A Spa, Audi et Peugeot abordent la deuxième étape de leur préparation aux 24 Heures du Mans. Et pour le Team Peugeot-Total, il s’agit même de la première étape européenne. Une course qui a une certaine importance pour la firme au Lion. « A quelques courtes semaines du Mans, l’idée est bien de faire une répétition générale » explique Bruno Famin. « Nous voulons retrouver les conditions de stress, l’ambiance. Ne serait-ce que sortir les voitures dans la pitlane avant le feu vert pour les essais libres…. Ce sont des détails qui vont nous permettre de bien nous mettre dans l’ambiance. En plus, c’est une course de six heures, avec des conditions climatiques qui peuvent évoluer. C’est un entraînement à tous les niveaux. »
Pour ces 1000km de Spa, tous les yeux sont rivés sur le duel entre Audi et Peugeot, le premier entre les structures officielles. Tout le monde s’attend à une première bataille. Mais les deux constructeurs jouent pour l’instant la carte de la prudence. Bruno Famin s’inscrit d’ailleurs dans cette lignée : « La seule chose qui est définie, c’est ne pas prendre de risque. Nous ne sommes pas là pour la victoire, mais pour ne pas abîmer les autos. Et ce n’est pas une simple formule. D’ailleurs, nos concurrents germaniques sont dans le même état d’esprit. Mais bon, quand les pilotes mettent le casque… »
Le Directeur Technique poursuit au sujet de ce choc avec Audi et des conclusions qui peuvent être tirées après cette course. « La seule certitude, nous l’aurons au Mans, lors du premier relais » souligne-t-il. « On ne sait pas qui roule avec quoi. Sauf si on se prend cinq secondes au tour ici et auquel cas on pourra être inquiet. Il reste suffisamment d’interrogations pour ne pas tirer d’enseignements. Si Audi fait un triplé, cela ne veut pas dire qu’ils gagneront Le Mans. Si nous faisons un triplé ? Ma préoccupation sera d’expliquer aux gens qu’on n’a pas gagné Le Mans ! »
Il sera donc difficile de dresser un premier bilan après l’épreuve belge, d’autant que les configurations aéros des Audi et des Peugeot ne sont pas identiques. Là où la R15 plus est en version Le Mans, la 908 est en version Sprint. « Notre configuration est plus adaptée au circuit » précise Bruno Famin. « D’un autre côté, des jeux de carrosserie, nous n’en avons pas 50. Nous sommes peut être moins riches (sourire). Plus sérieusement, je préfère casser un capot de ce type, qu’un capot en version Le Mans. »
Pour conclure sur cette esprit de confrontation, le Lion est-il tenté d’observer son vis à vis. Non si l’on en croit notre interlocuteur : « Nous sommes concentrés sur notre travail. C’est déjà suffisamment compliqué de parvenir à préparer trois voitures. La marge est réduite d’ici Le Mans et nous n’allons pas perdre du temps à chercher des infos. »
Enfin, nous avons profité de l’occasion pour aborder la question du règlement 2011. « Nous en sommes au draft n°3. Nous devrions avoir la version définitive avant Le Mans. L’ensemble reste un brouillon. Ça veut dire qu’il peut y avoir une modification. D’ailleurs, il y a eu des changements entre le draft n°2 et n°3. On ne peut pas lancer la production car les sommes en jeu sont conséquentes. »
Anthony Megevand