La météo était un peu meilleure que la veille en ce mercredi sur le circuit Bugatti. La piste était parfaitement sèche, même si la température demeurait plutôt fraîche et si, en conséquence, la piste était froide, peu profice aux performances. La Corvette C6.R n°72 tournait en alternance avec les monoplaces de l’auto Sport Academy et partageait la piste durant ses runs avec une Pescarolo école. Patrice Goueslard, Julien Jousse et Stephan Grégoire étaient de service au volant de la C6.R.
Pendant que Stephan Grégoire était en piste, nous avons échangé queques mots avec Patrice Goueslard. Patrice, est-ce qu’il y a une grosse différence entre la voiture 2010 et celle de l’année dernière?
“Une grosse différence! Il n’y a plus de traction control, la voiture est moins puissante, elle pèse 50 kilos de plus, il y a un patin sous la voiture… C’est quand même bizarre de devoir dépenser de l’argent pour dégrader une voiture!”
C’est quand même encore très puissant…
“Oui, mais l’écart avec les GT2 s’est considérablement réduit. Il suffit de regarder les résultats de Spa, avec une GT2 qui finit devant les GT2 dans une course de six heures, c’est quand même curieux!”
Pendant une pause, après l’entrée en piste des monoplaces de l’Auto Sport Academy, Stephan Grégoire nous a donné ses impressions en début d’après-midi. Stephan, Spa, c’était votre première course, et vous continuez par ces essais…
“Oui, et pour l’instant, ce n’est pas très satisfaisant! Spa, c’était dur, parce que je n’ai pas réussi à m’accommoder des pneus Pourtant, les Dunlop, l’année dernière, ils étaient vraiment excellents, mais là on n’a pas réussi à les faire fonctionner. On a d’ailleurs le même problème aujourd’hui. Ce sont les mêmes gommes qu’à Spa, une composition différente de celles de l’année dernière. C’était mieux hier sous la pluie, mais aujourd’hui, c’est pareil. J’ai vraiment du mal à m’y habituer. J’ai l’impression de me traîner.”
Il faudrait peut-être davantage de roulage?
“Je ne pense pas que ce soit une question de roulage. L’année dernière, je me suis très, très vite habitué à la Corvette, avec des temps au tour similaires à ceux de mes coéquipiers. C’est une question de sensation, le pilote fait corps avec sa voiture, mais pour l’instant, la voiture, je la sens mal. Avec des conditions de piste différentes et de nouveaux pneumatiques, ça ira sûrement mieux heurereusement. Ceci dit, je ne suis pas inquiet, les pneus 2009 étaient excellents, une fois le package 2010 bien en place, ça sera très bien.”
Philippe Poincloux nous a fourni quelques éléments supplémentaires :
“En fait, nous ne rencontrons pas vraiment de difficultés avec la qualité des pneus. Comme en 2009, les pneumatiques Dunlop sont performants et endurants, et à mon sens largement au niveau de la concurrence.
En revanche, compte tenu du manque de température de l’air et donc de la piste, tant à Spa et au Bugatti (essais organisés pprioritairement pour tester les nouveaux composants du règlement 2010 : adaptation du boîtier ECU Magnetti Marelli au moteur GM Racing Katech, aileron…) nous avons rencontré quelques difficultés d’adaptation entre les gommes à notre disposition pour ces roulages et la configuration 2010 de la Corvette (et des conséquences du comportement châssis de celle-ci).
Néanmoins, ces éléments sont positifs, car à l’issue des essais, nous avons trouvé les bons réglages pour une compatibilité optimale des gommes Dunlop avec la configuration 2010 de l’auto, cela étant de bon augure en vue des prochaines 24 Heures du Mans.
Nous visons clairement comme en 2009 le podium en catégorie GT1 cette année et, pourquoi pas, la seume marche qui manque au Team LAA, à savoir la première, et sincèrement nous comptons beaucoup sur la qualité du travail de Dunlop Motorsport pour y accéder.”
Dans un stand voisin, Claude Gallopin, le fidèle adjoint de Henri Pescarolo, surveillait les deux Pescarolo école. Vincent Capillaire, lui aussi de retour de Spa après sa participation avec une FLM du team Hope Pole Vision, était au volant des petits protos, en configuration 350 chevaux aujourd’hui.
Claude Gallopin nous a confié que les sept prototypes destinés à l’école de pilotage de l’ACO seraient bientôt tous construits. Il se déclarait bien évidemment très inquiet quant à l’avenir de Pescarolo Sport. Il n’a pas été possible de trouver un arrangement pour pouvoir faire courir la seule Pescarolo-Judd qui aurait pu être éventuellement en état de prendre le départ. Claude Gallopin, assez désabusé, on le comprend, était d’autant plus déçu que, selon lui, les améliorations apportées à la Pescarolo depuis la fin de saison 2009 lui auraient sans doute permis d’être devant les autres protos essence, les diesels étant encore hors d’atteinte.
Propos recueillis par Claude Foubert