…WR Peugeot (abandon, problèmes électriques). La troisième fois sera la bonne, souhaitons-lui.
Les carrières de Stéphane et Philippe Salini sont étroitement liées et il est impossible de les dissocier. Philippe, l’aîné, et Stéphane, son cadet, après avoir fait de la Fun Cup, ont véritablement débuté leur carrière en VdeV, sur une Norma de l’écurie Extrême Limite de Patrice Roussel en 2006, avec notamment de belles places d’honneur dans les 4000 km de Magny-Cours -l’endurance, déjà-. Ils se sont lancés ensuite dans le grand bain en créant le team WR-Salini et en s’engageant en Le Mans Series avec une WR-Zytek LMP2 conçue bien sûr par Gérard Welter. Ils prirent tout naturellement Patrice Roussel comme coéquipier avant de faire la dernière course avec Tristan Gommendy qui depuis n’a plus quitté l’équipe. Les deux frères ont fait consciencieusement leurs gammes et ont considérablement accru leur niveau de pilotage qui leur permet cette année d’espérer une bonne place en LMP2 au Mans
Stéphane Salini a confié son sentiment sur la course 2010 à Endurance-Info : “Pour WR-Salini, les 24 Heures du Mans sont plus qu’une course, c’est l’histoire. C’est vrai pour WR, qui a déjà couru au Mans plusieurs fois, mais c’est également vrai pour Philippe et moi, qui allons y courir pour la première fois. Je tiens à remercier l’ACO pour cette invitation et pour sa confiance envers les petites équipes. Pour nous, Le Mans, ce sera également de remercier tous nos partenaires pour l’aide qu’ils nous apportent. Le Mans, c’est aussi peut-être la dernière course populaire, où le public fait corps avec les équipes qu’il soutient. C’est donc à nous d’être à la hauteur de ce public, en étant à son écoute et en lui réservant le meilleur accueil.
“Depuis trois ans maintenant, nous nous préparons à cette course : la voiture a considérablement évolué et progressé, la WR est réellement faite pour cette course, les pilotes de leur côté ont progressé…Tout le monde est impliqué à fond, pour Gérad Welter évidemment, cette course est très importante et lui tient particulièrement à coeur. Nous savons que la concurrence va évidemment être dure, mais nos nous sommes bien préparés : le châssis est excellent, Zytek a bien travaillé sur le moteur, la boîte Riccardo est excellente, nous disposons vraiment d’un très bon package. Nous savons qu’en catégorie LMP2, si on est à l’arrivée, on ne doit pas être bien loin du podium.. Abstraction faite des impondérables du Mans que chacun connaît, nous pensons en être capables. Avant tout, il faut que notre participation au Mans soit une fête…”
| WR | |||
| 37 | Tristan Gommendy | Philippe Salini | Stéphane Salini |
| WR | LMP2009 (Châssis LMP2008/0001) |
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| V8 Zytek 3,4l | Pneus Dunlop | ||
| Team Manager | |||
Pegasus Racing : Le baptême du feu
La Norma était première suppléante en prototypes et a été repêchée en raison du forfait de la Dome-Judd. Cette LMP2 française va être une découverte pour les spectateurs des 24 Heures 2010 puisque celles-ci vont constituer sa toute première course. Initialement, le Pegasus Racing devait débuter la saison avec cette Norma mais l’équipe strasbourgeoise a dû reprendre la Courage-AER pour courir au Paul-Ricard et à Spa, en raison de retard de livraison de pièces pour la Norma M200 qui l’ont empêché d’être terminée à temps.
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Pour Norbert Santos, le constructeur de cette Norma, c’est un retour au Mans, la dernière participation d’une Norma -une Norma Ford LMP 900- au Mans remonte à 2003 (abandon, moteur cassé). Le constructeur de St Pé de Bigorre a construit une LMP2 dans l’esprit de la règlementation 2011. La voiture, conçue par un jeune ingénieur – Guillen Roux – a été pensée en fonction de la règlementation moteurs 2011 et Norbert Santos a cherché au maximum à minimiser les coûts de fabrication, sans pour autant négliger la qualité, comme l’atteste le crash-test obligatoire de la M200, réussi sans problèmes dès le premier essai.
