Triple Champion Le Mans Series GT2 et quadruple vainqueur des 24 Heures du Nürburgring, Marc Lieb a un programme chargé en cette saison 2010. Le Mans Series avec Felbermayr-Proton, VLN et 24 Heures du Nürburgring avec Manthey, mais aussi le développement de la Porsche GT3-R « Hybrid ». C’est sur ce dernier chapitre que le pilote allemand se confie.
Marc, tu as participé activement au développement de la Porsche GT3-R « Hybrid ». Que peux-tu nous dire de ce projet ?
« C’est quelque chose de complètement nouveau… Habituellement, même quand on développe une nouvelle voiture, on part d’une base connue. On sait que l’on va améliorer ceci ou cela, que l’on va changer telle ou telle pièce. Pour le coup, on part d’une feuille planche. Tout est nouveau et en plus c’est totalement différent. Que ce soit du point de vue du pilote ou de l’ingénieur, c’est très intéressant. On découvre une nouvelle technologie. J’apprends beaucoup. Ce sont vraiment de supers sensations. »
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Quelles ont été tes sentiments lors des premiers tours ?
« C’est un feeling à la fois particulier, forcément, et agréable. A vrai dire, la première fois il n’y avait pas énormément de puissance. Nous voulions surtout bien mettre le système en place. Après, la difficulté se situait au niveau du freinage. La sensation était vraiment spéciale, avec la récupération d’énergie. Désormais, nous avons réglé ce point. En fait, notre but est de rendre la « Hybrid » aussi agréable que possible. Elle doit se rapprocher au maximum du comportement de la GT3-R « classique ». »
Il y a un bouton « push » sur le volant. En tant que pilote, ce doit être agréable…
« Oui ça l’est et c’est un vrai coup de boost. Cela nous donne une puissance supplémentaire, mais aussi une véritable au pilotage. On peut utiliser ce « push » autrement qu’en ligne droite. En courbe par exemple, cela nous permet de mieux équilibrer l’auto. On peut aussi gagner en traction. D’ailleurs, l’objectif global n’est pas de gagner en puissance. L’objectif, c’est avoir une voiture hybride aussi performance qu’une voiture classique… mais avec une meilleure consommation. »
Même si tu n’étais pas au volant, voir la « Hybrid » finir sa première course en étant compétitive, cela a dû être une belle satisfaction ?
« En fait, mon coeur balance entre la GT3-R et la GT3-R « Hybrid ». Il y en a une qui m’a permis de gagner la première manche du VLN et avec laquelle je vais tenter de remporter les 24 Heures du Nürburgring. La seconde, j’ai tout autant envie de la piloter, mais l’ambition est différente : développer une nouvelle technologie. »
Penses-tu que la « Hybrid » puisse obtenir un bon résultat aux 24 Heures du Nürburgring ?
« Si elle termine sa première épreuve de 24 heures, ce sera une belle performance. Si elle n’a pas de gros ennuis, je pense qu’elle peut viser le Top Ten. Si c’est le cas, ce sera fantastique ! Dans le futur, il est clair qu’elle a le potentiel pour viser une excellente position. Mais encore une fois, le but est clair : avoir la même performance tout en consommant moins. »
La technologie hybride représente-t-elle le futur de la compétition ?
« C’est le cas pour l’hybride, l’électrique ou tout autre nouvelle technologie. Si l’on veut encore courir dans cinquante ans, il faut le faire. C’est difficile aujourd’hui de justifier la compétition automobile. On ne peut pas se permettre de continuer à simplement bruler du carburant. »
Maintenant, la question que tout le monde veut savoir si ce système peut être mis dans un prototype !
« C’est difficile à dire, mais je serais tenté de dire que peu importe le type de voiture, que ce soit une GT ou un prototype. On veut obtenir un système performant, quelque soit le support. »
Parlons un peu de ton programme avec Felbermayr-Proton. Après le titre Le Mans Series, l’objectif est désormais de conquérir Le Mans ?
« On veut tout gagner ! Il est clair que Le Mans était une grande déception l’an dernier. D’ailleurs ce sera difficile de faire pire : on ne peut que faire mieux. En 2009, nous étions favoris au Mans. Cette saison, c’est différent donc espérons que nous perdrons la malchance relative à ce statut. Nous pourrons nous appuyer sur quelques évolutions, notamment des pneus plus larges à l’avant, qui permet un meilleur comportement au freinage. Ce qui est clair, c’est que le challenge sera difficile face à Ferrari, Corvette et BMW. »
Propos recueillie par Anthony Megevand


