FIA GT Series

Stéphane Ratel, part 1 : "Nous offrons un produit unique!"

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Lors de la présentation de l’ébauche du Championnat du Monde GT1 il y a maintenant quasiment deux ans, peu d’observateurs pariaient sur la réussite de ce World Championship GT1. Moins de 24 mois plus tard, le label Championnat du Monde est bien d’actualité avec 24 autos sur la grille de départ lors du coup d’envoi. Bien sûr, les détracteurs diront que l’on fait du neuf avec du vieux et que ce n’est pas des courses d’endurance. Soit, mais le plateau est là, les teams répondent présents et il reste maintenant à développer le concept. Paris ne s’est fait pas fait en un jour et donnons du temps au temps. Après deux meetings, il est temps de dresser un premier constat de ce retour du GT1 au plus haut niveau et qui mieux que Stéphane Ratel pouvait nous donner son avis. Entretien…

 

Laurent Mercier : Stéphane, quel constat peux-t-on tirer après deux meetings ?

Stéphane Ratel : « Je ne peux être que ravi. Nous sommes arrivés à ce que nous voulions. Nous avons le produit et il faut maintenant le commercialiser. Tous les acteurs sont contents et je sais que nous pouvons réussir tous ensemble, car le format des courses est vendeur. Le seul point faible vient certainement de la balance de performance qui n’était jusqu’alors pas optimale. Nous avons été un peu pris de court durant les tests avec des conditions météos peu favorables. Les boîtiers électroniques communs ont aussi posé pas mal de problèmes aux équipes ».

 

L’entente entre les teams est bonne car tout le monde a été d’accord pour remettre à plat le nombre de moteurs. C’est quelque chose de positif selon vous ?

« Nous avons vraiment un groupe soudé. Durant quinze ans, nous n’avons guère fidélisé les équipes présentes, qui avaient tendance à passer d’une série à une autre. Pour cette histoire de remise à plat du nombre de moteurs utilisés pour la saison, l’intégralité des teams a signé la demande. C’est formidable car certains n’avaient pas forcément intérêt à ce que cela se fasse, comme par exemple Nissan et Maserati qui n’ont pas connu de problème. C’est un bel hommage que je rends à des gens comme Hans Reiter ou Martin Bartek qui ont de suite cru dans mon projet. Quand j’ai commencé les discussions avec Hans, je lui ai dit qu’il pouvait adapter sa Gallardo aux spécificités GT1. Il m’a clairement répondu que pour lui une GT1 était une Murcielago et non une Gallardo. Le GT1 fait rêver car ce sont les plus grosses GT. Nous offrons un produit unique, malgré toutes les bêtises que j’ai pu entendre cet hiver par des donneurs de leçons en tout genre ».

 

Doit-t-on s’attendre à des nouveautés à court terme, comme par exemple plus d’autos ?

« Nous avons déjà six marques cette année et ce pour deux ans. Il n’y a pas de place pour le moment. C’est un championnat d’Equipes et ce sont eux qui tiennent la franchise. Bien entendu, si une marque souhaitait remplacer un modèle par un autre, pourquoi pas. Je travaille actuellement tous azimuts pour préparer l’avenir. Soit nous restons à six marques, soit nous passons à dix. Il n’y a pas d’alternative ! Nous dresserons un bilan à l’été 2011 pour voir quelles marques sont intéressées. Pour le moment, je suis limité à 24 autos car augmenter le nombre serait trop cher. Nous offrons un bon soutien aux équipes en place pour les déplacements lointains et rajouter des autos compliqueraient la donne question organisation ».

 

Vous avez déjà des pistes pour de nouvelles marques ?

« Avant de décider de nouvelles marques, il faut que la mayonnaise prenne et elles viendront d’elles-mêmes. Si je prends l’exemple de Ferrari, faire une F458 Italia GT1 est juste une question politique et non technique. L’auto a la puissance nécessaire et elle aurait tout à fait sa place. Ce serait un peu plus compliqué avec Audi et sa R8 LMS mais c’est tout à fait faisable. Plusieurs nouvelles autos sont bien entendu susceptibles de nous rejoindre comme la Mercedes SLS ou la Lexus LF-A. L’Alpina est aussi un exemple et nous aurions alors un superbe plateau GT1. Il faut d’abord faire grandir le produit. Il nous faut aussi plus de manches hors d’Europe. En 2011, il y aura 14 constructeurs différents homologués en GT3 et il faut forcément regarder de ce côté pour les nouveaux arrivants dans la catégorie reine ».

 

Il faut donc s’attendre à voir plus de courses sur d’autres continents ?

« Oui et nous travaillons actuellement sur seize destinations possibles dans tous les coins du monde. Il y a beaucoup de potentialité. Au risque de me répéter, nous avons un produit unique transportable pour un coût raisonnable. Le format est bon, tout comme le retour des teams. Il y avait cette saison un risque pour l’organisation de la manche de Durban mais elle est confirmée. Il reste encore quelques détails à régler mais cette course sera formidable et à coup sûr l’une des plus belles épreuves de la saison. La ville a dû s’adapter avec divers travaux pour la Coupe du Monde de la FIFA et il a fallu faire des ajustements, sachant qu’une course en ville est totalement différente à organiser d’une course sur un circuit permanent ».

 

Que répondez-vous aux détracteurs qui disent que votre championnat n’a rien à voir avec l’Endurance ?

« Il est réducteur de dire que le GT, c’est que de l’endurance. Vous représentez Endurance-Info et vous pourtant êtes présents sur nos meetings depuis des années (rires). Je n’ai fait que reprendre le standard des courses GT existant. Si l’on prend l’exemple des courses badgées SRO, cela représente environ 200 autos. Combien d’autos sur un vrai championnat d’endurance ? Beaucoup moins je pense., et ce même si vous additionnez tous les championnats. Ce format est plus facile à vendre et Bloomberg TV l’a bien compris en nous rejoignant. Nous n’aurions pas pu le vendre si le format dépassait l’heure de course. Pour moi, une manche de six heures ou de deux heures pose le même problème. Une heure, c’est l’idéal, même si je sais que le format DTM et ses courses de 40 minutes est bien. Cependant, nous ne réduirons pas le format. Nous sommes un championnat qui met les marques en avant et ce sont bien les teams qui tiennent l’engagement ».

 

Le pari est donc réussi ?

« Le pari sportif oui… Nous verrons à San Luis en décembre et nous dresserons un premier vrai bilan. Il reste maintenant à réussir le pari commercial. Je dois dire que j’ai connu quelques moments de frayeur, notamment lors de la dernière journée des demandes d’engagement. Si une équipe se désistait, c’était terminé. Le pari était risqué mais il a marché. Les teams Corvette m’ont rendu fou (rires) avec deux équipes pour engager deux autos. Mais bon, on a à faire à des gens sérieux et tout s’est bien passé. J’ai moins d’angoisse ici qu’à Abu Dhabi où je ne savais pas si toutes les autos seraient présentes à Silverstone ».

 

Certains vous mettent en concurrence avec les Le Mans Series. C’est votre avis ?

« Pas du tout, sachant en plus que je suis administrateur de la série. Les deux séries sont complémentaires et pas concurrentes. De plus, la série Le Mans n’a pas vraiment besoin des GT1 car les grilles sont déjà bien conséquentes. Il faut que cela continue en harmonie. Pour moi l’endurance c’est Le Mans et SRO c’est autre chose. Quant à mes relations avec l’Automobile Club de l’Ouest, elles sont cordiales comme elles l’ont toujours été. Nous avons assez de travail avec la mondialisation du championnat pour nous préoccuper des autres ».

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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