Le Pegasus Racing, après avoir longtemps guerroyé avec succès dans la Série VdeV, a sauté le pas à l’échelon supérieur en 2009, en s’engageant en Le Mans Series avec une Courage-AER LC75. Si le matériel n’était pas à la hauteur de la concurrence, notamment au niveau moteur, le team a réussi à marquer des points à plusieurs reprises, avec une belle quatrième place à Spa-Francorchamps. Au bilan final 2009, Julien Schell et Philippe Thirion ont pris la onzième place du classement pilotes LMP2.
Cette année 2009 a permis à l’équipe, déjà bien habituée aux courses d’endurance, de se familiariser à la course au plus haut niveau. Chez Pegasus, on ne recherche pas le clinquant, mais l’efficacité et on sait que pour être bien classé, il faut d’abord être à l’arrivée. Ce sera évidemment la première participation au Mans du Pegasus Racing, mais ce sera aussi une première pour les pilotes. Julien Schell, une des chevilles ouvrières de l’équipe avec son père Claude, a été Champion d’Allemagne de Formule Ford, Champion de France de cette même Formule Ford, a remporté le Challenge Moderne d’Endurance Protos VdeV à deux reprises (2006 avec Norma, 2008 avec Ligier). Julien est un pilote sûr et très rapide. Il sait que pour une course d’endurance la position sur la grille de départ n’est pas la chose la plus importante et il s’attache davantage pendant les essais à bien régler sa voiture pour la course. C’est un rude finisseur, un bon metteur au point, le type même du pilote d’endurance.
Les trajectoires sportives de Julien Schell et de David Zollinger se recoupent beaucoup. David a été lui aussi deux fois Champion de Formule Ford (2003 et 2005), il est le vainqueur 2009 du Challenge d’Endurance Modernes Protos VdeV (avec Norma)…Il a également remporté, toujours avec Norma, le Chalenge Sprint Protos en 2007 et 2008. On l’a vu également à plusieurs reprises en GT, en VHC. Il est moniteur de pilotage pour plusieurs écoles. Zollinger a une jolie pointe de vitesse et, avec son expérience du VdeV, il connaît lui aussi parfaitement les exigences de l’endurance. Il a couru également l’année dernière en Formula Le Mans -cinquième du classement pilotes-(ayant eu ainsi un avant-goût du circuit du Mans, lors de la course de lever de rideau des 24 Heures 2009- , avec une victoire à Portimão et il continue cette année, s’imposant dans la première manche au Paul-Ricard et il occupe actuellement la deuxième place du classement pilotes. Il vient de préparer les 24 Heures de la meilleure manière qui soit, en remportant à Motorland Aragon (sur une Norma, bien sûr, du team Palmyr) sa deuxième victoire 2010 en VdeV Protos, accentuant ainsi sa place de premier au Challenge.
Frédéric Da Rocha est lui aussi issu du VdeV et est aussi un rookie du Mans. Le français, né au Portugal, est également chef d’entreprise. Il sillonne régulièrement les circuits du VdeV depuis 2003 et a fait de nombreux podiums dans la discipline. Parallèlement, il a couru en Historique, que ce soit en F3 Classic ou en Classic Endurance Racing. En 2009, il a participé avec IRS à la manche FLM du Mans, ce qui lui a permis de reconnaître le grand circuit. Il a également participé à l’intégralité de la saison Le Mans Series avec la Courage-AER LMP2 IRS. On se souvient de son spectaculaire crash à Spa à la suite d’un contact plus que rude avec la Peugeot 908 de Pedro Lamy. Il n’a pas hésité à faire en fin de saison le déplacement au Japon avec José Ibañez et la Courage pour les courses Asian Le Mans Series à Okayama. Comme Zollinger, il va arriver au Mans avec le moral gonflé à bloc à la suite de sa deuxième place acquise le 30 mai à Motorland Aragon sur une Norma IRS, derrière donc… Zollinger!
Le handicap de la Norma réside évidemment dans son manque de roulage. Une séance à Nogaro et deux jours au Mans sur le Bugatti et l’aérodrome, c’est évidemment court, mais la voiture semble bien née et tout le monde, constructeur, team et pilotes, n’est pas le genre à mettre la charrue avant les boeufs. Le moteur Judd sera également un atout de choix. Le drapeau à damiers le dimanche 13 juin serait une jolie récompense pour cette belle entreprise.
