En tête à partir de la quatrième heure, la Peugeot n°3 de Pagenaud/Lamy/Bourdais n’a pas tremblé malgré une fin de course perturbée par une pluie intermittente. Pagenaud réédite ainsi sa performance 2009, tandis que Bourdais s’impose pour la première fois avec la 908. La firme au Lion réalise même le doublé, le quatrième consécutif, grâce à la 908 HDi Fap n°2 de Montagny/Sarrazin. A son volant, Stéphane Sarrazin a cravaché dans les dernières minutes pour prendre l’avantage sur l’Audi n°7 dans l’antépénultième boucle. La firme d’Ingolstadt devra donc se contenter de la troisième place, complétée par la cinquième position de la R15 n°9 de Bernhard/Dumas/Rockenfeller. En LMP2, la Ginetta-Zytek du Quifel-ASM Team renoue avec la victoire. Pla/Amaral ont dominé la Lola/HPD de RML de plus d’une minute, tandis que OAK réalise un joli tir groupé : la Pescarolo n°35 de Moreau/Hein monte pour la seconde fois de suite sur le podium, terminant juste devant la n°24 de Lahaye/Nicolet. En GT2, Felbermayr-Proton double la mise avec Lieb/Lietz. AF Corse complète le tiercé avec deux de ses trois Ferrari, qui ont précédé de justesse la meilleur BMW. Enfin, Ford réalise pas moins que le triplé en GT1 !
Le film de la course
C’est à 14h10, soit 2h37 sur l’horloge des 6 heures, que le restart est donné après cette coupure électrique assez incroyable : une panne de réseau avait affecté l’ensemble de la région et contraint les organisateurs à stopper l’épreuve. Ayant ravitaillé juste avant le drapeau rouge, l’Audi n°7 se trouve en tête, cinq secondes devant la Peugeot n°3. Bourdais chasse Capello, alors que le reste de la meute est relégué à au moins un tour. En LMP2, RML a pris l’avantage sur Quifel-ASM, tandis que OAK Racing suit avec ses deux autos. Derrière la meilleure GT1, la Ford/Marc VDS, se trouve la Porsche du Team Felbermayr-Proton, qui précède les trois Ferrari/AF Corse !
Au début de la quatrième heure, le duel entre Capello et Bourdais s’intensifie. Si l’Audi semble plus à l’aise dans les lignes droites (logique compte tenu de sa configuration aéro), la Peugeot est plus rapide dans le deuxième secteur. Après s’être montré dans les rétros de Capello, Bourdais passe à la Source, mais l’Italien lui rend la pareille aux Combes… avant de ravitailler. Il change de pneus, au contraire du Français qui conserve ses gommes et repart en tête et creuse rapidement l’écart. Un écart qui va être porté à la minute à la fin du relais ! Dernière voiture dans le tour du leader, la Peugeot n°1 occupe la troisième place, devant la 908 Hdip FAP n°2 et l’Audi n°9, qui a perdu un tour et demi à cause du drapeau rouge.
Alors que l’Aston Martin Vantage de JMW rentre au ralenti à son box (après une sortie consécutive à un problème d’accélérateur), le Strakka Racing semble en mesure de revenir au contact des hommes de tête en LMP2. Mais Leventis part à la faute à Fagnes. L’auto, qui avait déjà été touché au warm up, abandonnera dans la foulée. Quifel-ASM, jusque là deuxième, récupère les commandes au détriment de RML. Toujours dans cette catégorie, KSM, jusque là pointé dans le quinté, s’immobilise en bord de piste.
La fin du deuxième tiers de course et le début de la cinquième heure vont être difficile pour les LMP1 à moteur Essence. La Lola/Rebellion n°12 abandonne suite à un problème de transmission. La voiture sœur, la n°13, est pour sa part en proie à des ennuis électriques qui la font rétrograder de la sixième à la dixième place. Quant à la Lola-Aston Martin du team Signature, elle doit passer par le box pour un souci de boîte. Cette même voiture perdra ensuite plus de tours après un passage par le bac à graviers dans le virage de Bruxelles.
