Nous sommes déjà rendus aujourd’hui au sixième chapitre de la chronique que Tom Kristensen tient chaque semaine, chronique consacrée à la préparation de l’édition 2010 des 24 Heures du Mans.
Kristensen est cette semaine au Castellet où il pensait disputer sa première course de l’année, les 8 Heures du Castellet, après n’avoir repris le volant que très récemment en raison de son opération du tendon. Cette première course est remise à une date ultérieure, comme Tom l’explique :
“Bonjour depuis le Castellet! J’ai quelques bonnes nouvelles à vous raconter : mercredi j’ai enfin pu piloter la nouvelle Audi R15 plus à Monza. Comme vous le savez, je me suis déchiré un tendon au talon de ma jambe gauche en janvier en jouant au badmington. Même mes médecins ont été surpris que je puisse m’asseoir à nouveau dans une voiture de course douze semaines après seulement.
Au bout de seulement quelques tours je me suis senti de nouveaiu à l’aise dans le cockpit et j’ai eu beaucoup moins de problème qu’en 2007 après mon sérieux accident en DTM. Les chronos ont été immédiatement corrects et j’ai accompli le court programme que le Audi Sport Team Joest m’avait donné.
C’est l’embrayage qui m’a fait le plus de mal car je ne peux pas encore appuyer comme il faut sur la pédale. Je suis certain que vous pouvez imaginer que ça demande beaucoup de force pour enfoncer la pédale d’embrayage sur une LMP1 TDI. On doit excercer une force de 50 kg à chaque fois – et dans mon cas, avec un pied gauche blessé qui était très enflé après le test.
C’est pourquoi le médecin d’Audi, le Docteur Christian John, le team et moi-même avaons décidé hier que je ne courrai pas au Castellet ce week-end. Particulièrement parce que je fais de grands progrès quant à mon rétablissement nous ne pouvons prendre aucun risque – et, ce qui est plus important, les tests prévus à l’agenda les prochaines semaines sont beaucoup plus importants pour Audi et pour moi que la course du Castellet. Le Mans continue à être notre grand objectif et nous ne devons pas perdre de vue cela.
Maintenant ne me faites pas dire ce que je ne veux pas dire : ce n’est pas que la course du Castellet ne soit pas importate pour Audi – elle l’est, mais ce n’est pas la même chose que si c’était la manche inaugurale d’une Série. Nous ne courons pas ici pour le championnat. Au lieu de cela, nous nous servons du Castellet pour apprendre à connaître la R15 plus en conditions de course aussi tôt que possible et pour souder l’équipe.
Les essais et la course sont simplement comme deux paires de chaussures qui se complètent – nous avons besoin des deux. Nous pouvons essayer beaucoup de choses différentes en essais. Cela facilite l’analyse et les corrections. Pendant un week-end de course c’est impossible parce que tout doit être au point. Il n’y a ni seconde chance ni excuses. On conduit dans le trafic et on est à la limite. C’est simplement dans dans la nature des choses : les humains peuvent exprimer leur potentiel dans une plus grande mesure quand ils sont en situation de compétition.
C’est pourquoi je tire mon chapeau à tous les mécaniciens qui travaillent aux Heures du Mans Ils sont sur pied pendant 36 heures durant les deux jours de la course et ne peuvent pas se premettre la moindre erreur même dans le stress le plus extrême. Ils s’entraînent et répètent également – mais avec l’adrénaline des pitstops pendant la course la situation est sûrement différente. On peut le voir en DTM ou en Formule 1 également. Vous pouvez répéter chaque geste un millier de fois – mais sous la pression de la course, c’est toujours possible que deux ou trois choses se passent de travers.
Ce n’est pas une coïncidence si les gars du Audi Sport Team Joest sont réputés pour leurs pitstops rapides et efficaces et pour leur magnifique travail au Mans pendant des années. Il y a un nombre incroyable de petites choses et de détails qui sont essentiels au Mans : la stratégie, le bon timing pour les pneus, la surveillance et l’analyse rapide des données télémétriques, la communication avec les pilotes et beaucoup d’autres choses – je vous en parlerai plus en détail dans les prochaines semaines. C’est suffisant pour aujourd’hui : on ne peut pas souhaiter avoir de meilleurs mécaniciens au Mans. Ils ont joué un rôle dans six de mes huit victoires au Mans. En juin, nous en visons une autre.
Même si je ne vais pas piloter au Castellet, je serai au circuit tout le week-end. Je vais observer attentivement toutes les activités, assister aux meetings techniques et prendre ma part pour nous assurer que nous allons apprendre autant de choses de ce week-end que possible. Etn heureusement, il n’y a apps de Starbucks tout près. Allan et Dindo sont bien soignés par notre superbe équipe de restauration et n’ont pas à me taper…”
D’après le communiqué Audi Motorsport
Claude Foubert