Julien Schell à Endurance-Info : “Pour toute l’équipe, c’est un immense plaisir de pouvoir courir dans les 24 Heures, la plus grande course du monde. C’est notre but depuis cinq ans, c’est un accomplissement. Je suis content de faire équipe avec David Zollinger et Frédéric Da Rocha. David, je le connais depuis 2001 quand nous courions ensemble en Formule Ford et Frédéric, qui court avec moi en Le Mans Series, nous a fait confiance et nous a soutenu dans notre projet dès le début. C’est aussi un grand plaisir pour nous de retrouver Norma avec qui nous avons été champions en VdeV en faisant même le doublé en 2006. Notre participation au Mans, c’est vraiment une aventure humaine. Tout le monde tire dans le même sens. Nous avons été très agréablement surpris du potentiel démontré par la voiture lors des premiers essais. Nous n’avons eu que peu de problèmes. Bien sûr, la voiture est toute jeune, mais dès que Norma l’a mise par terre, elle était bien. Quant aux 24 Heures, c’est une course très longue, aussi au niveau de la stratégie, nous ne ferons évidemment pas de folies, nous ferons une course d’attente, en essayant de rester à l’abri des problèmes et tout d’abord des nôtres, de rouler régulièrement. Pour une première course, il faut être raisonnable. Nous allons peut-être essayer de montrer un peu le potentiel de la voiture en qualifications, mais pour la course, l’ambition, ce sera évidemment de terminer.”
| Pegasus Racing | |||
| 38 | Julien Schell | David Zollinger | Frédéric Da Rocha |
| Norma | M200 | ||
| V8 Judd | Pneus Dunlop | ||
| Team Manager | Claude Schell | ||
KSM : Un heureux rescapé !
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Lors de la publication des 55 invités aux 24 Heures du Mans, KSM avait certainement été l’un des teams les plus déçus. Il faut dire que l’équipe allemande est une habituée des Le Mans Series et qu’elle a régulièrement répondu à l’appel. Mais, malgré la déception, Kai Kruse et Hardy Schiller n’ont jamais baissé les bras. Bien leur en a pris, l’ACO les repêchant après plusieurs fois. Voilà donc KSM prêt à disputer une nouvelle fois Le Mans. Et à vrai dire, jamais elle n’a paru aussi bien préparé.
Le Kruse-Schiller Motorsport, qui avait marqué le retour de Mazda au Mans en 2008, a décidé de délaisser le moteur développé par AER. Les problèmes de fiabilité avaient été nombreux au cours des deux dernières campagnes, obligeant d’ailleurs l’écurie a renoncé à la fin de saison 2009. Place au V8 Judd, une valeur sure du plateau qui devrait permettre au team de miser sur la fiabilité. A défaut de performance pure, la vénérable Lola ouverte commençant à accuser le poids des années face à une concurrence aux dents longues.
Malgré un problème de gestion de boîte de vitesses, KSM a obtenu une honorable 8e place lors des 8 Heures du Castellet. A Spa, ces ennuis semblaient réglés et le début de course était plutôt prometteur : la Lola-Judd profitait des conditions climatiques difficiles pour se hisser temporairement au 3e rang, avant de se stabiliser à la 5e place. Malheureusement, la voiture allait être impliquée dans l’accrochage avec la Peugeot n°2. C’est ensuite un problème de transmission qui obligera KSM à abandonner.
Il reste donc quelques incertitudes avant Le Mans, où l’objectif sera de rallier l’arrivée. Objectif qui semble à la mesure de cette équipe de passionnés, qui pourra s’appuyer sur un trio qui commence à bien connaître Le Mans. Hideki Noda et Jean de Pourtales évoluent avec Kruse-Schiller Motorsport depuis plusieurs saisons. Ils connaissent donc à la fois le team, la voiture, et les secrets d’une épreuve particulièrement difficile, où la sagesse est de mise. Pour Jonathan Kennard, ce sera en revanche une grande découverte. Le jeune britannique, qui fêtera ses 25 ans fin juin, est passé par la Formula Palmer, qu’il a remporté en 2004 lors de sa deuxième saison. Il a ensuite roulé en F3 durant plusieurs saisons, avec une 6e place au sein du Raïkkonen Robertson Racing en 2007. L’année suivante, il a été nommé test driver chez Williams, avant de défendre les couleurs de l’AS Roma en Superleague l’an dernier. Un garçon à suivre, qui pourrait bien être l’une des révélations de la saison. Ce pourrait être la bonne pioche pour KSM qui, dernier repêché des protos, a la possibilité d’écrire une belle histoire.