En tête, la hiérarchie n’évolue guère. La Peugeot n°3 est solidement accrochée à sa première place, suivie de l’Audi n°7 et de la Peugeot n°1. La 908 n°2 et la R15 n°9 ne peuvent quant à elle pas viser plus au haut que leurs quatrième et cinquième places. C’est en tout cas ce que l’on pense à ce moment de l’épreuve. Les LMP2 pointent aux portes du quinté, à commencer par la Ginetta-Zytek de Quifel-ASM. A son volant, Miguel Amaral effectue un double relais de toute beauté, portant son avant sur la Lola/RML de quelques secondes à plus d’une minute. Les Pescarolo/OAK sont toujours troisième et quatrième : la n°24 a été victime d’une crevaison et laisse le podium virtuel à la n°35, qui a frôlé la panne sèche.
A l’approche de la dernière heure, Christopher Nygaard sort violemment à Blanchimont détruisant l’Aston Martin du Young Driver Racing. La course est neutralisée près d’une demi-heure alors que la pluie refait son apparition. Simon Pagenaud, l’homme de tête, observe son dernier pit-stop. Il reste en slicks, tandis que Tom Kristensen, après avoir frôlé la correctionnelle, chausse des retaillés. Dans le même temps, Marc Gené tire tout droit à Bruxelles, si bien que Stéphane Sarrazin grimpe sur la troisième marche du podium !
A vingt minutes du terme, le suspens reste présent, Simon Pagenaud effectuant un petit passage dans l’herbe. Mais la pluie cesse et le Montmorillonnais ne sera plus inquiété pas l’Audi n°7 de Kristensen. Au contraire, c’est le Danois qui va voir revenir comme une fusée Stéphane Sarrazin. Le Gardois attaque et reprend jusqu’à sept secondes par tour pour reprendre une cinquantaine de secondes. Il aura gain de cause à quatre minutes du terme, offrant le doublé à Peugeot. On rappellera que cette 908 avait perdu plus d’un tour et demi après avoir été percutée par un autre concurrent avant le drapeau rouge. Accrochage qui avait nécessité le remplacement des crash box avant et arrière et du capot ! La Peugeot n°1 de Gené/Wurz/Davidson et l’Audi n°9 de Dumas/Bernhard/Rockenfeller complètent le quinté.
Aucun changement à signaler en LMP2, où Quifel-ASM l’emporte devant RML et les deux voitures du OAK Racing. Racing Box se classe à une honorable cinquième place. Du côté du GT, la deuxième moitié de course aura été relativement calme, en tout cas pour les voitures de tête. Aux commandes avec un tour d’avance, la Porsche n°77 du Team Felbermayr-Proton n’a pas tremblé, Lieb/Lietz décrochant un second succès consécutif. C’est finalement la Ferrari n°96 d’AF Corse qui se classe deuxième, Melo ayant eu gain de cause face à la n°95 de Fisichella. L’Italien était passé… avant de se faire repasser. Longtemps deuxième, la BMW de Muller/Priaulx/Farfus termine au pied du podium, très proche des deux Ferrari, et devant la Porsche/IMSA
On attendait beaucoup de la première véritable apparition des GT1 en Le Mans Series, la Saleen/Larbre étant seule au Castellet. Et bien force est de constater que l’impression laissée par ces voitures est plutôt décevante. La meilleure GT1, la Ford/Marc VDS, termine derrière la GT2 victorieuse. Et les autres sont encore plus loin. Deuxième et troisième en catégorie, les Ford/Matech pointent respectivement derrière cinq et neuf GT2 : On retiendra tout de même ce triplé des Ford, la GT des féminines Frey/Alleman (accompagnées par Zimmer) ayant dépassé la Saleen/Larbre dans les derniers tours.
En Formula Le Mans, Hope Pole Vision l’emporte grâce à Kaufmann/MoroZacchia. Le trio se classe d’ailleurs derrière cinq LMP2. Deuxième de catégorie, la FLM n°45 du Boutsen Energy Racing est reléguée à un tour, tandis que celle de JMB Racing, troisième, concède cinq boucles.
Anthony Megevand