S’il est Allemand, Andre Lotterer parle pourtant un français parfait. Logique puisqu’il a grandi en… Belgique ! Après s’être révélé lors des dernières 24 Heures du Mans, avec une première participation remarquable et remarquée, il est devenu pilote officiel Audi. Avant de prendre le départ des 1000km de Spa, au cours desquels il sera associé à Marcel Fässler et Benoît Tréluyer à bord de la R15 plus n°8, il répond à nos questions.
Andre, comment se passe ta collaboration avec Audi jusqu’à présent ?
« Le test d’endurance que nous avons effectué a été complété sans problème. Nous sommes dans les temps. C’est génial pour moi de faire partie d’une équipe Usine. Etre lié à un grand constructeur, c’est un peu comme être en F1 ! L’intégration dans l’équipe s’est bien passée et le pilotage d’un prototype me convient bien. »
Le fait de connaître Benoït Treluyer a dû aider…
« C’est vrai qu’avec Benoît, on se connaît bien. Je l’ai rencontré en Super GT, quand je suis arrivé en 2003. Depuis, nous sommes devenus de bons amis. On passe des vacances ensemble et on s’entend bien. Mais en Super GT, on reste adversaires et on s’est toujours dit que ce serait super de rouler un jour ensemble. C’est le cas aujourd’hui et on peut s’entraider. On fait tous les voyages ensemble et c’est vraiment chouette. »
Tu avais jusqu’à présent roulé avec la R10. Que penses-tu de la R15 plus ?
« C’est difficile de comparer les deux voitures puisque j’ai roulé uniquement au Mans avec la R10. On connaît les différences techniques : V10 contre V12, petit aileron… La R15 est plus agile et nous avons moins de trainée. Le petit aileron de la R10 n’était pas forcément adapté, donc ce n’était pas l’idéal. Mais c’était bien pour un début au Mans. »
Les ingénieurs parlent de préparation pour Le Mans. Qu’en est-il pour les pilotes ?
« Le but ici est vraiment d’accumuler le maximum d’informations. Tester des réglages, à droite, à gauche, et ainsi agrandir la fenêtre de travail. Après, Spa est un circuit qui demande plus d’aéro, donc le comportement de l’auto n’est pas toujours satisfaisant pour le pilote. Ce n’est pas forcément évident, mais on compense un peu par les réglages. Je ne suis pas inquiet. »
Si la victoire n’est pas l’objectif premier, comment gérez-vous cela au volant ?
« Ça reste une course… mais nous ne sommes pas là dans le cadre d’un championnat. On ne va pas prendre le risque de casser quelque chose pour décrocher le dernier point. En fait, on est un peu obligé de garder une réserve. Il ne faut pas se mettre le couteau sous la gorge. »
Anthony Megevand