| KSM | |||
| 39 | Hideki Noda | Jean de Pourtales | Jonathan Kennard |
| Lola | B09/86 | ||
| V8 Judd | Pneus Dunlop | ||
| Team Manager | Kai Kruse | ||
Quifel-ASM : Enfin sourire dans la Sarthe…
Fidèles parmi les fidèles du LMP2, Quifel-ASM s’est souvent illustré en Le Mans Series, avec notamment le titre l’an dernier. Mais le team portugais peine à trouver la réussite aux 24 Heures du Mans. Cette année sera-t-elle la bonne ? Pourquoi pas, même si le début de saison a été plutôt mitigé.
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L’an dernier, il est peu dire que Quifel-ASM Team avait impressionné. Avec un podium, deux victoires et trois poles en Le Mans Series, l’équipe lusitanienne avait logiquement empoché le titre. Et quoi qu’en disent certains, ce n’était pas seulement une question de temps de conduite pour le pilote professionnel. C’était un ensemble voiture/exploitation/équipage. Un package qui a d’ailleurs été reconduit pour 2010, avec Olivier Pla et Miguel Amaral au volant d’une Ginetta-Zytek chaussée en Dunlop. La première course a toutefois été difficile : Quifel a reçu relativement tardivement le nouveau kit aéro mis au point par Zytek, kit qui n’a pas complètement répondu aux attentes. Si l’on ajoute un problème de direction qui a contraint la n°40 à l’abandon, ce premier week-end a été une douche froid pour les hommes de Antonio Simoes. Heureusement, Spa a permis à Quifel de retrouver le sourire, avec une course parfaite de Pla/Amaral, qui ont profité à fond des problèmes de la HPD/Strakka, et une Zytek qui a retrouvé son efficacité.
Après deux épreuves, il est déjà l’heure du premier bilan. Au niveau des pilotes, Olivier Pla est toujours aussi rapide et s’affirme course après course comme l’un des tous meilleurs pilotes des Le Mans. Il s’était révélé en 2009, il confirme en 2010. Miguel Amaral a démontré dans les Ardennes belges qu’il est certainement le gentleman-driver le plus rapide du LMP2, avec des progrès bluffants. En revanche, avec le départ de Guy Smith, remplacé par Warren Hughes, Quifel se retrouve avec un trio légèrement moins homogène. Et face aux équipages alignés par Highcroft, Strakka ou OAK, cela pourrait avoir son importance. Autre point non négligeable, la vitesse de pointe de la Ginetta-Zytek, qui a un sérieux déficit en Vmax par rapport à ses concurrents. On l’a vu au Castellet et à un moindre degré à Spa. Cela pourrait être préjudiciable dans les Hunaudières. Il faudra compenser ailleurs, mais on sait qu’au Mans, c’est un facteur capital. S’il est probable que les HPD seront un ton en dessus, la Ginetta-Zytek devra faire la différence en fiabilité. Ce qui n’est pas spécialement son point fort !
Cette voiture reste tout de même une valeur sure de la catégorie. Et l’on sait bien que tout peut arriver dans la Sarthe, spécialement en LMP2. Quifel aura l’avantage d’être l’une des équipes les plus expérimentées, avec un package qu’elle commence à bien connaître, contrairement à 2009. Contrairement à plusieurs de ses adversaires directs aussi. Les pilotes aussi sont expérimentés. Ce sera certainement la qualité principale d’un team qui a goûté une seule fois au drapeau à damiers des 24 Heures. C’était en 2008, avec une quatrième place. Et à cette époque, Quifel était bien loin d’être un favori. Depuis, l’équipe a pris du galon et sa compétence ne fait aucun doute.
| Quifel-ASM Team | |||
| 40 | Olivier Pla | Miguel Amaral | Warren Hughes |
| Ginetta-Zytek | 09S | ||
| V8 Zytek 3,4l | Pneus Dunlop | ||
| Team Manager | Antonio Simoes | ||
Team Bruichaddich : L’union fait la force ?
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Le Team Bruichaladdich est née de l’association entre Karim Ojjeh et Tim Greaves, le premier pilotant en 2009 une Zytek du G.A.C. Racing Team et le second une Radical SR9 Buneau Bruichladdich. Le team aligne en 2010 la Zytek 09S de 2009, propriété de Renate Ojjeh, la mère de Karim.
En 2010, la Zytek a fait l’objet de quelques évolutions. Les débuts en Le Mans Series 2010 ont été plutôt satisfaisants, puisque la Zytek était cinquième en qualifications au Castellet (temps réalisé par le norvégien Thor-Christian Ebbesvik), rang qu’elle conservait en course, en dépit de quelques petis soucis de démarreur. A Spa, les choses se sont passées beaucoup moins bien : la Zytek ne participa à la séance qualificative et en début de course Ebbesvik fit une dure sortie de route en début de course après un contact avec la Vantage JWW. Le malheureux norvégien, insuffisamment remis, a dû déclarer forfait pour la course, remplacé par Gary Chalandon.
Karim Ojjeh, le frère cadet de Mansour Ojjeh, après avoir fait ses gammes dans l’école de pilotage Jim Russell, a fait ses premiers résultats marquants en Formula Audi Palmer (meilleur rookie en 2002, 3ème du championnat en 2004). On retrouve ensuite le saoudien en FIA GT au sein du team Cirtek de Rob Schirle qui l’avait testé sur la 360 Modena sur le Bugattii. Il passe ensuite en Le Mans Series avec une Courage du Belmondo Racing (2 succès en LMP2), puis avec Barazi-Epsilon et une Zytek (2 nouvelles victoires en LMP2 et une troisième place au classement pilotes en 2007). Il est ensuite passé chez Trading Performance avant de s’investir dans le G.A.C. Racing Team, puis maintenant dans le Team Bruichladdich Ce sera sa cinquième participation aux 24 Heures.
Tim Greaves vient pour sa part pour la troisième fois au Mans. Il est venu tard à la compétition, en 1991, à 36 ans. Il a été champion de Radical Prosport, est passé ensuite au LMP2 en Le Mans Series de manière ponctuelle, sur Pilbeam, puis sur Courage et sur Radical SR9. En 2006, il a fondé le Team Bruichladdich Radical, réalisant un podium à Valencia en 2007, a continué avec Radical ensuite, associé avec Pierre Bruneau en 2009 et a donc monté avec Karim Ojjeh le Team Bruichladdich.
Gary Chalandon est le petit dernier, à la fois de l’équipe et de la liste des 165 pilotes des 24 Heures 2010, suite au forfait de Ebbesvik. Le lyonnais est un jeune pilote -23 ans-, issu du karting, puis de la Formule Campus. En 2009, il a été recruté par DAMS -ce qui n’est pas mauvais signe- pour disputer la saison 2009 en Formula Le Mans (7ème du classement pilotes). Il a fait cinq Top 5 dont deux podiums et a donc lors de la manche mancelle pu reconnaître le grand circuit, ce qui devrait lui faciliter la tâche pour se qualifier.
| Team Bruichladdish | |||
| 41 | Karim Ojjeh | Tim Greaves | Gary Chalandon |
| Ginetta-Zytek | 09S | ||
| V8 Zytek 3,4l | Pneus Dunlop | ||
| Team Manager | Jacob Greaves | ||
Strakka Racing : ne pas confondre vitesse et précipitation…
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Tonitruants ! Tel est le qualificatif qui convient le mieux aux résultats de l’écurie Strakka Racing en qualifications de la saison 2010. HPD (Honda Performance Development) n’a pas manqué son entrée en scène sur le Vieux Continent. Un nouveau constructeur ? Que nenni, il s’agit tout simplement de feue l’Acura rebaptisée par le constructeur japonais soucieux de ne pas apparaître au grand jour alors que la marque connaît des difficultés outre-Atlantique.
L’ARX 01-c n’est pas une inconnue puisqu’elle a régné sans partage sur la saison 2009 de l’American Le Mans Series avec huit victoires sur dix départs. Excusez du peu ! Certes la concurrence était des plus clairsemées, mais pour terminer premier, il faut d’abord terminer… Le prototype nippon a montré qu’il était fiable, restait à prouver qu’il était aussi rapide lorsque la compétition devient plus relevée. Mission accomplie avec deux poles en deux courses. Et quelles poles ! Pas moins de deux secondes séparaient Danny Watts de ses poursuivants. Le pilote britannique a infligé un camouflé à la concurrence. Fort heureusement pour cette dernière, la fougue de Nick Leventis a étanché la soif de victoire de l’écurie après une sortie de piste au warm-up. Bien que réparée, la voiture partait des stands en retard et devait abandonner par manque de pièces de rechange après une nouvelle faute de Leventis.
En conférence de presse, le pilote britannique a encensé les pneumatiques Michelin en mettant en avant le travail accompli par la firme clermontoise au cours de l’intersaison et la parfaite adéquation des pneus avec la voiture. Il est vrai qu’à moteur égal, le team RML, chaussé de Dunlop, n’a pu tenir le rythme et que le Strakka Racing est la seule écurie de la catégorie LMP2 à faire confiance au manufacturier français pour la saison 2010 des Le Mans Series. Effet voiture, effet pneus, mais aussi, vraisemblablement effet pilote.
En effet, Danny Watts, que peu de non-Britanniques connaissaient avant son arrivée en Le Mans Series en 2007 avec la Panoz du Team LNT, s’est fait remarqué en signant une pole complètement inattendue à Barcelone en ouverture de la saison 2009 avec la Ginetta-Zytek du Strakka Racing. Son talent avait déjà été reconnu outre-manche puisqu’il a reçu le très prestigieux BRDC John Cobb Trophy en 2005. Auparavant, en 2002, il avait remporté le très relevé championnat de Formule Renault britannique face à un certain… Lewis Hamilton ! Malgré un palmarès éloquent en monoplace, le pilote britannique a dû se tourner vers la Porsche Carrera Cup avant d’arriver en endurance, et ce n’est ni l’écurie Strakka Racing ni Nick Leventis qui vont s’en plaindre !
Le nom de Strakka Racing est indissociable de celui de Nick Leventis autour duquel l’écurie s’est développée. Créée pour se consacrer au GT, le team s’est tourné rapidement vers le prototype. Le team basé près de Silverstone a d’abord engagé une Aston Martin DBR9 en Le Mans Series avant d’évoluer vers le LMP1 en 2009 avec une Ginetta-Zytek, puis vers le LMP2 en 2010. Nick Leventis a été skieur alpin de haut niveau avant de devoir mettre un terme à sa carrière suite à une blessure. Il s’est alors converti au sport auto et compte déjà deux participations aux 24 Heures du Mans. Un accord avait été trouvé en 2008 avec Vitaphone pour engager une Aston Martin DBR9, mais le pilote britannique n’a pas vu le drapeau à damier. Il est donc revenu en 2009 avec la Ginetta-Zytek pour signer une anonyme 21ème place en compagnie de Danny Watts et de Peter Hardman. Ce dernier ayant repris les billes qu’il possédait dans l’écurie, un troisième larron a été engagé pour piloter la voiture.
Jonny Kane est donc arrivé dans le team en début d’année. Le pilote britannique, ancien champion de Formule 3 britannique, est un habitué des paddocks de l’endurance et compte six participations aux 24 Heures du Mans, la dernière s’étant soldée par une magnifique deuxième place en LMP2 en compagnie de Xavier Pompidou et Benjamin Leuenberger sur la Lola B08/80 Judd du Speedy Racing Team Sebah, ancienne dénomination de Rebellion Racing. C’est à cette même deuxième place que le Britannique terminera en Le Mans Series.
Si l’on se contente de regarder les feuilles des temps des deux premières manches 2010 des Le Mans Series, l’écurie fait clairement partie des favoris de l’épreuve sarthoise avec un écart de deux secondes, y compris en course, sur ses principaux rivaux. Elle devra toutefois compter avec l’arrivée d’une voiture sœur, mais néanmoins rivale, aux mains d’Highcroft et chaussée elle-aussi de pneus Michelin, et espérer que Nick Leventis, pourtant en nets progrès par rapport à l’an dernier, ne confonde pas à nouveau vitesse et précipitation…
| Strakka Racing | |||
| 42 | Danny Watts | Nick Leventis | Jonny Kane |
| HPD | ARX-01c | ||
| V8 HPD 3,4l | Pneus Michelin | ||
| Team Manager | Piers Philipps | ||
Race Performance : L’invité surprise !
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Ils devaient être 55 au départ. Un temps, on a même eu sérieusement peur qu’ils soient moins. Et puis, la liste a tenu bon et l’ACO a annoncé quelques jours avant la fin du mois de mai la bonne surprise : il y aura un 56e stand… et par conséquent un 56e concurrent au départ des 24 Heures du Mans 2010 ! Cette bonne nouvelle n’est pas arrivée seule puisque c’est Race Performance qui a été choisi. Un choix plutôt logique quoi qu’on en dise.
Présente depuis 2006, via Rollcentre puis Team Bruichlladish et Bruichladdish-Bruneau en 2009, la Radical SR9 est désormais alignée par Race Performance. L’équipe suisse n’avait pas été retenue parmi les 55 invités, et ne figurait pas non plus sur la liste des réservistes. Logique si l’on considère que le team débute dans la discipline. Moins logique si l’on se rappelle que cette voiture est présente depuis de nombreuses années, que Pierre Bruneau, un fidèle des Le Mans Series, souhaitait également l’engager, ou encore que Radical est un partenaire du championnat. Malgré cette non-sélection, Race Performance a respecté son engagement en Le Mans Series, ce qui est tout à l’honneur de cette petite structure basée à Munsingen. Elle avait fait ses premiers pas en 2003, en Formule Renault 2000 helvétique, qu’elle a remporté en 2005. Race Performance est ensuite resté dans le giron Renault, via la Mégane Trophy Eurocup.
Changement de cap cette année, avec un programme en Endurance effectué suite au rachat de la Radical/Bruichladdish. Le début d’année a donc été placé sous le signe de l’apprentissage, avec une monture qui accuse le poids des années. La SR9 ne peut plus rivaliser avec les meilleures autos depuis plusieurs années déjà. En revanche, avec le V8 Judd qui a remplacé le 4 cylindres turbo AER, Race Performance peut miser sur la fiabilité, un moindre mal. Les deux premières manches n’ont pas été simples pour autant : abandon aux 8 Heures du Castellet après 66 petits tours, puis 39e et dernière place à l’issue des 1000km de Spa.
Dans cette optique, Le Mans se présente comme un sacré défi pour le team managé par Lorenz Krethlow, qui a tout à apprendre du Mans. Pour cela, Race Performance comptera sur un duo relativement expérimenté : Pierre Bruneau et Marc Rostan. Les deux hommes étaient déjà de la partie en 2009, avec la Radical, et ils avaient rencontré un parcours semé d’embuches après que Tim Greaves ait été jeté dans le mur par une Lola-Aston Martin. Les ennuis s’étaient ensuite enchaînés, pour finalement contraindre la SR9 à l’abandon suite à une casse moteur. Ensemble, les deux compères ont notamment terminé deux fois troisième des Le Mans Series, à l’époque du PIR Compétition et de la vénérable Pilbeam. Ils seront associés à Ralph Meichtry, le pilote régulier de Race Performance. Il a de fait exactement le même cv que le team, avec comme point d’orgue sa victoire en Formule Renault suisse en 2005. Il a terminé deux fois dans le Top 5 de la Mégane Trophy, avec deux victoires à la clé. A l’image du team, il découvrira Le Mans.
Compte tenu de la situation – découverte du Mans et préparation réduite après une invitation tardive - Race Performance aura un seul objectif : rallier l’arrivée. Il s’agirait alors d’une première pour Pierre Bruneau. C’est tout le mal qu’on lui souhaite !
| Race Performance | |||
| 28 | Pierre Bruneau | Marc Rostan | Ralph Meichtry |
| Radical | SR9 | ||
| V8 Judd | Pneus Dunlop | ||
| Team Manager | Lorenz Krethlow | ||

















